PE LA DURÉE DES DIVERS AGES DES VERS
On compte cinq âges pour les vers, à partir de Téclosion , d'après leurs différentes mues ou changements de peau.
Le premier âge est celui qui a lieu , depuis i'éclosion jusqu'à la première mue; le deuxième âge s'écoule entrç la première et la deuxième mue; le troisième âge, entre la deuxième et la troisième mue ; le quatrième âge, entre la troisième et la quatrième mue; enfin le cinquième âge, depuis la quatrième mue jusqu'à la montée.
On dit des vers indifféremment : ils sont aux premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième âges, ou ils sortent de la première, de la deuxième, de la troisième et de la quatrième mue» La durée de chaque âge, et par suite de l'éducation entière, dépend du degré de chaleur de l'atelier et de la fréquence des repas. Avec une température très-élevée , par exemple 23 ou 2 4 degrés , et des repas continuels, on peut faire une éducation en
doute ; dix fois nous avons élevé des vers dans les deui premiers jitgcs, au milieu, pour ainsi dire, d'une vapeur d'eau chaude, et toujours ils ont très-bien réussi et donné d'excellents cocons.
dix -neuf et vingt jours, comme en baissant cette température à 1 5 et 1 6 degrés, et en ne donnant que des repas très-éloignés, on peut mettre quarante et cinquante jours. Plus l'éducation est rapide, et plus tôt on est quitte de la peine et de l'embarras inséparables de ce genre d'industrie ; mais cependant il ne faut pas que la rapidité soit obtenue au détriment de la qualité des cocons. On a remarqué que, quand les vers étaient ij&enés trop vite, ils ne donnaient pas d'aussi belle soie. En cela, comme en toute chose, il ne faut pas d'exagération , et on doit s'efforcer de tout concilier. Après beaucoup d'essais, le terme de vingt-sept à vingt-huit jours paraît être le plus convenable et celui qui réunit le plus d'avantages.
Une des choses les plus précieuses dans l'éducation des vers à soie , c'est de pouvoir être maître de la durée de leur existence, en abrégeant ou allongeant cette durée suivant ce que l'on juge le plus convenable, ou suivant les circonstances imprévues qui peuvent se présenter. Quand l'éducation est conduite d'une manière normale, quand on a un bon système de ventilation et de chauffage, quand on a soin d'entretenir la plus grande égalité dans la température et parmi les vers, on peut assigner, d'avance et à peu de chose près, le terme des divers âges et, par suite, de l'éducation. Un bon éducateur est maître de son atelier comnre
un cocher de son attelage ; il excite ou ralentit suivant qu'il est nécessaire.
M. Brunet de la Grange, dans la deuxième édition de son ingénieux tableau synoptique, a pris le terme moyen de vingt-huit jours pour l'éducation.
Dans cette hypothèse, la température doit être maintenue à 1 8 degrés Réaumur.
Le nombre des repas, dans le 1 er âge, est de. 18
Dans le 2 e âge, de ., • 15
Dans le 3 e âge, de. ........... . 12
Dans le 4 e et le 5 e âge, de 8
Le total des vingt-huit jours, durée de Féducation, se divise ainsi :
1 er âge et 1 re mue 5
2 e âge et 2 e mue 4
3 e âge et 3 e mue 5
4 e âge et 4 e mue. . . . . 6
5 e âge, jusqu'à la montée. 8
Mais on conçoit que ce n'est là qu'une donnée, et que ceux qui prendront les mêmes bases n'atteindront pas toujours avec une précision mathématique les mêmes résultats. Du reste , c'est bien ainsi que l'a entendu M. Brunet de la Grange; il n'a voulu que poser un exemple dont on peut se rapprocher plus ou moins.
Si l'on trouvait le terme de vingt-huit jours
trop rapide, et si l'on voulait mettre, par exemple, trente ou trente-deux jour», il suffirait de baisser la température et de donner un peu moins de repas, €'est à chacun à expérimenter et k sonder, pour ainsi dire, le terrain ; mais* dans tous les <&s, il est une chose que l'on ne doit jamais oublier de consulter avec soin, c'est la marche de la végète*tion du mûrier.