‹ Conséquences du Système de Cour établi sous François IerChapitre 5 sur 88 · OBJET DU MÉMOIRE · texte numérisé non relu

OBJET DU MÉMOIRE

ci’ historiques , les traditions et les institutions de François Ier et les développements successifs qu’elles reçurent elles-mêmes; je ne m’occuperai pas de montrer la génération des évènements par les causes morales et politiques , celle des causes morales et politiques par les évènements : cette tâche , au-dessus de mes forces , est réservée à quelqu’un de ces esprits jeunes et vigoureux qui n’attendent que la maturité.

Je me borne donc à établir ici deux propositions: la première, que de l’existence de la cour de François 1er datent les mœurs dont la France était infec-

tée avant la révolution ; la seconde, que de l’organisation de cette cour et de ces mœurs date un nouveau système de gouvernement dont la France n’a été délivrée que par cette même révolution : je parle du système de gouverner l’Etat par la cour, c’est-àdire les intérêts publics selon les intérêts de cour, par les gens de cour et leurs affiliés, par les mœurs de cour; par l’esprit de cour, par l’expansion de ces mœurs et de cet esprit jusque dans les dernières classes de la nation.

J’ai cru reconnaître , dans l’organisation de la cour de François Ier, non seulement une institution politique bien caractérisée, mais aussi le principe de plusieurs autres institutions qui ont eu lieu à la suite, et dont l’ensemble eut été assez fort pour assurer le pouvoir absolu, s’il n’était de la nature de ce pouvoir ou de s’abandonner à des favoris qui le trahissent, ou d’irriter la servitude par ses excès, et de la provoquer à sa délivrance, in.

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Je voudrais montrer la formation et la puissance de cette machine, ainsi que l’influence qu’elle a exercée sur le sort de la nation française. Y réussiraije? Je ne sais, mais j’espère du moins faire remarquer que l’histoire politique de la cour de France depuis François Ier n’est pas moins liée à celle du gouvernement de l’état qu’à celle des mœurs.

Je serai obligé, par la nouveauté de mes opinions, de les appuyer sur des preuves solides : pour cet effet, il sera nécessaire que je commence par tracer le système de cour et de maison qui existait en France lorsque François Ier est monté sur le trône. J’invite d’avance le lecteur à ne pas confondre trois choses très distinctes : la cour, la maison du roi, la maison et couronne de France.

Après avoir rempli la tâche que je me suis proposée, et montré de quels vices moraux et politiques le système de cour établi par François Ier a infecté la France, il me restera une obligation moins pénible : ce sera de faire connaître les exceptions que des circonstances heureuses ont marquées dans la corruption générale, et d’esquisser l’histoire de cette société d’élite, appelée si justement la bonne compagnie en France, et qui rachète si bien ce qu’avait d’ignoble le vulgaire de la cour et de la ville. Mon ouvrage comprendra donc deux parties : la première sera l’histoire des mœurs générales ; la seconde celle des mœurs de la société choisie.

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