‹ Conséquences du Système de Cour établi sous François IerChapitre 76 sur 88 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Opinion de Montesquieu sur le principe d’action du gouvernement français dans le siècle passé.

Montesquieu distingue entre la nature ou la structure de ce gouvernement, et son principe vivifiant.

En parlant de la nature ou de la structure du gouvernement français, il s’exprime ainsi 1 :

« Les pouvoirs intermédiaires, subordonnés et dépendans, constituent la nature du gouvernement monarchique , où un seul gouverne par des lois fondamentales. Ces lois fondamentales supposent des canaux moyens par où coule la puissance , car s’il n’y a dans l’état que la volonté momentanée et capricieuse d’un seul, rien ne peut être fixe, et par conséquent aucune loi fondamentale.

» Le pouvoir intermédiaire subordonné le plus naturel est celui de la noblesse... Point de noblesse , point de monarque, mais on a un despote. # L’auteur assimile ensuite le pouvoir du clergé et les privilèges des villes à ceux de la noblesse.

Ici le lecteur se demande ce que l’auteur entend

’ Esprit des Lois , )iv. i , chap. 4-

502 du gouvernement français avant 1789.

par la fonction attribuée à la noblesse, en quoi elle est canal par où coule la puissance , en quoi ce canal forme un pouvoir intermédiaire , sans lequel le monarque ne serait point monarque, mais despote? S’agit-il d’un pouvoir d’opinion , d’une autorité mystérieuse , d’une espèce de magie qui agisse sur l’imagination du monarque et des peuples, ou d’une force vive , au moins d’une résistance entretenue, excitée à propos par un sentiment d’honneur dans la noblesse , et propre à contenir l’abus du pouvoir contre le peuple, à obtenir et à justifier la confiance du peuple? en un mot s’agit-il, dans ces paroles de Y Esprit des Lois , de ces prérogatives idéales que Robertson a considérées comme si puissantes?

Nullement. Montesquieu , je le répète , ne parle jusqu’ici que de la structure du gouvernement, et, si on peut le dire , du matériel de son organisation. Mais il ne fait pas attendre l’explication de ce que nous avons cité ; elle suit immédiatement et n’a rien de mystérieux. La voici :

« Il y a des gens qui avaient imaginé dans quelques états en Europe, d’abolir toutes les justices des seigneurs. Ils ne voyaient pas qu’ils voulaient faire ce que le parlement d’Angleterre a fait. Abolissez dans une monarchie les prérogatives des seigneurs, du clergé , de la noblesse et des villes, vous aurez bientôt un état populaire ou bien un état despotique.

0 Les tribunaux d’un grand état en Europe frap-

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