‹ Conséquences du Système de Cour établi sous François IerChapitre 71 sur 88 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Opiiiioa de Robertson.

Je ne suis pas le premier qui ai fait dater du règne de François I” une ère nouvelle pour îe gouvernement de la France comme pour ses mœurs. Robertson, dans sa belle Introduction à l’Histoire de Charles Quint *, a reconnu que ce règne faisait époque dans l’histoire de la constitution française. Je ne partage pas son sentiment sur les changements qu’elle y a opérés ; mais je me plais à faire remarquer qu’avant moi l’époque d’un changement a été observée par un illustre historien.

Notre dissentiment sur le fond sera facile à ex-

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DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS AVANT 1 789. 2g3

pliquer , et d’abord je demande s’il était bien facile à un écrivain anglais de démêler le véritable caractère d’une constitution française produite par une révolution de cour de deux cents ans antérieure à son ouvrage , et qui , en France même , n’avait été observée ni indiquée par personne?

Robertson commence par établir que « la constitution du royaume , qui était presque démocratique sous la première race, et qui était devenue aristocratique sous la seconde , finit par être une pure monarchie sous la troisième. » Il croit que depuis cette époque, on a cherché à écarter avec soin tout ce qui aurait tendu à conserver l’apparence ou à faire revivre le souvenir du gouvernement mixte des temps antérieurs. » Il remarque enfin que « François 1er imposa des taxes onéreuses sur ses sujets, et que cependant il n’assembla pas une seule fois les états-généraux du royaume, et qu'il ne fut jamais permis au peuple d’user du droit de se taxer lui-même. »

Jusque là nous sommes d’accord.

L’auteur continue ainsi : «Il restait cependant deux choses qui concoururent à tempérer l’autorité royale, et à la contenir dans des bornes assez fixes pour empêcher la constitution de France de dégénérer en despotisme.

» La première consistait dans les droits et privilèges réclamés par la noblesse. Ils doivent être regardés comme une barrière contre le pouvoir absolu de la couronne.

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