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SECTION III

DES VERS A SOIE

Rien ne parait et n'est, en effet, plus facile que de faire éclore et d'élever, tant bien que mal, quelques vers à soie, de leur faire parcourir les diverses phases de leur existence , et d'en obtenir des cocons quelconques; C'est ce que font d'ordinaire, comme moyen de récréation, les enfants ; c'est ce qu'obtiendra également tout individu qui voudra tenter un essai à cet égard. Quand les vers à soie sont isolés ou à peu près, ils sont doués de la plus grande force, et peuvent résister à toute sorte d'épreuves. On en a vu qui ont été plongés dans la glace pendant quelques heures, ou que l'on a soumis tout à coup à des jeûnes de plusieurs jours, et qui ensuite n'en ont pas moins ûlé leurs cocons. Abandonnés à eux-mêmes sur un arbre , les vers à soie peuvent réussir également (1). Mais com-

(1) L'honorable M. Loiseleur-Deslongchamps, dont nous avons à regretter la perte, et qui t tant encouragé 1.0s premiers travaux pour introduire l'industrie de la soie dans le Nord et le Centre, s'est livré à ce sujet aux expériences les plus curieuses.

bien, la plupart du temps, les cocons obtenus dans ces diverses circonstances ne seront-ils pas imparfaits! Il ne s'agit pas seulement d'élever les vers et de les faire filer, il faut encore que les cocons qu'ils donnent aient toutes les qualités convenables, et puissent être employés aux divers usages. D'un autre côté, autant le ver à soie est robuste quand il est isolé, autant il est délicat et exposé à toutes les maladies les plus funestes, quand on l'élève au milieu d'un grand nombre d'autres individus de son espèce. C'est une distinction à laquelle beaucoup d'expérimentateurs n'ont pas assez réfléchi ; et en voulant appliquer à des masses de vers à soie les observations qu'ils avaient faites sur les individus ils se sont souvent singulièrement éloignés de la vérité. La santé des vers, la bonté et la beauté des cocons, voilà les questions véritablement importantes, véritablement industrielles ; tout le reste ne peut être qu'amusement ou curiosité.

Toutes les fois que l'on voudra obtenir de beaux cocons et élever une certaine quantité de vers pressés et accumulés, comme nous sommes obligés de le faire, il faudra les plus grandes précautions, et cela dans les moindres détails et dans les choses en apparence les plus indifférentes. Ces précautions pourront paraître, au premier abord, inutiles et même souvent puériles aux nouveaux sériciculteurs; mais nous pouvons leur donner l'assu-

rance qu'après quelques tentatives d'éducation , et surtout quelques mécomptes, ils en apprécieront la nécessité et l'heureuse influence.

Dans l'éducation des vers à soie, tout a de l'importance : le choix des races, la bonté de la graine, la conservation, l'incubation de cette graine, l'éclosion, la disposition des vers sur les claies, la durée des différents âges, les soins de tout genre à donner aux vers, la direction de la ventilation et de la température, l'égalité des vers, la distribution des repas, les délitements, la propreté de l'atelier, l'ordre et la régularité dans le service, la montée des vers, rien n'est indifférent; tout se lie et tout s'enchaîne, et une partie négligée peut amener les plus graves désordres et compromettre le succès.

Nous allons passer rapidement en revue tous ' ces divers points, en disant aussi quelques mots de l'organisation extérieure et intérieure des vers, et des maladies auxquelles ils sont exposés.

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