‹ Conséquences Économiques de la Stabilisation Belge (1re Année)Chapitre 26 sur 38 · LL SON · texte numérisé non relu

LL SON

On constate d'ailleurs que le volume des transactions s’est relativement peu modifié. Les importations, après avoir oscillé de juillet à septembre entre 2? millions 700.000 tonnes et 2.800.000 tonnes ont dépassé ces chiffres pour les deux mois suivants. Elles étaient donc en augmentation alors que le volume des exportations. s'il na marqué aucun mouvement bien net, semblait indiquer une tendance vers la baisse pendant le mois de novembre qui a suivi la stabilisation.

Ce n’est donc pas dans les variations de volume qu'il faut trouver une explication au renversement de la balance commerciale. Les variations intervenues pourraient tout au contraire de l’établir, aggraver le déséquilibre préexistant.

L’explication est ailleurs. Pendant le premier trimestre de l’année, époque durant laquelle les changes furent, sauf pour les quinze derniers jours, relativement stables, la valeur moyenne du kilogramme importé était de 56 centimes et celle du kilogramme exporté de 72 centimes. Le déficit de la balance était de 26,1 %. Au cours du second trimestre la « tempête cambiste » se répercuta dans les prix. Les valeurs d’importations sensibles aux variations de la devise haussèrent d’emblée. Le taux moyen atteignit 69 centimes. En revanche, les valeurs moyennes d'exportation plus inertes, contenues aussi par les mesures prises contre la vie

chère, se maintinrent à 72 centimes. En conséquence,

Je déficit passe à 34, 2 % du chiffre des importations.

Au troisième trimestre, tandis que la valeur mojenne

des importations se maintient à son niveau antérieur

en raison de la fermeté du franc belge. celle des exportations incorpore en quelque sorte la déprécialion encourue par la devise et monte à 86 centimes, en sorte que le déficit de la balance tombe à 6,3%. Le mouve-. ment se poursuit au cours du quatrième trimestre et entraîne le renversement de la balance.

Il n'est pas inutile d’avoir jeté ce coup d’eil en arrière qui permet de mieux «enchaïîner » les conséquences des événements monétaires sur les mouvements du commerce extérieur. Voici maintenant les chiffres globaux que fournit l'Administration belge. Nous allons examiner les résultats de l’année dans leur ensemble avant de procéder à une analyse plus détaillée par

catégories de produits el par pays.

Importations Exportations °/0 des Mois Tonnages Valeurs Tonnages Valeurs Pr {mille fr. belges) (mille fr. belyes) é 1927 . Import.

Janvier .. 3.097.934 2.098.235 1.604883 1.589.851 717 Février 3.144.472 2.198.262 1.705.932 1.761.121 80,12 Mars 3.323.751 2.739.839 2.080.807 2.558.236 93,37 Avril 3.007.163 2.468.731 2.067.009 2.106 453 85,33 Mat Éerre 3.158.922 2.443.635 2.102.055 2.009.234 82,22 UN ER 3.924.016 2.525:544 92.069.049 2.107.540 >: . 83,45 Juillet-..: 3.166.072 2:301.:218 2.083.804 2.210.233 96,05 Août... 03.103704 932478212160 790489 260.952 700797 Septembre 3.237.676 2.442.699 2.063.521 2.281.519 93 Octobre .. 3.135.721 2.524.265 2.066.580 2.414.192 96

Si l’on songe que le pourcentage des exportations aux importations s'établissait en 1913 aux alentours de 73, qu'il était de 67 en 1922, 73.6 en 1923, 79,2 en 1924, 82.8 en 1925, 848 en 1926, on ne peut que s’étonner du résultat qui. contrairement " l'expérience des autres nations comme auxdonnées de l’économie politique fait apparaître une balance plus favorable après la

stabilisation que pendant les années d'inflation.

Date er

= Il convient de faire immédiatement quelques ré-

marques : les résultats pour octobre et novembre 1926 sont exceptionnels. Les pourcentages de 107 et 103

s’apphquent à des transactions effectuées plusieurs

mois auparavant : c’est vraiment ici la conséquence

- du brusque mouvement des changes en juillet et août

1926 qui a créé dans ce cas une réelle prime à l’exportation.

En décembre, janvier, et février 1927 commencent à se manifester les véritables effets de la stabilisation. Les achats massifs de l'étranger qu'avaient déterminé le décalage des changes et la grève anglaise ont pris fin. On peut craindre fin février que le déficit de la balance commerciale ne s’accentue en raison de la hausse des prix intérieurs, de l’élévation consécutive du niveau des salaires qui placent les exportateurs dans une situation difficile. Cependant il faut noter que les’ mois de décembre et de janvier sont chaque année

anormaux : le premier est toujours enflé aux dépens

du second. Après avoir dissipé ces stocks en octobre

et novembre, la Belgique les reconstitue pendant décembre ce qui explique que les importations montent brusquement de 1.900 millions à 2.350 millions. Les exportations font un bond analogue, puis descendent de 2.275 millions en décembre à 1 600 millions en janvier pour les raisons précédemment indiquées. Le mois de mars marque une reprise vigoureuse du commerce extérieur belge. Le pourcentage des exportations aux importations passé de 80 à 93. Les unes

et les autres sont en progrès sur les chiffres du mois

Longeaux ( 6

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