CHAPITRE IV
DE LA DIRECTION DES NOUVBLLEfl. F1LATUHBS DANS LE CENTBE ET IUN6 LE NORD DE LA FRANCE.
Dans la première partie de cet ouvrage , nous ne nous adressions qu'aux nouveaux éducateurs. Dans le peu que nous allons dire sur la filature, nous n'aurons en vue également que les nouveaux filateurs; car que pourrions-nous apprendre, nous qui commençons, à ces magnifiques établissements de filature du Midi auxquels nous nous plaisions tout à l'heure ii rendre un hommage si mérité ?
Des conditions générales pour établir une filature;
du bâtiment, etc.
La première chose pour établir une filature dans un pays nouvellement séricicole, c'est de s'assurer que l'on pourra réunir une certaine masse de cocons; autrement, on serait écrasé par les frais gêné-
raux(1), et on trouverait beaucoup de difficultés à placer la soie, le commerce ne voulant que des balles d'une certaine importance, au moins de 40 à 50 kilog. (2).
Comme nous l'avons dit plus haut, on peut faire venir des cocons de distances assez éloignées, mais alors il faut se trouver à proximité de voies de communication faciles et promptes; sous ce rapport, les chemins de fer offrent les plus grands avantages.
Il faut aussi avoir soin de se placer près d'un grand centre de population , afin de pouvoir former autant d'ouvrières qu'il est nécessaire et de ne pas payer trop cher ces ouvrières ; on doit penser aussi à avoir de l'eau d'une bonne qualité et en grande abondance (3).
(1) Voici les frais généraux, près de Paris, pour six bassines : Fourneau générateur à Tapeur , prise d'eau , réservoir en plomb ,
moteur pour tourner, 4,000 fr.
Intérêt de ces 4,000 fr. à 10 pour 100. . . 400 fr. "
Loyer du magasin à cocons 400
- Chauffeur 200
Machine fileuse 200
Pour mémoire Ii200fr.
Plus il y aura de bassines et plus ces frais diminueront.
(2) Quand on ne peut filer que de petites parties, ces parties ont beau être d'une bonne qualité , il faut des démarches sans nombre pour s'en défaire, et on ne trouve souvent à les vendre qu'à de petits fabricants peu solvablcs.
(3) Chaque bassine , y compris le générateur, eiigc 2 hectolitres
Le bâtiment destiné à la filature doit être construit légèrement et parfaitement accessible, dans toutes ses parties, à l'air et à la lumière ; ce doit être plutôt une espèce de cage vitrée qu'un bâtiment , et on doit disposer l'atelier de manière à rejeter facilement au dehors toutes les vapeurs humides qui s'élèvent des bassines (1).
Des tours à filer les cocons.
11 y a beaucoup d'espèces de tours à filer les cocons , et l'on en invente encore chaque jour, la disposition des asples, des bassines et surtout des
cl demi d'eau par jour, si l'on file des cocons jaunes , et il faut le double pour les cocons blancs.
(1) Rien n'est plus nuisible à la soie que l'humidité, et c'est pour cela qu'on ne peut filer que pendant la belle saison, depuis le mois de mai jusqu'au mois d'octobre ; encore à cette époque, si des pluies surviennent , on est obligé de suspendre la filature des soies fines , et surtout celle des soies blanches. L'humidité empêche la soie de sécher sur l'asple, et produit ce que l'on appelle des collures. (c'està-dire que les fils de soie deviennent adhérents, et qu'on ne peut plus les dévider). Depuis quelque temps on a essayé , sur divers points du Midi , au moyen d'appareils de chauffage et de ventilation , de filer pendant l'hiver* nous ignorons si Ton parviendra à remplacer complètement les beaux jours de Tété , où la soie sèche si admirablement.
moteurs pouvant varier à l'infini; cependant on peut dire qu'au fond il n'y a véritablement en présence que deux systèmes de filature , celui à la tavelle, dans lequel chacun des deux bouts (1), que l'on file dans la même bassine, se plie et se tord sur lui-même, et le système en X, où les deux bouts viennent se tordre l'un sur l'autre»
La torsion du bout sur lui-même ou avec un autre bout est une des choses les plus importantes de la filature; c'est cette torsion qui unit les différents brins de cocons dont se compose le bout, et qui donne le nerf à la soie. La plupart des filateurs paraissent préférer la torsion en X. Avec cette encroisure , la fileuse file plus régulièrement, étant forcée d'entretenir soigneusement de chaque coté le même nombre de cocons; autrement l'X se dérangerait , et l'un dès bouts casserait. D'un autre côté, la torsion se fait mieux avec deux bouts l'un sur l'autre qu'avec un seul bout replié sur lui-même, comme dans la tavelle. La tavelle , cependant , peut être avantageuse pour certaines soies; par exemple, pour celles qui n'ont pas besoin d'une forte croisure comme lés trames , et aussi pour lps soies que l'on veut filer à 10/42 cocons.
(1) Le bout se compose de la réunion de plusieurs brins de cocons, 4, 5, 6, plus ou moins ; c'est le fil de soie qui va se rouler sur l'asple et forme ensuite l'écheveau ou la flotye*
On avait toujours fait l'encroisure à la main ; par conséquent, tout dépendait du plus ou moins d'habileté de la iileuse ou de son caprice, et on ne pouvait obtenir aucune régularité. La plupart des ouvrières, à la fin de la journée, quand elles étaient fatiguées et que leurs doigts étaient amollis par l'eau chaude, croisaient très-mal. M. Jules Bourcier, de Lyon , a imaginé le croiseur mécanique, avec lequel on croise invariablement au degré que l'on veut; c'est une grande amélioration qui est appréciée, chaque jour, de plus en plus. Le croiseur mécanique n'a guère été appliqué , jusqu'ici, qu'à l'encroisure en X ; mais nul doute qu'on ne puisse l'adapter également à la tavelle.
Les tours à filer sont en bois ou en fer ; ceux eu fer sont plus solides; cependant les tours en bois font aussi un très-bon usage (1).
Tous les tours à encroisure en X sont munis , aujourd'hui, d'un brise- mariage (2).
(1) A ta filature des Champs-Elysées, il y à des tours en bois faits par M. Clair, d'après le système de M. Chambon, d'Alais, modifié ensuite par M. fiourcier , qui existent depuis six ans , n'ont pas cessé de marcher , et qui ne se sont jamais dérangés ; ces tours ne coûtent que 80 ou 100 fr.
(2) On appelle mariage la réunion de deux boute qui montent ensemble sur Fasple au lieu de rester divisés; le brise -mariage a pour effet de rejeter le mariage en dehors de Fasple dès qu'il vient à se former. Le mariage ne pwtt pas avoir lieu à la tavelle , où les bouts sont séparés.
retirerait que de petites parties de soie, qui n'auraient entre elles ni égalité ni homogénéité, et Ton retomberait dans l'un des plus grands inconvénients de la filature domestique.
On est bien plus maître de ses opérations en achetant les cocons, que Ton peut ensuite assortir suivant les soies dont on a besoin; cependant,
comme il n'y a rien d'absolu en pareille matière , on pourra quelquefois trouver de l'avantage à filer à façon les lots importants.
De Fékmffement des cocons.
C'est, comme nous l'avons dit, une des opérations les plus importantes, et qui demande à être faite avec le plus de soin. Aussitôt que l'on a reçu un lot de cocons, il faut se hâter de l'étouffer et de bien l'étouffer.
Il y a diverses manières d'étouffer.
On peut se servir du four ; mais cette pratique est extrêmement vicieuse, car il est difficile de déterminer exactement le degré de chaleur nécessaire. Si l'on ne chauffe pas assez, on voit bientôt les papillons éclore, et il faut recommencer l'opération ; si, au contraire, on chauffe trop, la soie est souvent altérée.
Plusieurs filateurs, et notamment M. Camille Beauvais, aux Bergeries de Senart, ont essayé d'étouffer les chrysalides en les desséchant rapidement par le moyen d'un courant d'air chaud que l'on fait passer dans une grande armoire ou un cabinet, où se trouvent rangées et disposées sur dès claies de certaines masses de cocons; mais ce procédé paraît aussi trop dessécher la soie.
L'emploi de la vapeur est bien certainement le moyen le plus facile, le plus sûr, et en même temps le plus favorable pour la filature des cocons, que l'on ait appliqué jusqu'à présent, Mais il faut avoir soin de faire bien sécher les cocons avant de les mettre dans le magasin; autrement, ils se gâte-, raient et se noirciraient.
Cette opération de faire sécher les cocons est l'inconvénient de l'étQuffement à la vapeur. Pour les petites parties de cocons, cet inconvénient n'est presque rien, mais pour les grandes filatures il est plus grave parce qu'il entraîne beaucoup de temps et de main-d'œuvre.
Les appareils d'étouffement à la vapeur varient à l'infini pour la grandeur, la foripe et la manière d'introduire la vapeur (1).
La seule chose nécessaire, c'est que la vapeur soit assez chaude , et frappe assez longtemps les
(1) Une manière d'étouffer à la vapeur très-simple et très-facile est
cocons pour tuer la chrysalide. Pour s'assurer que les chrysalides sont entièrement asphyxiées, il fau' ouvrir au hasard .quelques cocons, des doubles de préférence parce qu'ils sont plus épais, et que, par conséquent , les chrysalides s'y trouvent plus à l'abri de l'action de la chaleur : on prend un fer rouge, on les touche plusieurs fois; si elles ne donnent plus signe d'existence , on est bien certain que l'opération a parfaitement réussi.
celle-ci : on organise sur uu fourneau une ebaudière à lessive, pleine d'eau. Quand l'eau est en ébullition, on place dessus m\cuvier ou tonneau que l'on y adapte ; ce tonneau est ouvert par les deui bouts. Le bout qui repose sur l'eau est garni de deux morceaux de bois en croix : sur ce bois on place successivement un certaiu nombre de paniers ronds à rebords peu élevés, faits de manière à pouvoir entrer dans le tonneau ; on en met ainsi dix , douze, plus ou moius. Les paniers sont remplis de cocons à peu près aux trois quarts de rebords. On ferme le tonneau avec un couvercle percé de petits trous pour laisser passer la vapeur, on entretient le feu. Au bout de trente minutes , les cocons doivent être étouffés. On ôte alors le' tonneau , on le penebe un peu pour laisser échapper la vapeur ; ou laisse ressuyer le tout pendant cinq minutes, puis on prend chaque panier, et on verse Jes cocons , sans les toucher, sur de grandes toi i es pour les laisser bien sécher.
Pour de petites éducations d'expériences ou pour des lots de concours, une très-bonne manière encore d'étouffer les cocons, c'est de les placer dans un vase parfaitement fermé que l'on met dans l'eau bouillante, ce que l'on appelle au bain-marie.
S S- Du triage et de rassortiment des cocons.
Après l'étouffement et le séchage des cocons, il faut procéder ai triage, qui n'est pas une opération moins importante. Quelque soin que Ton ait apporté dans l'achat des cocons, il s'en trouve toujours dans les meilleurs lots un grand nombre d'inférieurs, et puis il y a des années où les récoltes sont généralement moins bonnes, et offrent beaucoup plus de déchets. Nous ne parlons pas des chiques et des fondus qui ont dû être mis à part, d'abord par le producteur, et ensuite recherchés encore avec soin lors de l'arrivée des cocons à la filature; mais ii y a des satinés, des faibles, des vitrés , et enfin dans les bons cocons il s'en trouve de gros, de petits, de plus ou moins durs, de plus ou moins serrés, et dans les blancs de plus ou moins blancs; enfin il y a toujours des cocons tachés. Tout cela doit être assorti et mis à part avec le plus grand soin; on commence d'abord par débourrer et par faire un premier choix, puis on fait le triage définitif.
Les satinés sont des cocons à grain lâche inégal et luisant, qui donnent de la soie qui n'est pas nerveuse ; il faut les filer presque à froid, à
5/6 cocons (1), et au-dessus, jamais au-dessous.
Les cocons faibles et vitrés et les fondus ne peuvent guère se filer qu'à 10/12.
Les chiques comme les douppions se filent sans titre , c'est-à-dire sans faire attention au nombre de cocons ; le fil qui en provient est grossier, on le conduit le plus également possible, en le faisant passer sur deux petits rouleaux en bois.
Quant aux bons cocons, ils demandent aussi à être assortis ejitre eux. D'abord il faut bien se garder de mêler des cocons de races différentes , cela produirait le plus mauvais effet; ensuite il est bon de mettre les gros d'un côté et les petits de l'autre ; enfin il faut varier le nombre de brins d'après leur qualité : telle nature de cocons ne pourra se filer qu'à 5/6, tandis qu'avec telle autre on pourra faire du 3/4 ou du 4/5,
L'homogénéité des lots de cocons et leur bonne nature ont une telle importance, que beaucoup de filateurs se procurent de bonnes graines pour les céder au* éducateurs dont ils croient pouvoir acheter les lots. De bonnes races, de bonnes graines, c'est toujours le point de départ auquel on est obligé de revenir sans cesse.
(1) C'est-à-dire en réunissant les brins dé cinq et six cocons.
Des fileuses et de la surveillance que l'on doit
exercer sur elles.
La première chose dans un pays où la filature des cocons est inconnue , c'est de faire venir de bonnes fileuses du Midi, ou, ce qui vaut peut-être mieux encore, d'aller étudier. soi-même la filature dans les meilleurs établissements du Gard, de l'Ârdècbe ou de la Drôme.
C'est ainsi que mademoiselle Peltzer, qui avait passé plusieurs saisons dans la filature de M. Tessier-Ducros,àValleraugue, apuformer, à la filature des Champs-Elysées, d'abord la gérante elle-même, madame Cherrier , et ensuite plusieurs fileuses. L'impulsion une fois donnée, madame Cherrier a formé des ouvrières autant qu'il a été nécessaire, et elle en forme encore tous les jours; et déjeunes filles de Chaillot (bien entendu, on choisit les plus intelligentes et celles qui ont les mains les plus adroites) deviennent, en trois mois, des fileuses consommées qui font jusqu'à 250 grammes de soie à 4/5 par jour.
Une fois que Ton a de bonnes fileuses, ce qui est le plus important, c'est de les surveiller en ne les perdant pas de vue pour ainsi dire un seul instant,
afin de les forcer à tirer des cocons la plus grande masse de bonne soie possible et les forcer à suivre les bonnes traditions ; tout le succès de rétablissement est là. Quand on est étranger à la filature, ou ne se fait pas une idée de ce que la négligence des ouvrières fait perdre de soie , et de la facilite avec laquelle elles prennent de mauvaises habitudes de filature , dont la funeste influence se fait sentir aussitôt sur la régularité et le nerf de la soie.
. Il faut veiller à ce que les battues ne soient pas trop fortes, et à ce que la fileuse tienne toujours son eau à un degré de chaleur convenable. Quand on bat les cocons, l'eau doit être beaucoup plus chaude ; elle doit avoir alors 80 ou 90 degrés; lorsque les cocons sont battus et qu'on les purge, il faut que l'eau soit moins chaude, pour cela on ferme le robinet de vapeur et on ouvre le robinet d'eau froide. Enfin, quand on file, l'eau ne doit pas avoir plus de 55 à 60 degrés. Si l'on file du blanc, il faut renouveler l'eau très-souvent; plus l'eau sera pure, plus la soie sera blanche : dans ce cas, ce qu'il y a de mieux, c'est de battre dans une bassine et de filer dans une autre.
Le battage des cocons est aussi bien important : les balais dont on se sert généralement encore abîment le cocon, le froissent, perdent beaucoup de soie ; il est bien préférable, ainsi que l'a imaginé
M. de Buros, de Bagnols, d'immerger les battues. Les cocons, plongés ainsi dans l'eau, ne souffrent en aucune façon ; ils s'amollissent également sur tous les points, et ensuite, au moyen d'une espèce de petite fourchette, garnie de petits brins de chiendent très-courts (1), que Ton passe par-dessous, on trouve aussitôt les bouts avec la plus grande facilité.
La seule chose à observer, c'est de faire l'immersion plus ou moins longue , suivant que les cocons sont plus ou moins secs , plus ou moins vieux.
On ôte ensuite les brins qui se sont attachés à la petite fourchette, et on les prend dans la main pour les purger, c'est-à-dire pour ôter tous les bouchons et n'avoir plus que des fils bien nets. En purgeant lés cocons les fileuses ne doivent enlever que ce qui est indispensable : c'est là que l'on peut faire la plus grande perte de soie; aussi l'on fera très-sagement d'établir des primes pour les ouvrières qui auront le moins de déchet (2) en purgeant, et de renvoyer impitoyablement de l'atelier celles qui mettraient véritablement de la négligence.
Quelques personnes préfèrent faire battre et
• (1) Cette fourchette a été inventée par madame Cherrier; elle revient à 1 fr. 50 c.
(2) C'est ce que Ton appelle le frison ou fleuret.
purger les cocons séparément , et les donner ainsi ' tout battus et tout purgés aux fileuses , qui n'ont plus alors qu'à s'occuper de conduire les bouts ; mais la plupart des filatures se refusent à adopter ce système , qui paraît plus fatigant pour les fileuses, et qui empêche de se rendre aussi bien compte du déchet qu'elles peuvent faire.
En général, on trouve préférable de faire battre, purger et filer par la même ouvrière, qui, de cette manière, prend bien plus d'intérêt à ses cocons, et se repose d'une opération par l'autre.
Une fois qu'on a purgé, on attache à un clou qui est fixé à la bassine tous les brins de cocons;*' après cela, on pose sur l'eau, à droite et à gauche, le nombre de cocons avec lesquels on forme deux bouts ou deux fils, on donne la torsion à ces deux bouts avec les doigts ou, mieux encore, avec le croiseur mécanique, et on les attache sur l'asple.
La fileuse n'a plus alors qu'à s'occuper à nourrir bien également chacun de ses bouts, c'està-dire à remplacer un cocon qui finit par un autre cocon qui commence , de manière à avoir toujours pour chaque bout la moitié en cocons garnis et l'autre moitié en cocons un peu dépouillés.
Toutes les fois qu'un cocon casse, s'il a encore de la soie, on le met de côté et on le rebat à la battue suivante.
Il est bien essentiel, pour ne pas contrarier les
habitudes du commerce et du dévidage, d'observer le guindrage (i) le plus usité, et de ne pas faire les flottes trop grosses. Le guindrage doit avoir 1 20 centimètres, et les flottes ne doivent pas peser plus de 50 ou 60 grammes ; il suffit de deux ou trois battues, suivant la qualité des cocons, pour obtenir ce poids.
Du reste , sur tous ces points nous ne pouvons rien faire de mieux que de renvoyer aux Annales mkkoles, dans lesquelles on trouvera, vol. III, page 65, un excellent traité de M. Ferrier, qui pendant vingt ans avait été filateur à Ganges, et dont les conseils nous ont été d'un grand secours. Mais, nous le répétons, ce qui est plus nécessaire encore, c'est d'aller étudier dans les bonnes filatures en pratiquant et expérimentant soi-même; il n'y a de bon officier que celui qui a été soldat, il n'y a de bon contre - maître en industrie que celui qui a été ouvrier.