AMOR
à sa parité d’avant-guerre. Aussi a-t-elle fait le sacrifice du taux de’stabilisation alors que l'Angleterre avait fait le sacrifice de la période de revalorisation.
Il n’est pas étonnant que la Belgique, ayant dû faire face à un problème bien différent de celui qui se posait en France, ait adopté une. solution autre que celle qui a prévalu dans notre pays. Il est profondément injuste de comparer les deux réformes sans tenir compte des conditions où elles se sont opérées et de tirer argument de la réussite de l’une ou de Pautre pour en conclure
soit que la Belgique pouvait stabiliser à un taux su-
périeur, soit que la France se fût épargné des difficul-
tés économiques en poussant moins loin la revalorisation de son étalon monétaire.
Dissemblables par l'étendue de leur marché intérieur, par. les ressources de leur sol, par les formes de leur activité industrielle et commerciale, la Belgique et la France se distinguent également par leur armature sociale. La classe des rentiers, des débiteurs de lPEtat si nombreux et si intéressants-à tous points de vue dans notre pays est presque inexistante en Belgique où les valeurs du Trésor sont réparties entre une multitude de capitalistes appartenant à toutes les classes de la société et n'entrent généralement que pour une faible
part dans la composition de chaque portefeuille. Tan-
dis que le modeste épargnant français achète de pré-
férence des fonds d'Etat, son voisin belge recherche davantage des valeurs industrielles, fussent-elles de nature. spéculative. En consacrant d’une manière définitive la dépréciation du franc à un taux relati-