DES HAIES DE MURIERS SAUVAGES
Ainsi que nous venons de le dire , tout sériciculteur un peu éclairé doit renoncer au mûrier sauvage , ou n'en planter absolument que pour les premiers âges des vers.
Dans cet ordre d'idées, la meilleure manière de cultiver le mûrier sauvage est en haie, en mettant les jeunes sujets, les poitrrettes, à 20 ou 30 cen-
timètres de distance, suivant la qualité du terrain , et en formant leur tète à 3 ou 4 décimètres du sol.
On les cueille ensuite chaque année , et aussitôt après la cueille on les ravale jusque sur la souche comme on tond les saules; on peut encore ne pas former de tête et les receper rez terre. Le ravalement ne doit pas se faire plus tard que le 1 ou 15 juin; ce qui est très-facile, puisque les haies de mûriers ne servent que polir le commencement de l'éducation. Si on les ravalait à une époque trop avancée de la saison , elles n'auraient pas le temps de s'aoûter. Il va sans dire qu'on leur donne deux ou trois labours par an, et même qu'on les fume , quand cela est nécessaire. On fera bien de choisir pour les haies de mûriers les espèces dont la feuille est la plus mince, la plus délicate, et celles qui sont le plus hâtives; on fera bien aussi de les placer dans une bonne exposition, au midi, le long d'un mur, si c'est possible : de cette manière on obtiendra de la feuille plus tôt pour les premiers âges , et on pourra gagner ainsi plusieurs jours sur la durée totale de l'éducation , ce qui est très-utile dans tous les pays , mais surtout dans ceux où l'on est exposé aux grandes chaleurs. On sait combien il est important d'arriver , avant ces grandes chaleurs , à la montée des vers , et que, dans les années où les
éducations sont retardées, les produits sont presque toujours déplorables.