Enseignement pratiqw, librairie Haclictle et Cie
\kk DE L EMPLOI DE LA JOURNÉE
au moment que vous sentirez opportun, faire sortir ceux-ci de la salle, en bon ordre, ce qui sera facile vu leur place inférieure sur l'estrade. Ils seront confiés à la sous-directrice qui les conduira dans le jardin ou dans le préau, et les occupera selon les besoins et les facultés de leur âge.
Le temps que ces petits auront passé en classe, quoique moins profitable pour eux, ne sera cependant point infructueux ; loin de là, ils y auront appris des mots corrects, quelques chants, la marche au pas, et par l'exemple des grands, le silence, la bonne tenue , la discipline. Il est même certain que pour quelques-uns l'avantage ne se sera pas arrêté là. Il se rencontre des intelligences si précoces, des conceptions si faciles , que souvent on est tout surpris de découvrir dans un enfant des connaissances qu'on n'avait pas enseignées pour lui. D'aussi heureuses organisations ressemblent à ces veines de terrain si fécondes qu'elles paraissent fournir la semence plutôt que la recevoir.
Ce dédommagement est ma consolation dans les mauvais jours. Je me dis : Beaucoup sont distraits ; mais si un seul profite de ma peine , elle sera payée.
Les petits une fois dehors, vous continuerez pour les grands les exercices commencés, que vous aurez soin de ne jamais pousser jusqu'à la satiété. Il
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serait même prudent, et habile, d'interrompre le dernier exercice assez tôt pour laisser aux enfants quelque chose à désirer , afin que l'espérance de Reprendre cet exercice les ramenât avec plaisir à la classe suivante.
L'entrée, la prière, les évolutions, les silences ont dû prendre d'une demi-heure à trois quarts d'heure. Les vifs et gais mouvements qui ont servi à raviver l'esprit et à passer d'une leçon à une autre, les diverses leçons elles-mêmes, ont duré de trois quarts d'heure à une heure; il est donc onze heures et demie quand la maîtresse dit : Debout! et fait chanter les Commandements de Dieu. Les Commandements de Dieu, comme nous les disons , ne seront pas compris ; quelques -personnes l'ont observé, et cela est vrai. Les constructions en sont vieillies, et ne sont plus en usage dans notre langue. Mais les Commandements^ sont, comme Y Oraison Dominicale ^ de ces textes qu'il faut savoir dès le berceau, et dont tôt ou tard nous pénétrons le sens divin.
Je vous conseillerais d'ailleurs d'en faire traduire à vos enfants quelques versets dans leur propre langue , mais épurée par vous : puisque vous exigez d'eux sans cesse l'exécution de ces préceptes sacrés, il me semble logique que vous les leur fassiez comprenrb'^
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Quelquefois on fait chanter les quatre premiers couplets du cantique : Béni soit Dieu\ etc., réunis par deux, et adaptés à l'air : Ten souviens-tu? qui est grave et solennel, comme il convient pour des chants adressés à Dieu. On termine en disant :
Bénissez, — ô mon Dieu, — le repas — que nous allons prendre; — bénissez — la récréation — dont vous payez notre travail. — nous promettons — d'éviter — tous les jeux — qui pourraient — vous déplaire — et nous vous pilons — de nous béni--, — pour nous aider — à devenir — bien sa^es. — Ainsi soit-il. Au nom du Père. etc.
Si les enfants se sont bien conduits, on pourra leur faire faire des jeux , des exercices de petite gymnastique ; les principaux mouvements des métiers qu'ils connaissent et qu'on leur fait nommer correctement. Enfin, on pourra se livrer à une gaieté qui devrait être proscrite avant la prière, de peur qu'un vif entrain n'empêchât le recueillement et la piété.
§XI. Dîner.
Mais le moment du dîner est venu. La bonne a rangé tous les paniers à terre dans le réfectoire. Les enfants, marchant en ligne comme à leur entrée, s'y rendent, prennent en passant chacun leur panier , et vont s'asseoir pour dîner sur les bancs destinés à cet usage. Des gobelets de fer-blanc, et