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« Un grand pays disposant d’un vaste marché na-
tional peut prendre en matière monétaire. moins de
précautions qu’un pays dont le territoire et le marché intérieur sont limités.
« La Belgique vit d'exportation et est en rapports
constants avec l'étranger. Chez elle, une réforme mo-
nétaire importante ne pouvait se faire avec sécurité
que si toutes les circonstances extérieures étaient fa-
vorables ». ; |
Au jugement de M. Franck, la Belgique ne pouvait donc sans témérité courir les risques inhérents à une longue période de revalorisation; son industrie et son
commerce ne pouvaient supporter sans être menacés
dans leur vitalité même l'instabilité des changes et
les incertitudes dont s'accompagne nécessairement toute tentative de restituer à l’étalon monétaire une part progressivement accrue de son pouvoir d'achat. Aussi était-il nécessaire de saisir les premières circonstances favorables pour rentrer définitivement dans le concert des nations qui asseoient leur monnaie sur la base inébranlable de l'or. k |
. La situation de la Belgique à cet égard, et il importe d’insister sur ce point, était bien différente de celle d’un erand pays comme la France dont le commerce extérieur ne constitue qu'une faible part de l’activité économique.
La Belgique, comme le rappelle M. Franck, vit d’exportation, elle entretient des rapports constants et intimes avec l'étranger. Le fait est trop connu pour
qu'il soit nécessaire d'introduire de longs développe-
re
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ments. Rappelons cependant que le déficit en denrées
alimentaires de toute espèce s'établit à 30 % environ en valeur, alors qu’il n’atteint pas 10 % dans la France d’après-guerre. L'industrie belge d’autre part est essentiellement une industrie de transformation. Elle achète à l’étranger la plus grande partie de ses matières premuères, sauf le charbon, et exporte les produits finis. En 1913, alors que le commerce total de la France atteignait 19 milliards de francs, soit environ 190 francs par habitant, celui de la Belgique s'élevait à 8. 700 milhons, soit 1170 francs par tête.
La Belgique comme l'Angleterre, par exemple, quoiqu’à un moindre degré, ne peut subsister sans entretenir un courant d'échanges actif. Aussi pourrait-on s'étonner qu'elle ait adopté, en ce qui concerne sa politique monétaire, une ligne de conduite qui semble au premier abord opposée. L'Augleterre, avec une énergie, une hâte que d’aucuns ont jugé intempestive, a fait remonter son étalon monétaire au pair. La Belgique a, par contre, adopté une solution de paresse, et stabi-
lisé presque au premier palier acquis. Cette opposi-
tion n’est qu'apparente et les deux pays ont montré
pour des raisons identiques un désir égal de rentrer le plus rapidement possible dans le concert des Etats à monnaie d'or. Mais en Angleterre, la livre était dépréciée dans une mesure relativement faible, son retour au pair ne pouvait être mis en doute et n'était qu'une question de temps : cette question a été résolue de la facon la plus rapide. La situation financière de la Bel-
gique ne permettait guère d'envisager le retour du franc