‹ Conseils aux nouveaux éducateurs de vers à soie: résumé des méthodes et desChapitre 13 sur 35 · DES RACES DIVERSES DE VERS A SOIE · texte numérisé non relu

DES RACES DIVERSES DE VERS A SOIE

Il y a deux principales races de vers à soie : l'une qui donne des cocons blancs, d'où l'on tire

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la soie blanche; l'autre qui donne des cocons jaunes, d'où vient la soie jaune. Pendant l'éducation, on ne peut distinguer les vers à soie de race blanche de ceux de race jaune que par la couleur des pattes dans les derniers âges (1).

* Les meilleures espèces de races blanches sont la race sina, la race blanche d'Annonay, celle de Novi, celle de Bourg-Argental ; la race sina, surtout la race sina d'Annonay , est celle qui a le plus de réputation et qui produit de la soie du plus beau blanc (2). H y a aussi la race de M, le major Bronski , dont ou a beaucoup parlé dans ces derniers temps, mais que l'on n'a pu juger encore que par quelques échantillons de soie, l'auteur ne voulant répandre sa graine dans le public que quand il sera assuré d'en tirer le prix auquel il l'estime (3).

11 y a une grande quantité de races jaunes , et

(1) Les vers à soie jaunes ont les pattes jaunes , et les blancs les pattes blanches.

(2) La pureté du blanc est la qualité que Ton recherche , ayant tout , dans la soie blanche ; mais il ne faut pas oublier que, si cette pureté dépend de la nature des cocons , la manière de filer y entre aussi pour beaucoup.

(3) Tout le monde a pu voir à l'exposition de 1849 la soie de M. Bronski : elle était d'un blanc irréprochable^et lui a valu une médaille d'or. La race qui donne cette soie n'est, du reste, que la race sina extrêmement soignée, depuis plusieurs années, par l'honorable major. C'est dans une petite éducation de sina faite par nous , en 1838, à Valenton (Seine-et- Oise), que M. Bronski a choisi les cocons qui lui ont servi de point de départ. Ces cocons, originaires desjBer-

l'on en crée continuellement de nouvelles; parmi ces dernières, une des plus remarquables est celle de M. d'Arbalestier, de Loriol (Drôme). Cette Tace paraît être la grosse espèce de T Ardèche épurée et perfectionnée; il est impossible de voir des cocons d'une plus belle forme et d'un plus beau grain (4). Malheureusement toutes les variétés nouvellement créées ont un grand inconvénient, c'est que la plus grande partie de leur mérite vient du soin fcvec lequel leurs auteurs les conservent et en élèvent les produits chaque année. Du moment que la graine sort de leurs mains, il est rare qu'elle se maintienne aussi belle et donne les mêmes résultats; les croisements ou les perfectionnements sont trop récents. Il n'en est pas 'de même pour les races qui comptent déjà des siècles d'existence, et que l'on peut regarder comme lés races primitives ; par exemple, la race blanche sina, et, dans les races jaunes, la race milanaise, la grosse espèce de l'Ardèche et les petits espagnols. Ces races possèdent une vitalité de forme et de caractère, si l'on peut s'exprimer ainsi, qui résiste à toutes les épreuves et que l'on retrouve

geries de Senart, étaient très-beaux , et avec les pareils nous avons fait de^a soie pour laquelle le jury central de l'exposition de 1839 nous a accordé une mention honorable.

(1) M. d'Arbalestier a obtenu une médaille d'or de la Société séricicole, au concours de 1845.

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toujours. La race milanaise surtout possède cette vitalité au plus haut degré; aussi, dans l'état actuel de l'industrie, est-ce de toutes les races jaunes celle à laquelle nous n'hésitons pas à donner la préférence (4).

Maintenant reste à savoir quel est le plus avantageux de produire de la soie blanche ou de la soie jaune.

La soie blanche se vend un peu plus cher que la soie jaune, mais aussi elle demande beauéoup plus de soin pour la filature ; d'un autre côté , les cocons de race blanche produisent, en général, beaucoup moins, et les vers sont bien plus délicats que les vers de race jaune. La belle soie blanche est indispensable pour les blondes, pour les satins blancs pour les bas de soie blancs, et on ne pourrait employer à ces diverses fabrications de la soie jaune blanchie, dont le blanc ne serait jamais satisfaisant, et qui, au bout de quelque temps, se couvrirait de petites taches , se piquerait , pour employer l'expression

(1) Voici plusieurs années que les résultats du concours ouvert par la Société séricicole pour les plus beaux cocons , et les expé ricnces comparatives que nous faisons à la filature des Champs-Elysées , donnent toujours l'avantage à la race milanaise ; seulement il faut, dans beaucoup de localités, épurer cette race, l'améliorer et la ramener à son type primitif. C'est pour cette épuration des races que les éducations , spécialement de graine , ont tant d'importance. (Voir le programme de ces éducations, Annales séricicoles, vol. XII, pages 205, 223 et 234 ; vol. X1JI, P«gc 3 *5.)

consacrée. Mais ce n'est là qu'un emploi très-limité, et on peut dire d'exception ; toutes les soieries de couleur, c'est-à-dire la masse de la fabrication, se font avec de la soie jaune blanchie, décreusée (1), et comme cette soie jaune se file bien plus facilement, que les cocons jaunes donnent plus de soie , et que les vers jaunes sont plus vigoureux et plus robustes, il est à croire que la plupart des éducateurs continueront à préférer les vers de race jaune, et que ce ne sera jamais que suivant certains besoins de fabrication que l'on élèvera des sinas ou toute autre race blanche de' vers.

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