CHAPITRE PREMIER
BU DÉRAMAGE OU BÉCOCONAGE.
Lorsque l'éducation a été convenablement dirigée et que la montée s'est bien faite , six jours suffisent pour que les vers aient terminé leurs cocons et se soient changés en chrysalides ; on peut alors procéder au déramage ou décoconage. Cependant, si la montée avait duré quarante-huit heures, il faudrait attendre deux ou trois jours de plus.
Il est important de s'assurer que les vers sont bien changés en chrysalides avant de déramer; autrement, ils pourraient se décomposer et tacher les cocons. Pour savoir si l'on peut déramer, il suffit d'ouvrir çà et là quelques cocons, ou même simplement de les secouer en les approchant de l'oreille; s'ils rendent un son mat, c'est que la transformation de la chrysalide est opérée.
Le déramage se fait ordinairement de la ma-
nière suivante dans les magnaneries de quelque importance.
- Un homme commence par défaire les cabanes où les vers ont monté les premiers; une femme prend le bois avec précaution et le porte dans une chambre voisine où l'on a étendu de grands draps. Des ouvrières sont placées autour de ces draps avec des paniers, de façon à ne pas avoir à jeter de trop loin ou de trop haut les cocons ; elles doivent avoir un tablier, une paire de ciseaux et travailler debout.
On fait à mesure un premier triage des cocons en jetant dans un panier tous les fondus.
On appelle fondus des vers dont toutes les parties organiques se sont décomposées : ils offrent à l'œil une pellicule noire pleine d'un liquide également noir; l'odeur en est fétide : lorsque les ouvrières en aperçoivent , elles doivent les détacher délicatement du boisement avec les ciseaux, en faisant leur possible pour que le liquide ne se répande pas sur les bons cocons, qui se trouveraient singulièrement altérés par ces taches noires.
Lorsque les paniers qui servent au déramage contiennent 8 ou 10 kilog. de cocons, on les pèse avec soin, puis on étend les cocons sur des claies, en ayant soin de les manier avec précaution, et en les mettant par couches dont l'épaisseur ne doit pas être de plus de 4 4 ou 1 5 centimètres : on coin-
pare ensuite le poids général avec le poids de la feuille consommée; puis ou établit le produit par 1,000 kilog. de feuille.
Nous disons par 1,000 kilog. et non pas par once, parce que, nous ne saurions trop insister à cet égard , le poids seul de la graine à éclore ne signifie absolument rien ; ce qui est important, c'est de tirer de sa feuille le plus de produit possible.
Le meilleur éducateur est bien certainement celui qui, avec un poids donné de feuille, récolte le plus de cocons. Quelques personnes prétendent que l'on ne peut établir ainsi de comparaison entre les éducateurs, parce que toutes les feuilles ne sont pas de la même qualité et du même poids. C'est possible; mais cependant, quand il s'agit d'arbres bien conduits et de bonnes feuilles greffées, il ne peut pas y avoir de grandes différences. Ensuite on n'a jamais eu la pensée, en conseillant de peser la feuille et de comparer les produits obtenus avec cette feuille, de chercher une précision mathématique qui n'existe pour l'é d'aucun produit agricole. Il suffit d'une z tion approximative qui est aussi raisonn l'on peut désirer, et qui surtout l'est 1 plus que toutes les autres appréciations.
Non-seulement un éducateur qui veut comparer le résultat de son éducation avec celui d'un
autre éducateur doit donner le poids de la feuille consommée* mais encore il devrait noter le nombre des mûriers cueillis, l'âge de ces mûriers» ' eur ren "
dément, individuel, de feuille, le prix de plantation et, de culture,, les espèces de mûriers, la nature du. terrain : toutes ces indications seraient précieuses ; elles mettraient à. même de faire les. rapprochements les plus intéressants.