‹ Conseils aux parents sur la manière de diriger la seconde dentition de leurs enfantsChapitre 2 sur 18 · DES DENTS · texte numérisé non relu

DES DENTS

Nous n’indiquerons ici que trois faits principaux au sujet du développement des mâchoires et de l’éruption des dents.

1° Les mâchoires s’accroissent dans toutes leurs portions, mais d’une manière inégale.

La portion antérieure qui contient les dents de lait s’accroît en bien plus faible proportion que la partie postérieure située derrière la dent de

cinq ans. Et cela ne peut être autrement, puisque l’une contient déjà autant de dents temporaires qu’il y aura de dents de remplacement, tandis que l’autre, n’existant encore qu’à peine, devra cependant contenir les deuxièmes grosses molaires et les dents de sagesse.

Quelques dentistes nient l’accroissement de la portion antérieure de l’arcade dentaire, s’appuyant sur ce fait que, si les incisives et les canines de remplacement sont plus larges et plus grosses que celles de lait, les petites molaires permanentes sont au contraire plus petites que les molaires temporaires, et que, par conséquent, la compensation s’établit. C’est là une erreur dont on peut s’assurer en prenant une première empreinte de la bouche d’un enfant , alors qu’il n’est âgé que de 6 ans, et en en prenant une seconde lorsqu’il a 14 ans. On voit alors, en comparant les deux modèles fournis par ces empreintes, que l’arc décrit par les dents permanentes sur le second modèle est plus considérable que celui que décrivaient les dents de lait sur le premier*

2° Chaque dent, à mesure qu’elle se dirige vers la gencive, est accompagnée d’un alvéole

qui lui est propre et qui lui adhère intimement.

La dent permanente qui va remplacer une dent temporaire ne vient donc pas se loger dans l’alvéole de cette dernière, comme on le croyait autrefois -, elle avance munie de son propre alvéole, remplaçant ainsi, non seulement la dent temporaire, mais aussi son alvéole.

3° Chaque dent est précédée, pour faire son ■

éruption, d’un petit corps fongiforme qui, rongeant, ou plutôt résorbant peu à peu tous les obstacles qui peuvent s’opposer à sa sortie, lui ouvre passage.

C’est ce fongus qui détruit la racine et l’alvéole de la dent temporaire, et non, comme on le pensait autrefois, l’usure produite par la couronne de la dent permanente.

Personne ne croit plus aujourd’hui que les dents de lait n’ont pas de racine.

Ces trois faits sont d’une haute importance; car :

Le 'premier nous permet de compter, dans une certaine limite, sur les efforts de la nature pour nous aider dans le redressement des dents, alors que les mâchoires semblent trop petites pour contenir toutes les dents de remplacement ;

Le deuxième nous montre que c’est sans danger de l’ébranler que l’on dirige une dent de tel ou tel côté, puisque son alvéole reste adhérent à sa racine et raccompagne sans la quitter ;

Le troisième enfin nous prouve que, si l’on sait à temps faire place à une dent que l’on craint de voir sortir d’une manière anormale, cette dent peut prendre, une direction autre que celle que la nature lui imprimait tout d’abord.

SECONDE DENTITION NORMALE

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