‹ Conseils aux nouveaux éducateurs de vers à soie: résumé des méthodes et desChapitre 16 sur 35 · DE LA LEVÉE DES VERS A SOIE LOES DE L'ÉCLOSION · texte numérisé non relu

DE LA LEVÉE DES VERS A SOIE LOES DE L'ÉCLOSION

Il ne faut pas se hâter de placer les feuilles de mûrier sur la graine, pour lever les vers lors de l'éclosion; cette pose de feuilles n'étant autre chose que le premier repas, il faut attendre que tous les vers d'un même jour d'éclosion soient sortis de l'œuf et parfaitement disposés à manger , comme on doit attendre , après chaque mue, que tous les vers soient parfaitement réveillés pour leur donner des feuilles. On peut dire que du premier repas des jeunes vers dépend toute la simultanéité, qui est si importante dans les diverses phases de l'éducation; c'est le point de départ. Si un ver commençait à manger plusieurs heures avant un autre, il serait plus avancé, et, par suite, il en résulterait une inégalité qui irait toujours en augmentant à chaque âge.

Mais, pour pouvoir différer ainsi la pose des feuilles ou le premier repas des vers jusqu'à ce que tous soient bien disposés à manger, il faut, au moment de l'éclosion, que la graine soit renfermée dans des boîtes hermétiquement fermées ; autre-

ment, les vers, ne trouvant pas de feuille à leur sortie de l'œuf, se répandraient dans la couveuse ou dans la chambre d'éclosion : car .1 est à remarquer que ces insectes, qui, pendant les diverses phases de leur existence, restent, pour ainsi dire, immobiles sur la claie où on les a placés, et ne traverseraient souvent pas cette claie pour atteindre une feuille fraîche, sont très-vagabonds dans deux circonstances, lorsqu'ils sortent de l'œuf et lorsqu'ils sont près de filer leurs cocons.

Il faut aussi que les feuilles soient bien également chargées de vers, car, si comme cela arrive dans les éclosions sur toiles, on avait des feuilles trop chargées et d'autres qui ne le seraient pas assez, on ne pourrait pas disposer les vers convenablement sur les claies après la levée, ils seraient trop serrés sur certains points et trop agglomérés sur d'autres, tandis qu'au contraire il est essentiel qu'ils soient répartis également pour recevoir une égale quantité de feuille dans les divers repas qu'on leur donne.

De r arrangement des vers sur les claies.

Quand les feuilles sont chargées bien également de vers, on les enlève et on les range sur des claies. Cette opération se fait jour par jour, et il faut avoir bien soin de ne pas confondre les Ic-

vées entre elles et de bien les séparer; autrement, ce serait e&core, dès le premier principe, introduire la perturbation dans l'éducation et détruire toute égalité pour l'avenir.

Il ne faut pas que les vers soient trop serrés, il ne faut pas non plus qu'ils soient trop espacés : trop serrés, ils ne se développeraient pas bien et n'auraient pas assez de feuille; trop espacés, ils se perdraient dans les litières et ne consommeraient pas suffisamment la feuille.

On doit former de petites bandes dans le milieu de chaque claie, de manière à ce qu'il y ait de l'espace tout autour, pour que les vers puissent s'éteftdre au fur et à mesure qu'ils grossiront La perfectio», à cet égard , serait de s'arranger de manière qu'il n'y eût qu'à doubler les bandes et les claies à chaque mue. Ainsi celui qui , au premier âge, aurait une bande de vers ou une claie en aurait deux an deuxième âge, quatre au troisième , huit au quatrième et seiae au cinquième; mais il faut bien des essais pour arriver à une pareille précision, qui, du reste, est tout à fait manufacturière.

Il est bon d'avoir un petit atelier pour te premier et même le deuxième âge des vers, et de ne tes transporter dam la magnanerie qu'au troisième âge (I); dam» tous les cas, il est bien important

(1) Quand on a une chambre d'écïosion , on peut très-bien s'en

de ne pjjs faire passer trop brusquement les jeunet larves de la température de l'éclosiou à celle de l'éducation, mais de le faire graduellement. Ainsi, en supposant que les vers soient éclos à 24 degrés Réaumur, il faut, le premier jour du premier âge, soutenir la température de l'atelier à cette mèitie chaleur de 24 degrés, le lendemain baisser de 1 degré, et ainsi de suite chaque jour, jusqu'à ce que l'on ait atteint le degré de température auquel ou se propose de faire l'éducation. Cette précaution est indiquée pour éviter le mauvais effet qu'un changement trop subit pourrait produire sur les

jeunes vers, et aussi parce que, dans les premiers

moments de leur existence, on a remarqué qu'une chaleur plus élevée leur convenait parfaitement ; seulement il est essentiel que cette chaleur soit toujours chargée d'une grande humidité (1).

servir pour les deux premiers âges. Dans de petites éducations, nous avons essayé aussi d'une chose qui nous a toujours très-bien réussi ; c'est de tenir les jeuues vers dans la couveuse , pendant le premier âge, à une température de 20 ou 22 degrés et avec une très-grande humidité.

(1) Autant l'humidité est nuisible aux vers dans les trois derniers âges, autant cette humidité leur parait favorable dans le premier et le deuxième, et surtout dans le premier. Nous avons fait, h cet égard, de curieuses expériences qui ne nous laissent pas le moindre

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