DES DÉPENSES D'ÉDUCATION
Les principales dépenses d'une éducation consistent dans le ramassage de la feuille et dans les soins à donner aux vers.
Le ramassage des feuilles se fait ordinairement à la tâche ; on compte, dans les environs de Paris, ce ramassage sur le pied au moins de 4 6 fr. les 4,000 kilog. , unité à laquelle nous ramenons toujours nos calculs. Mais il faut que ce soient des mûriers greffés, bien taillés, et dont la feuille soit facile à cueillir; car, si c'étaient des mûriers sauvages ou seulement des ipûriers greffés mal di-
rigés , ce ne serait plus \ 6 fr. par \ ,000 kilog. qu'il ' faudrait payer, mais $5 et 30 fr.
Pour soigner les vers destinés à consommer 1,000 kilog. de feuille et couvrir, au cinquième âge t environ 50 mètres carrés de tables, une seule personne suffit pendant les trois premiers âges et même une partie du quatrième âge , c'est-à-dire, en suivant le tableau de M. Brunet de la Grange, environ pendant dix-huit jours ; pour les dix derniers jours, il faudra deux personnes.
Dans les environs de Paris , il est impossible d'avoir des ouvrières intelligentes^ comme il les faut pour les vers, à moins de 2 fr. par jour.
Il faut donc compter, pour les dix-huit premiers jours, une ouvrière à 3 fr., ou. . 36 fr. et, pour les dix derniers jours, deux ouvrières à 2 fr M ou 40
Total. ....... 76 fr.
Il y aura aussi quelque dépense de combustible et d'éclairage, mais ce sera peu de chose, l'éducation des vers à soie se faisant dans la plus belle saison de l'année et pendant les jours les plus longs. Enfin, si l'on a un tarare, il faudra compter quelques journées d'ouvriers pour faire marcher ce tarare dans les moments de touffe.
Les prix que nous donnons ici, comme ceux que nous avons donnés précédemment pour les
plantations de fnûriers et les constructions de magnaneries et de mobiliers de magnaneries, sont, nous le répétons, les prix des environs de Paris, c'est-à-dire de la partie de la France où la maind'œuvre coûte le plus cher; partout ailleurs, on aura des réductions considérables. Mais nous avons choisi exprès pour point de départ les conditions les moins favorables; car, en toute chose, qui prouve le plus prouve nécessairement le moins. Quant aux chiffres en eux-mêmes, nous les avons établis le plus exactement possible; cependant nous ne saurions trop engager les éducateurs à les vérifier avec soin : ils rendront par là un vrai service à la sériciculture, et l'aideront à sortir du vague qui s'attache à presque toutes les opérations agricoles. Trop souvent les sériciculteurs, comme les agriculteurs, ne s'occupent que de produire, et de gagner , tant bien que mal, la fin de l'année ; si l'on se rendait un peu plus compte des prix de revient , il y a bien des erreurs , des mécomptes et des ruines que l'on éviterait.