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Il est particulièrement intéressant d'examiner la situation de l'industrie de la pierre,en raison de son 1mportance en Belgique d’abord, ensuite parce qu'elle est une des rares industries à trouver sur place ses matières premières et qu'elle devrait ainsi échapper en partie aux conséquences de la stabilisation. On constate d’ailleurs unc activitétrès satisfaisante dans l’ensemble: cependant on relève de nombreux conilits de travail et les économies réalisées dans la réfection du réseau routier belge par suite de la situation budgétaire des dernières annés ont entraîné dans certaines exploitations la constitution des stocks importants. Signalons ici, bien que nous devions y revenir dans un autre chapitre, que l'exportation des marbres vers la France et les Etats-Unis est très active. — L'industrie cimentière a traversé depuis la stabilisation une période de grande prospérité. La demande a été abondante tant de l’intérieur que de l’étranger et les prix ont eu une tendance très nette à la hausse. 1
En ce qui concerne l’industrie du bâtiment, l’impression d'ensemble qui se dégage des renseignements reçus des diverses provinces est que cette branche a été très calme pendant la période envisagée. Cela tient vraisemblablement à ce que dans les régions dévastées les nombreuses reconstitutions opérées au lendemain de la guerre ont épuisé pour longtemps les possibilités de reconstructions. On a remarqué cependant que la construction d'habitations ouvrières était assez active ét que les industriels avaient élaboré à ce propos des
programmes étendus. Peut-être le désir d'utiliser des
— bénéfices occultes est-il pour quelque chose dans cette préoccupation.
L'industrie du verre dont la Kituation était depuis longtemps précaire n’a pas bénéficié d'une améliora- = tion sensible depuis le retourà des conditions monéaires normales. | La situation de l’industrie, une des plus importantes du royaume, n’a pas cessé de faire preuve depuis le début de l’année 1927 d’une indéniable prospérité, mais il convient de noter quelques difficultés locales et passagères. L'industrie cotonnière de Gand en parbiculier n'a pas cessé de souffrir de la concurrence fran- Gaise qui était très active. Cependant les tissages ont toujours travaillé à plein.
Les tissages de lin ont toujours fait preuve d’une Er. bonne activité, cependant, verslemilieu de 1927, la hausse des prix qui atteignit 50 pour cent entraîna une diminution des commandes. Le mouvement de l’industrie verviétoise de la laine a également marqué sur la fin de la période envisagée une tendance au ralentissement. Parmi les industries secondaires signalons seulement que la situation des huileries n’a cessé d'être «atisfaisante et qu’on a toujours enregistré une grande acti- EVA vité dans l’industrie des métaux non ferreux. La situathon des papeteries et des tanneries par contre devenait difficile. L'industrie allumetière et celle des diamants ont aussi subi une crise dont les causes sont d'ailleurs étrangères à la Stablisation. Tel n’est pas le cas de d'industrie chocolatière, victime du resserrement de
la consommation et del’élévation desimpôts quisont deux
LLAGS NES
conséquences directes dela réforme monétaire. Ces conséquences auraient, 1l est vrai, eu des répercussions | beaucoup plus redoutables sile taux de la stabilisation adopté avait été plus rapproché dela parité d’or d’avant-guerre. 51 on avait par exemple fait descendre la livre anglaise à 100 fr. belges aulieu de 175, la crise commerciale aurait été plus grave et partant la sousconsommation d’une partie de la population ‘plus grande. D'autre part, le fardeau de la dette publique
aurait été plus lourd.
Quoiqu'il en soitilfaut dégager des conclusions de cette rapide revue. 11 semble qu'on puisse les résumer ainsi : |
19 Du fait de la stabilisation, l’industrie nationale n’a subi aucun contre-coup brutal. La réadaptation aux conditions monétaires normales, partant aux conditions normales de concurrence s’esteffectuée Sans incident. Cela n’est pasà dire que la crise a été évitée, ni les difficultés aplanies. On constate au contraire, qu’à mesure que le temps passe, le marasme des affaires s'aggrave et s’amplifie. | £
29 Dans les industries lourdes, livrant des produits non finis, qui ne sont pas destinés directement au petit consommateur, la stabilisation n’a eu en apparence et au début qu'uneinfluence infime. L'industrie charbonnière exploitant dans des conditions défavorables et
ne vivant que presque des malheurs des industries con-
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currentes étrangères doit évidemment être rise à part.
3° Dans les petites industries possédant des appuis financiers modestes, s'adressant directement au consommateur, la stabilisation a immédiatement provoqué un marasme grave qui va en s'aggravant. |
49 La différence ci-dessus indiquée entre les réactions de la réforme monétaire sur la grande et sur la petite industrie est d’ailleurs destinée à disparaître. La stabilisation dans les deux cas agit d’une façon identique mais avec une vitesse plus ou moins grande. Les industries lourdes ont pu continuer à soutenir plus longtemps leur rythme accéléré de production. Maïs il est probable que leurs bénéfices ont diminué comparativement à 1926. I] sera d’ailleurs difficile d’avoir sur ce point une certitude, les sociétés devant vraisemblablement s’arranger pour répartir sur les années à venir les bénéfices ou les pertes qu’elles avaient dissimulés pendant la période de dépréciation monétaire. De toute facon l’organisation financière puissante des grosses entreprises leur permet de traverser des difficultés monétaires et de travailler temporairement à perte. D'autre part, les effets de la sous-consommation de la population leur parviennent tardivement et affaiblis par toute une série d’intermédiaires.
Les causes que nous venons d’énumérer expliquent que les grandes industries aient pu retarder et dans une certaine mesure atténuer la crise. Mais elles ne laissent pas prévoir que cette crise puisse être évitée.
Il est par contre deux raisons qui permettent d'envi-
sager avec optimisme l'avenir lointain de la grande industrie belge. Celle-ci d’abord fait vivre une population ouvrière nombreuse groupée dans des syndicats puissants. Que ces derniers aient au temps de la baisse du franc belge poussé à la hausse des salaires, cela n’est pas douteux ! Mais on peut espérer du sens politique des chefs qui les dirigent, que les revendications nouvelles seront contenues dans les limites dictées par l'opportunité et par la considération de circonstances économiques peu favorables. D'autre part. les syndicats constituent un moyen puissant d'agir sur les pouvoirs publics pour obtenir d’eux des dégrèvements fiscaux ou des avantages douaniers qui évitent à la population ouvrière le chômage ou la régression des salaires. Les petites industries sont à ce point de vue placées dans des conditions moins avantageuses. a
Une autre raison spéciale à la ‘Belgique est la concentration qui réunit la plupart des grandes industries sous l'égide de quelques puissants organismes bancaires ‘possédant généralement des ramifications à l’étranger et principalement dans les pays neufs en voie de grand développement économiquet. L'e cette facon les industries belges sont assurées de trouver des débouchés malgré des concurrences étrangères redoutables. Il y a là un aspect très intéressant de la structure de l’économie belge sur lequel il n’est pas possible d'insister ici.
Un dernier point très important à noter est le dé-
veloppement en Belgique à la faveur des événements
1. Ces organismes ont particulièrement bénéficié de l'afflux des capitaux étrangers qu'ils ont drainés sur le marché de Bruxelles et investis, le plus souvent à l'étranger, dans des entreprises placées sous leur contrôle,
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monétaires et de l'élévation des tarifs douaniers d’industries similaires aux industries françaises. Souvent ces industries sont des succursales de sociétés françaises qui cherchent parce moyen à éviter le handicap du décalage niveau des changes et des droits d'importation, à profiter aussi du nivau des salaires dans le royaume
que dans notre pays. Ainsi se,crée en Belgique toute
une production, concurrente de la nôtre, etmieux placée qu'elle pour lutter non seulement sur le marché belge mais sur les marchés du Nord de l’Europe. À côté des industries similaires il y alesindustriesderemplacement. L'exemple le plusfrappant est le développement des fabriques de vins mousseux, de vins de fruits qui sup-
. plantent les produits de nos vignobles. C’est là peutêtre l’effet le plus lourd de conséquences de la dissociation dufranc belge et du franc français. C’est également. à la fois, la conséquence et la cause de la poussée du protectionnisme douanier qui caractérise l’évolution dela politique commerciale belge, ces dernières
années.