‹ Conséquences A Tirer De L'Étude Des Trois Formes De L'hécastosie Pour La Maniére D'interpréter La Formation De Certains Organes AppendiculairesChapitre 4 sur 5 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

sorte de décurrence, qui se prononce alternativement de chaque côté de l’axe, comme on le voit dans Y Acacia alata. Or, si l’on suppose ces deux feuilles, ainsi unies, suffisamment inclinées pour ne tenir plus à l’axe que par une base très-restreinte, on conçoit aussitôt l’idée d’une feuille dont le limbe n’est plus horizontal , mais vertical , ou, pour être plus exact, dont le plan est parallèle à l’axe, au lieu de lui être perpendiculaire ; car ce prétendu limbe ne nous paraît être autre chose qu’un pétiole dilaté. Mais c’est précisément la verticalité ou le parallélisme avec l’axe qui constitue le caractère essentiel des phyllodes : donc l’aile de Y Acacia alata et l’aile plus épaisse des Cactées phyllomorphes ne sont autres que des phyllodes, adhérents par leur côté à l’axe de la plante.

Les considérations suivantes nous semblent devoir justifier cette donnée. Nous avons déjà dit(l) qu’une feuille de Monocotylédone était constituée par tous les phytogènes simples, périphériques, d’un protophytogène, tandis que ces mêmes phytogènes se divisaient en deux parties, pour faire deux feuilles opposées : par conséquent, les deux feuilles opposées d’une Dicotylédone équivalent à une feuille de Monocotylédone. Ceci posé, voici ce que l’on peut observer:

Dans les genres Yucca, Lilium, les feuilles sont planes et perpendiculaires à l’axe; dans le Funkia subcordata , la base de la feuille forme une sorte de long pétiole arrondi en gouttière, et dont l’ouverture regarde l’axe ; chez les Hemerocallis fulva et /lava, la feuille commence à être pliée dans sa longueur en donnant lieu à une longue cannelure à angle aigu, et regardant l’axe; dans les Phormium tenax et Cookianum, la feuille, pliée dans sa longueur, montre vers le fond de sa plicature une adhérence qui va quelquefois jusque vers les bords, mais cette adhérence n’occupe encore qu’une faible étendue en longueur, et la partie supérieure est à peu près plane et perpendiculaire à l’axe ; chez les Iris, Gladiolus, Morœa, etc., les feuilles sont complètement pliées dans toute leur longueur et les deux côtés sont parfaitement adhérents, excepté à la base où se trouve une fente à côtés très-rapprochés ; enfin, dans un phyllode, l’adhérence se fait dans toute la longueur, et même les deux feuilles s’amincissent en une sorte de pétiole à la base. Mais, puisque chaque fenille de Monocotylédone représente deux feuilles de Dicotylédone, ou chaque demi-feuille des premières, une feuille entière des secondes, on voit que dans l’adhérence face à face des deux feuilles de Dicotylédone, le phénomène est analogue à celui qui fait les feuilles des Iridées. En même temps que l’on fait ces observations, on peut voir que la feuille, de perpendiculaire qu’elle est par rapport à l’axe, devient complètement parallèle à la façon d’un phyllode : donc la feuille des Iridées est l’analogue d’un phyllode.

Voici les conséquences importantes que l’on peut tirer des faits qui précèdent :

(1) Voyez plus haut, pages 403 et 404.

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