AFFILIATION OU CLERGE
des couvons de chaque ordre. Ils ajoutèrent les congrégations aux ordres monastiques, les confréries aux congrégations. C’est surtout Henri III qui s’est signalé par cet accroissement du clergé. Il entra lui-même dans une confrérie de pénitens, et y fit entrer les principaux de sa cour.
Entre ces confréries, ne peut-on placer l’ordre du Saint-Esprit, quoique bien différent, dans ses apparences, d’une confrérie de pénitens? Cette institution fut le grand œuvre de Henri III. Le collier qui formait la décoration offrait aux regards les chiffres du roi, ceux de ses mignons et de ses maîtresses, entrelacés autour de la petite colombe qui représentait le Saint- Esprit : « alliance que plusieurs, dit Brantôme, trouvaient profane et indécente ; on s’en moquait à pleine gorge , à la cour même , parce qu’il se donnait à tort et à travers ; aussi bien aux poltrons qu’aux vaillants, et aux sots qu’aux habiles , pourvu qu’ils fussent favoris, ou favorisés des favoris, ou qu’ils eussent déterminé la bienveillance royale par quelque offrande: comme fit ce personnage qui , au lieu de faire les preuves requises , eut l’heureuse idée d’offrir au roi deux petits chiens turque ts, sachant que Sa Majesté s’était mise en veine d’aimer les petits chiens \ » Tout était bon, dans ce système d’attacher par la faveur, d’attacher pour attacher, de se faire et de s’attirer des créatures pour se faire sa lac-
1 Brantôme, des Cours, 82, sur M. Tananny.
MULTIPLICITÉ DFS EMPLOIS.
tion particulière contre la nation, sa société personnelle contre la société générale.
AUTRE EXTENSION DU NOUVEAU SYSTÈME DE MAISON ET DE COUR
L'EXCES DES CONTRIBUTIONS INDIRECTES ET LA MULTIPLICA¬ TION DES EMPLOIS PUBLICS.
Plus tard ce fut ce système qui bien plus que l’intérêt d’accroître les finances , intérêt pourtant si cher au cœur des princes désordonnés, a fait adopter et porter à l’excès les contributions indirectes, notamment les douanes, dont les formalités affligent et humilient encore plus les peuples que leur charge 11e les grève , parcequ’elle met les citoyens à la merci d’innombrables employés. Ces impôts ont aux yeux des rois absolus le mérite de mettre sur pied ces armées d’employés qui font naître dans les plus basses classes de la société la convoitise des places et briguer la faveur des favoris du quatrième ou du cinquième degré.
C’est le même esprit enfin qui a fait multiplier sans mesure les offices de tout genre, et affligé la France delà calamité du trop gouverner : calamité dont la politique 11e s’est point encore occupée, et dont il serait pourtant si nécessaire de sonder la profondeur, car elle est la cause et l’excuse du mal gouverner et du chèrement gouverner, et le prétexte plausible du gouvernement absolu.
l3o AFFILIATION DES FliMMES GALANTES
C’est encore an règne deHenri III que se rapporte le système de la multiplicité illimitée des offices. " Les Italiens lui persuadèrent, dit Mézerai , que la « multiplication des offices était un excellent moyen «d’avoir de l’argent sans violenter personne, et de «rendre la personne du roi plus absolue en remplissant toutes les villes de créatures qui fussent » à lui et qu’il tînt obligées par la crainte de perdre «leurs charges de lui aider à- fouler ses sujets »
AUTRE EXTENSION DU NOUVEAU SYSTÈME DE MAISON ET DE COUR
admission des femmes de toute condition a la cour