LÀ COHPAGRIB DE JESUS
Il n'est pas de sol métier ! Ce proverbe, devenu populaire, a été indubitablement inventé par quelque épicier en gros de la rue Saint-Denis ou par quelque grippe-sous devenu banquier à force de faire Tusure.
Mes agneaux ! s'il n'y a pas de sot métier, il y a de pauvres métiers^... celui d'honnête homme, par exemple... Il y a des métiers dans lesquels il jTaijt
travailler quinze heures sur Tingt^juatre pour gagner de quoi ne pas mourir de faim tout de suite*
Ces métiers-là ne sont pas faits pour les mem-» bres de la Compagnie de Jésus.
Les seuls métiers qui conviennent aux frères ca-* fards, sont :
Les agences et offices généraux d'aflTaires, les bureaux pour le placement des domestiques et des remplaçants, et le courtage en mariages entre garçons parfaitement inconnus ou dans une position problématique, et de jeunes demoiselles , veuves et autres/emmei richement dotées, sur le compte desquelles il serait très-prudent de prendre beaucoup de renseignements. Les frères cafards peuvent faire également la traite des blancs, et acheter les reconnaissances du Mont-de-Piété. Pour faire ce dernier commerce, il faudrait s'entendre avec quelque commissionnaire au Montre-Piété nommé par Tadministration. Enfin, les frères cafards peuvent entreprendre toute espèce de friponnerie qui, sans être précisément réprouvée par les lois, est parfaitement en opjiosition avec la justice et contraire à la
tnoralÉ.»^ Les frères cafards peiiTe&t aussi exercer le métier de hanqidep'marron; métier qui consiste à escompter de trës^bon papier en vieilles nippés i «a marchandises de brio44rac, ou on livres au ra« Jbais ; le tout estimé et coté à cellt pour cent au-des^ sus du cours. •• Il va sans direqu^en cas d'escompte contre espèces j on se contentera du taux légal de six pour cent par semaine (1). laissezanx Jésuitessesle monopole du placement des domestiques et des oùvriires-espions. S'adresser à Yceuifre, rue*««..f..«^ où Ton distribue le p^pectus gratis •
Quoiqu'on commençant ce chapitre je me fusse proposé de dire la manière d'exercer tous ces mé« tiersi aussi honorables que lucratif, et auxquels tout le monde trouve son compte, excepté le publicy je n'en ferai rioi. Les nombreux membres de la
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(i) Si qaelqa^un de nos lecteurs avait de bonnes va* leurs à faire escompter, et ne savait à qui s^adresser, qu^il vienne me trouver ; je me ferai un vrai plaisir de lui indiquer un de mes enfants qui, si le papier n^est pas trop long, le lui prendra il 6 pour cent par semaine, ou 51S pour cent par an. G^est le prix auquel a offert dernièrement de nous escompter un effet, avec trois bonnes signatures, un ftOHniU usurier du quartier {atiq^
ComfÊfium da JArat, (fut 5*7 eont livrés» le» ner- : cent i fsa |;iiiade salit faetion et au pl«s giénd pro- . £t de la Ccmgnégaliop et dé ktor houne. JHa^fte . les ff ài«s cafiurds, qui oé sia«<roht que &ire àù leer . temps,' k s'y livrer paltâllementaM*-* Ifi» kin^eàfard3 qi4 pe 3eroiit pas prjepre& à cçs eMtteirsflà^ et . quf w {MMuraîe^péiiétrer 4aiis les salpos du i^rand . moiuiby se livreront à l'enseîgpemeRtv* Ppurront . fimsi s^ UvFprà cette lucrative prdfession les frères ensoutan^ et les frères mopdains qui ne seraient pas bons à autre chose. Seulement, ces deniers deviendront c^&rds apssjtpt qu'Us se seront faits mai-
très de pension» .
Mais que ceux des frères cafiirds qui voudront se lancer d^ns renseignement ^ttendeqt quelque
. teTDps au moins jusqu'à ce que nous ayons oljf-
^ tenu la nouvelle loi sur renseignement secondaire-
Celte loi, si nous pouvons Tavoir telle que la pétrie la très-noble et très-clairvoyante Chambre des pairs, sera d*une grande utilité à la Congrégation. Qu'on la promulgue au plus tôt, afin que la
France puisse bientôt être transformée en une ifeimensejésuitière.
O mek petits serpents! je ne suis pas s^ns inquiétude au sujet de notre obère loi.... On nous Tavait si bien rafistolée! Que notfe tioble orateur religieux avait bien parle!.... Mais la Chambre, ^es députés a tout gâté.
Maudit soit sept fois cet ex-minisIre de roturière origine qui a débuté par des articles dans le National^ continué par V Histoire de la Jîeyfohttion française^ et terminé par le rapport sur renseignement secondaire et YHistoire du Consulat! Et maudits soient aussi tous les conseils généraux qui se mêlent dHexprimer des vœux contre notre chère loi, déjà si bien rappîécée et
mutilée par la Chambre haute Et mille fois
maudits soient les journalistes qui font chorus avec le rapporteur et avec les conseils généraux qui ont osé ne pas être de notre avis.... Sans ces gens-là, notre affaire était bonne ; nous tenions renseignement •, et, à dater de Tan de grâce 1846, mes agneaux, vous auriez pu enseigner aux eniants, petits
et grands» une foirte de choses que Jésus-Christ ne TOUS a point enseignées.
Cependant, il ne faudra pas vous décourager pour si peu. Il fut un temps où la Compagnie de Jésus luttait avéb avantage contre rUniversité, eontre Tévéque de Paris, contre le clergé^ contre les hÂpitauz et contre tous les moines mendiants.... Tout cela est à vous aujourd'hui ou à peu près.
Pourquoi craindriez - vous TUniversité toute seule maintenant? Pourquoi ne lutteriez-vous pas contre elle? Avez-vous peur qu'elle se défende, cette bonne Université? elle en serait bien fichée»
-—Maître, si VUnwersité ne se défend pas, quel* ques-uns de ses professeurs la défendront. Or, parmi ces messieurs, il s'en trouve d'asset forts et d'assea courageux*
— Pauvres agneaux ! toujours candides comme des séminaristes de première année. Est-ce que vous ne pouvex pas acheter ces professeurs-là ?
— Maître, ces professeurs ne sont pas hommes à se vendre.
«-•Alors, tiiles^es deslîluer : on ne vous refusera
point cette bagatelle, soyez-en sûrs. On a peur de la Congrégation...»
Mais rien ne presse encore ; les députés font leur foin, prononcent des discours j^^^o/Tsatoire^ devant leurs électeurs, font de petites visites d'amitié à leurs électrices, et ne seront ici que dans quelque temps; attendez Touverturede la session, et nous ▼errons. — Mais les voilà arrivés !..>.
Vous n'avez pas vécu si long-temps dans cette Tftllée de larmes sans vous être quelquefois arrêtés aux Champs-Elysées de Paris, devant la boutique d'un de ces industriels qui se qualifient modeste^ ment du titre derphysiciens.
Dans ces cas-là, mes agneaux^ vous avez pu voir que le physicien mettait, sous son gobelet, une petite noix-muscade, pas plus grosse qu'un crottin de chèvre ; et que , par un tour d'adresse , il en retirait tantôt une perruque, tantôt un cuirassier, à la grande satisfaction des pousse-caillous et des bon* nés d'enfants ses abonnés L..
Eh bien ! ce que font les physiciens des Champs* Élysées de Paris, avec leur muscade^ vous pouvez
le faire avec la loi sur renseignement secondaire*.
Vos pousse^caillous et vos bonnes dVn&nte rontles citoyens français; votre tréteau, la Chambre des députés;... la loi sur l'enseignement secondaire, telle que la rendue la Chambre haute, sera votre muscade ; Tume des scrutateurs yovua servira de gobelet. Avec un peu d*adresse, de cette urne, vous qui étes'de si grands physiciens, vous pourrez tirer une soutane qui, dans un demi-siècle , aura transformé la France, que Dieu semble avoir créée pour la liberté , en une grande fourmiUière de Jésuites.
C*est dans Tespoir que vous réussirez au gré de mon lieutenant, votre ruse, vos écus et moi aidant , que je passe au chapitre suivant, dans lequel je me propose de vous donner quelques instructions eoncimant vos futures fimctions de corps ensei«gnanl du beau royaume de France !
QuelquM notée en guîie de règlement universitaire à l'usage des Jésuites, tant ensoutanés que cafards, qui se voueront à l'enseigneiiient dans le cas où la France serait asses sotte pour les laisser faire.
SinitepairulosYcnirea^iœ. EnToyeE-nons les petits ea- Jb8U8-Ghaxst. iants et les écus.
LBS JESUITES.
Fils de TEnlfer! ouvrez ks oreilles et écoutez!... Vous ne tenez pas encore renseignement ; mais
qui sait si vous ne finirez pas par l*attràper? Comme ce malheur pourrait bien peser un jour
sur la France, voici votre règlement :
ÂUTICLE PREMIER.
Parmi les frères ensoutanés , les plus ignorants seront chargés de,ren§eîgnement primaire des jeunes
garçons; celui des jeunes filles sera confie aux sœurs de la Charité et autres congrégations éteignantes , qui mériteront la confiance de la Compagnie de Jésus et qui sauront la conserver.