DE LA. NOBLESSE DE FRANCE
corps compact de quarante mille individus solidaires envers la royauté : on convoqua des étatsgénéraux; on convoqua dans les assemblées baillagères tous les nobles, propriétaires ou non ; les lettres de convocation qualifièrent de gentilhomme tout individu qui serait né noble; on mit alors en principe que la noblesse ne reconnaissait ni premier ni dernier.
On n’a pas oublié comment , en 1 789 , la France prit et l’outrage de l’exclusif pour les emplois publics, et la convocation qui appelait le noble, indépendamment de toute propriété, à former une chambre des états. Ce fut contre ces privilégiés qu’éclata la révolution et que furent prononcées les premières abolitions; ce fut contre eux que l’emportement et la fureur populaires se signalèrent et que commença cette irruption de vengeance qui, dans son aveuglement, confondit avec la foule des nobles, des grands dignes de leur nom, dont le civisme s’était déclaré pour une réforme désirée par la nation '.
Quand l’insurrection eut déployé la force natiotale sur l’ordre de la noblesse, les membres émigrèrent. Chez l’étranger , ils contractèrent réellement un esprit de corps dans le malheur commun , par la soif d’une vengeance commune. C’est avec cet esprit qu’ils sont rentrés en France, où il ne
1 A leur tète la reconnaissance nationale doit placer le duc de La Rochefoucauld.
AFFILIATION DU CLFRGÉ.
sVst plus trouvé de privilège, et où l’élévation des hommes du commun état leur a imposé. Les conséquences ultérieures ne sont pas de mon sujet.
AUTRE EXTENSION DU NOUVEAU SYSTÈME DE MAISON ET DE COUR
LE CLERGE , AFFILIE A LA COUR PAR LA NOMINATION DES BENEFICES CONSISTORIAUX ATTRIBUEE AU ROI, s’eTEND PAR LA FORMATION DE MONASTERES, DE CONGREGATIONS ET DE CONFRERIES.
Nous avons dit, page 60, qu’on avait vu à la cour de François Ier jusqu’à vingt-deux cardinaux en même temps , et que les archevêques et les évêques n’en sortaient pas.
Depuis le concordat, le roi nommait seul aux bénéfices consistoriaux, c’est-à-dire pour lesquels des bulles de la cour de Rome étaient nécessaires. Le roi en donnait à toute espèce de gens, même à des femmes. Non seulement le haut clergé, mais aussi tout ce qui aspirait à en faire partie, était à la cour par reconnaissance ou par ambition. Cette habitude des prélats mettait dans la main du roi tous leurs subordonnés, comme elle les y mettait eux-mêmes. Tout le clergé, jusqu’aux vicaires de paroisses, devint comme la petite noblesse, une espèce d’appendice de la maison du roi.
Les successeurs de François I" ne s’en tinrent pas à dominer cette hiérarchie : ils l’étendirent par la multiplication des ordres religieux, par celle