II. Forme de l'instruction propre à la première enfance
III. Importance que la maîtresse doit attacher au choix de ses expressions. — IV. Nécessité d'intéresser les enfants pour captiver leur attention. — V. Séparer les grands des petits. — VI. De l'enseignement intellectuel. — VII. De l'enseignement moral. — VIII. Marche à suivre à l'égard des enfants qui ne viennent pas assidiiment à l'asile.
§ I. Possibilité de V instruction dans la plus tendre enfance.
Toute éducation solide doit s'appuyer sur l'idée de Dieu, c'est l'instruction qui confirme et développe cette idée. L'éducation et l'instruction, quoique distinctes, sont donc intimement liées. Ne les séparons pas ; faisons-les marcher ensemble, puisqu'elles tendent au même but. Certaines personnes croient cet accord impossible dans l'enfance, pour le moins superflu, et pensent que toute étude est, ou trop pénible pour la faiblesse physique des enfants ou trop élevée pour leur faiblesse intellectuelle. Ces personnes ontdit : a Ils sont trop jeunes
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pour apprendre, amusons-les seulement : rien ne presse. « Mais si on a dit cela, c'est qu'on ne savait comment proportionner la science à la débilité des petites conceptions qui devaient la saisir; c'est qu'on trouvait plus court et plus aisé de dire: Ils sont trop jeunes^ que de dire : Cherchons un moyen de rendre l'instruction claire, facile, agréable. Donnons-la sous des formes qui plaisent aux enfants, qui soient naïves et simples comme eux, afin de leur faire comprendre d'abord ce que nous voulons leur faire aimer.
C'était là pourtant ce qu'il fallait dire, car c'est là; maîtres, ce qu'il faut faire. Les études dont notre enfance se sera occupée, nous prépareront une adolescence plus exercée, plus lucide, et plus apte, par conséquent, à apprécier les grands et sérieux travaux que nous devons accomplir dans l'âge mûr. Ne craignez point de fatiguer les tendres organes de vos pupilles ; ce n'est ^oini connaître qui lasse, c'est apprendre; mais si la sollicitude affectueuse du précepteur adoucit et mesure la tâche, les enfants porteront sans fatigue le savoir qu'on leur aura enseigné sans ennui. Croyez-moi, ce n'est pas l'âge qui mûrit l'homme, c'est l'exercice de la pensée. Il y a beaucoup à faire dans cv^ monde, et la vie humaine est si courte qu'il serait pry^fitable de l'allonger de toutes les heures et de toutes les
160 DE l'instruction et de l'éducation secondes qu'on a jusqu'ici dédaignées, méconnues, rayées de notre pauvre existence, et pour ainsi dire rejetées au néant.