‹ Conseils aux nouveaux éducateurs de vers à soie: résumé des méthodes et desChapitre 29 sur 35 · SY · texte numérisé non relu

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de vendre les cocons et si on doit les vendre frais ou étouffés.

L'étouffement des cocons test une des opérations les plus délicates, les plus importantes et même les plus difficiles. Si Ton n'étouffe pas assez les chrysalides, beaucoup de papillons éclosent (4), et l'on perd une partie de la récolte ; si l'on étouffe trop, si l'on brûle la soie, en se servant d'un mauvais procédé, c'est un inconvénient qui n'est pas moins grave. Aussi est-il bien préférable, pour le producteur qui vend ses cocons, de les vendre frais, il n'a aucune chance k cpurir; d'un autre côté, l'acheteur qui est le filateur a bien plus d'avantage aussi à acheter ces mêmes cocons frais, car il les étouffe alors lui-même, et peut le faire avec tous les soins et toutes les précautions nécessaires, en employant les meilleurs appareils et les meilleurs procédé^. C'est ainsi, du reste, que cela se fait généralement dans le Midi , où bien rarement les producteurs étouffent eux-mêmes leurs cocons. #

Le moment de vendre les cocons frais est celui

(1) 11 faut avoir passé par là pour savoir ce qu'éprouve an éducateur novice qui croit avoir étouffé parfaitement ses cocons, et qui, revenant quelques jours après pour les voir , les trouve tout percés et tout couverts d'affreux papillons, dont Faction du feu en fait autant de monstres informes. La vitalité est telle chez ces insectes , qu'on en voit résister quelquefois à un étouffement de 80 degrés de chaleur, quand cet étouffement n'a pas été assez prolongé.

où ils pèsent le plus grand poids possible ; c'est la base sur laquelle les acheteurs, comme les vendeurs, sont dans l'habitude d'établir leurs calculs. Or c'est cinq ou six jours après que les litières ont été nettoyées sous les cabanes, c'est-à-dire sept ou huit jours après la montée des premiers vers, que les cocons pèsent le plus; à cette époque, le travail du ver est terminé , et sa transformation en chrysalide est complète. Si les vers n'avaient pas fini de filer, ce serait un dommage pour l'acheteur; si la transformation des chrysalides était déjà trop ancienne et si ces chrysalides avaient perdu de leur poids, ce serait une perte pour le vendeur ; enfin, si les papillons étaient déjà formes et avaient commencé à gratter une partie des cocons, ce serait une perte bien plus considérable encore, pour lé vendeur, sur le poids, et, pour l'acheteur, lors de la filature.

Dans le Midi, les cocons frais se vendent sur une montre ou rameau de bruyère garni de cocons que les vendeurs viennent présenter à l'acheteur, , et que celui-ci garde, pour en faire là comparaison avec le lot qu'on lui vend.

L'acheteur va souvent visiter la chambrée, et traite avec le propriétaire dans la magnanerie. Dans certains endroits, les petits éducateurs transportent leurs cocons dans les villes où sont les filateurs, soit aux marchés qui se tiennent à cet effet, soit

en parcourant les rues et portant leurs cocpns à dos de cheval ou de mulet, dans des corbeilles.

Dans le Centre et dans le Nord , toutes les fois que cela sera possible, il sera préférable de suivre les errements du Midi et de vendre les cocons frais.

Si, par hasard et par un motif quelconque , on était obligé de les étouffer, il faudrait le faire avec tous les soins et les précautions possibles, en n'employant que les meilleurs procédés (|). Avant l'étouffement il ne faudrait pas manquer d'envoyer, à la filature où l'on aurait l'intention de vendre ses produits, 1 décalitre de cocons frais, le poids et la qualité de ce décalitre de cocons frais devant servir de base pour le poids et , par suite , pour le prix de chaque décalitre de cocons étouffés; puis, ce qu'il faudra encore, qu'il s'agisse de cocons étcfaffés ou de cocons frais , ce sera loyauté et confiance de la part du vendeur, comme de la part de l'acheteur : du reste, sans cette loyauté et cette confiance , il n'existe pas de transaction commerciale quelconque possible.

(1) Voir plus loin , au chapitre des établissements de filature, la meilleure mauière d'étouffer les cocons.

Du transport des cocons.

Toutes les fois que Ton aura à faire voyager des cocons frais ou des cocons étouffés, ou même seulement à lés transporter à peu de distance, on devra, auparavant, les faire sécher avec soin ; pour cela, on les étendra, par couches légères, sur de grandes toiles bien exposées à Pair et à l'abri du soleil.

Il est bien important encore de rechercher avec soin toutes les chiques ou tous les fondus qui ont pu échapper lors du décoconage; car, pendant la route, les fondus se mettraient en' bouillie et taciteraient les bons cocons. On met à part tous ces fôtidus.

Pour emballer les cocons, ce qu'il y a de mieux, c'est de prendre des paniers en osier à claire-voie, comme les paniers de vin de Champagne ; on les remplit de manière à ce qu'il ne resté pas de jeu. Il vaut mieux ne pas débourrer les cocons pour les faire voyager, surtout s'il, s'agit de blancs, les cocons garnis de leur bourre étant moins susceptibles de se tacher ; mais alors c'est une raison de plus de bien les faire sécher.

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