DE LA FIN DES RÈGNES DE L. XIV ET L. XV
elle peut tout, et la seule horreur qu’elle en a conçue sera plus efficace que toutes les lois pour en arrêter le cours. Ils ne soutiendront pas sa disgrâce, ni le poids de son indignation, et quand elle voudra, ces vices honteux au nom chrétien cesseront d’outrager Dieu et de scandaliser les hommes. »
La Bruyère parle * «de jeunes gensde la cour, durs, féroces, sans mœurs, qui se trouvent affranchis de la passion des femmes dans un âge où l’on commence ailleurs à la sentir, et leur préfèrent des amours ridicules . »
Les Mémoires publiés sous le nom de la duchesse d’Orléans*, mère du régent, par un homme très versé dans les détails de la cour de ce temps-là, rapportent à ce sujet une anecdote fort remarquable :
« Louis XIV était , comme on dit ici , franc du collier; il n’a jamais eu le moindre penchant au vice contre nature. S’il avait suivi ses inclinations, il aurait sévèrement puni ce crime; mais Louvois, dont les amis s’y livraient pour la plupart, disait au roi, pour les sauver, que cela valait mieux pour le service de Sa Majesté, que s’ils aimaient les femmes; car, lorsqu’il fallait aller à la guerre et entrer en campagne , on ne pouvait les détacher de leurs maîtresses; qu’ils retournaient avant la fin de la campagne, et que, lorsqu’on en venait
• Chap. de la cour.
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