SÉANCE DU 13 NOVEMBRE
Par exemple, si nous jetons un coup d’œil sur la feuille d’un Figuier ou celle d’une Vigne , nous trouvons leur pétiole parfaitement cylindrique, sa coupe transversale bien arrondie et le limbe nettement séparé de lui. Il en est de même d’une feuille d 'Aristolochia Sipho ou de Tilleul. Si nous leur comparons une feuille de Lilas ou de Groseillier, par la présence seule de la rainure longitudinale sur le pétiole qui donne à la section transversale la forme d’un C ou d’un croissant, nous en concluons que l’hécastosie est moins nettement prononcée que dans les feuilles précédentes. Elles établissent le passage des premières à une troisième catégorie de feuilles ; celles-ci marchent progressivement vers les feuilles à limbe décurrent sur le pétiole. Ainsi, dans le Campanulapyramidalis, la feuille offre un pétiole quelquefois très-allongé dans les feuilles radicales, de la longueur du limbe seulement dans les caulinaires et presque nul dans les bractéales ; mais, aplati, il laisse apercevoir de chaque côté de sa longueur une petite bordure foliacée, qui va se rendre à la base du limbe qui fait un peu décurrence sur le pétiole. Dans YHelianthus tuberosus, cette décurrence est souvent plus prononcée à la base du limbe, et dans le Digitalis purpurea, elle envahit toute la longueur du pétiole, de sorte que la feuille peut être dite sessile , car une partie de la bordure foliacée, largement accusée sur les bords latéraux du pétiole, descend même assez souvent un peu sur la tige.
Or le premier résultat frappant que l’on observe dans la séparation de l’axe et de l’organe appendiculaire consiste en ce que cette séparation se fait suivant deux systèmes différents. Dans le premier, on voit le pétiole et une partie du limbe disparaître peu à peu , sans que l’axe porte les traces de cette modification ( Lonicera Caprifolium. Eucalyptus Globulus , etc.). On peut, en effet, voir des axes portant deux feuilles opposées, pétiolées, puis le pétiole diminuer peu à peu de longueur et les feuilles être sessiles; enfin, ces feuilles deviennent connées et même perfoliées. Comme, au point de vue phytogénique, c’est la seule conséquence que nous puissions tirer de cette observation, nous ne nous en occuperons pas davantage. Il n’en est pas de même du second système, car le défaut d’hécastosie centripète accuse sur la tige des traces de la feuille, et même va jusqu’à ne laisser aucune liberté à la partie limbaire. Dans cette circonstance, la tige est bordée d’ailes foliacées ou membraneuses, dérivant des feuilles, et que l’on a désignées, dans beaucoup de cas, sous le nom impropre de décurrences. De sorte que, dans le premier système, le défaut d’hécastosie semble être perpendiculaire à l’axe ; tandis que, dans le second, il est parallèle à l’axe. C’est ce dernier défaut d’hécastosie qui doit particulièrement nous occuper ici.
En observant un grand nombre de décurrences, on acquiert bientôt la certitude qu’elles ne sont autres que les parties du limbe de la feuille que les hécasiosies n’ont pas parfaitement séparées de la partie pétiolaire, et que le défaut d’hécastosie centripète a reportées sur la lige. Mais, selon que les