DES FIGURES : MÉTAPHORES, MÉTONYMIES, PÉRIPHRASES
Voilà donc les ressources que nous offrent les mots, soit isolément, par l'élasticité de leur sens propre et la puissance d'évocation qui leur appartient, soit assemblés, par leur simple contact et la modification particulière qui en résulte pour chacun d'eux. Il faut considérer en eux maintenant d'autres propriétés, qui achèvent de les rendre capables de servir à tous les besoins de la plus agile et plus curieuse pensée. D'abord ils sont capables d'exprimer il'autrcs objets que ceux auxquels ils correspondent par définition. Outre leur sens propre, ils peuvent prendre des sens figurés : c'est à ces emplois qu'on a donné le nom de tropes. Quelques figures de pensées, ou figures de passions., ne sont aussi que des corruptions momentanées et voulues du sens exact des mots *. Ensuite, par certains arrangements de mots qui ne sont pas conformes aux rigoureuses prescriptions de la grammaire, on peut ajouter au sens où la construction régulière des mêmes mots atteindrait, ou lui donner la nuance précise que la pensée exige : c'est ce qu'on appelle les figures de construction: Enfin par certaines combinaisons régulières ou du moins correctes, mais qui détournent les constructions de leur emploi ordinaire comme les tropes détournent les mots de leur sens commun, on peut rendre certains sentiments et certaines idées dont la langue ne pourrait autrement marquer l'exact degré et la couleur particulière. C'est ce qu'on appelle les figures de pensées, figures de passion, d'imagination ou de raisonnement. En général, les figures servent à rendre ce qui