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roi, réunissant, en vertu de leur titre de grands officiers de la couronne , avec toutes les dignités qu’on vient de voir, le droit d’assister aux assemblées nationales? Point d’ états- généraux , dit Favin , ne pouvaient se tenir sans eux. Ils y opinaient, et y occupaient même une place distinguée.
Ces offices étaient donnés en fief. Les inventaires de Du Tillet contiennent nombre de preuves de cette vérité. Ces fiefs étaient, les uns à vie, les autres héréditaires, tous inamovibles et par conséquent indépendants.
Comme les grands vassaux prirent le nom de leur fief territorial vers la fin de la seconde race, de même on vit les officiers qui avaient reçu leur office à titre de fief prendre le nom de leur office. La charte raimonde de 1228, entre Louis IX et Raimond-le-Jeune , dernier comte de Toulouse, est signée de Robert, bouteiller ; de Rerthelon, chambrier ; et de Mathieu, le connétable e Or Robert le bouteiller était le comte de Dreux, prince du sang, et Mathieu le connétable était Mathieu de Montmorenci1.
' Ce fait et beaucoup d’autres prouvent que La Roque est dans l’erreur lorsqu'il assure dans son Traité de la Noblesse, chap. xix, que les rois rendirent héréditaires les grands officiers de la couronne en les attachant à des liefs territoriaux transmissibles aux héritiers. Ils en firent des fiefs , et 11c les attachèrent point à des fiefs territoriaux. 11 y a mieux : ou voit dans Du Tillet qu’ils attachèrent des terres à quelques uns de
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il est bon d’observer qu’au commencement de la t roisième race , tous les grands vassaux se créèrent des maisons semblables à celle du roi, parceque tout seigneur dominant était obligé, comme le roi, à donner des pairs pour juges à ses vassaux. Le sire de Joinville était grancl-sénèchal héréditaire du comte de Champagne, et le comte de Champagne était grand sénéchal du roi de France; et les offices de l’un et de l’autre leur étaient inféodés \ Les grands officiers étaient manifestement imposés au pouvoir.
Les fonctions et prérogatives politiques et judiciaires dont nous venons de parler n’empêchaient pas les fonctions domestiques propres à chaque office.
Le sénéchal, qui représentait le comte du palais de la première race, qui, sous Charlemagne, était l’économe de la maison, et s’appelait aussi præpositus regiæ mensœ , et quelquefois dapifer , retint ce dernier nom au commencement de la troisième. Dapifer signifie littéralement celai qui apporte à manger , qui le met sur la table : c’était en effet
ces tiefs incorporels, et que ces terres en étaient les dépendances.
1 La Roque, dans son Traité de la Noblesse, cite le sire de Joinville comme sénéchal du roi de France et comme faisant partie de la cour de France. C’est une erreur. On voit dans les mémoires de Joinville, qu’il refusa de prêter serment à Louis IX, parcequ’il était sénéchal du comte de Champagne, et par là son vassal lige.