CHAPITRE XII
Visites 9 complimens , devoirs de société. — Affectation des manières et du langage.
Il est des devoirs qu'impose l'usage dans la société , et qui , paraissant au premier coup d'œil ne venir que de lui , tiennent cependant aux motifs les plus sacrés : telles sont les visites du jour de l'an, celles des fêtes patronales , les félicitations , les complimens de condoléance , etc. Un honnête homme remplit tous ces devoirs avec facilité , parce qu'ils ont un objet véritable à ses yeux. Il voit en eux des occasions de resserrer les liens de l'amitié , de la parenté ; d'entretenir les parens , les amis, dans le souvenir de ce qu'ils se doivent mutuellement. Quand il s'agit de son père ou de sa mère dans la pratique de quelqu'un de ces devoirs, il croit alors donner une marque de soumission , dont rien ne saurait le dispenser, et qui fait partie des obligations les plus essentielles qu'il ait à remplir. Sa vi-
(92) site du jour de l'an aux auteurs de ses jours, est un tribut annuel qu'il paie à ceux qui lui ont donné l'existence; et, quelqu'exigeans que ces bienfaiteurs divins puissent être à cet égard, il considère en se pliant à leur volonté , qu'il ne sera jamais quitte envers eux, à cause du bienfait inappréciable qu'il en a reçu.
Féliciter un ami sur un événement qui a tourné à son avantage, est la moindre marque d'amitié qu'on puisse lui donner. Venir lui témoigner tout le chagrin que l'on ressent du malheur qu'il éprouve, n'est qu'une action toute naturelle, et à laquelle on distinguera un homme tant soit peu attaché , d'un homme tout à fait indifférent.
Mais il faut dans ces visites^ qui sont pour beaucoup de personnes de simples visites d'étiquette , éviter l'affectation comme partout ailleurs. L'affectation gâte tout dans le monde * et elle n'est jamais plus monstrueuse et plus révoltante que dans les occasions où elle prend la place du sentiment,
CHAP.JOn .
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