‹ Conseils de Satan aux jésuites traquésChapitre 12 sur 13 · IM · texte numérisé non relu

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qui doit couler à flots. Au dessert, trois toasts : le premier à la prospérité de la mère-patrie^ le second à la liberté de la nation^ et le troisième aux nombreusesetradicafe^ améliorations que tous vous proposez d'obtenir, si tous avez Tbonneur d*étre élu pour représenter à la Chambre les citoyens aussi éclairés que patriotes de ce collège. A vos trois toasts, un compère pourra répondre par un quatrième : k A votre élection / » A ce dernier, tous le^ électeurs , déjà à moitié gris , répondront en chœur en vidant leur verre...

Vous terminerez cette représentation à votre bénéfice par une allocution aux électeurs. Cette allocution doit être courte et bonne, comme la vie d^un ivrogne, et se terminer rigoureusement par ces mots :

(1 La liberté , le progrès , la gloire de la France, voilà ce que je veux \ voilà ce que veut tout bon Français; voilà ce que vous voulez, ce que nous voulons tous!!! Vive le roi! vive la liberté! vive Pindépendance nationale ! !! ))

J*entends que vous étudiiez bien votre allocution pendant quelques jours avant de la lancer à la tête

des électeurs, et que vous la répétiez plusieurs fois, gestes et paroles, avant de vous en servir.

Votre allocution terminée , allez vous coucher 5 et s*il vous reste quelques écus , faites- vous *'onner une sérénade... et qu'ont y chante /a Marseillaise^ si vous jouez le rôle de patriote : si vous vous êtes posé en conservateur^ on doit terminer l'algarade par l'air ministériel de God save the gueen. Cet air a toujours un grand succès dans toutes les fêtes of« ficielles de la perfide Albion...

Le lendemain de votre élection, car vous serez élu si vous savez flatter adroitement tous les amours** propres et leurrer toutes les ambitions, vous ferez une nouvelle visite aux électeurs ^ mais, cette fois, vous promettrez positivement tout ce que Ton voudra, et vous vous chargerez de toutes les commissions que Tou voudra bien vous donner pour la mé-* tropole. Un député est Vhomme daj^aires de tout son département, du moins tout son département Tentend ainsi.

Parmi lesélecleurs, vous en trouverezquelques-uns qui vous paieront votre visite; ce sont ceux qui ne

regrettent pas quelques petits sacrifices pour être agréables au député de leur choix ^ c'est-à-dire, pour acheter sa protection : ces électeurs doivent toujours être l'objet de votre vénération. S'ils vous font des offres de service, acceptez sans façon ; ce que vous pourrez attraper à ces gens-là vous aidera à la passer douce pendant les longs et pénibles travaux législatifs, auxquels vous allez vous livrer» Puis, plus vous aurez d'électeurs et moins la Congrégation aura à vous bailler... Mais n'acceptez pas de dons : empruntez et ne payez jamais, c'est bien \ mais pas de cadeaux, on vous les reprocherait si vous ne serviez pas le donneur. Les électeurs donnants sont très-exigeants, tandis que les préteurs osent peu tracasser\e\xv député... Puis, ouest si fort contre les créanciers pendant la session !

Avec les petites bagatelles que vous aurez empruntées aux électeurs de bonne volonté^ ce que je vous ferai bailler par la Congrégation, et quelques lettres de crédit et d'introduction que vous remettra le iocius de province pour le socius de Paris, vous prendrez le courrier, et fouette postillon !

Encore une sangsue, une éponge sèche, une ambition incarnée, un enfant de la Compagnie de Jésus qui va faire ses affaires -« et les affaires de la Congrégation à la capitale du monde civilisé ! ! • • . Autant vaudrait le choléra-morbus!

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