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vement bas, le législateur belge n’était donc pas retenu par les scrupules si honorables qui sans aucun doute ont déterminé les hommes d'Etat trançais à pousser
aussi loin que possible le redressement de l’étalon mo-
nétaire afin de sauvegarder dans une certaine mesure
les intérêts d’une des classes les plus méritantes de la nation.
À ces considérations d'ordre économique et d’ordre
social s’ajoutait, il faut bien le dire, chez les dirigeants
un souci indéniable : celui de séparer le sort du franc
belge du sort du franc français. Les milieux financiers
considéraient le redressement financier de la France avec sympathie certes, mais ils conservaient sur son
succès un scepticisme manifeste auquel les événements
ont infligé un cruel démenti. De là une tendance à bien marquer l'autonomie des finances belges. Avant de les blâmer d’avoir cru devoir adopter cette politique prudente et d’avoir par un excès de précaution négligé les chances que conservait la Belgique de stabiliser sa monnaie à un taux plus rapproché du pair, il convient d'examiner quelle a été l’influence des circonstances extérieures qui ont coïncidé avec la réforme monétaire et contribué à son succès, N’eussent été ces circonstances, impossibles à prévoir, peut-être la stabilisation n’aurait-elle pas connu son brillant suecès et aurait-elle entraîné dans la vie industrielle et commerciale des troubles assez graves pour que le cours de 175
francs belges la livre parût exagérément ambitieux.
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Circonstances qui ont coïncidé avec la stabilisation belge. :
Il est impossible d'apprécier avec quelque exacti- 4 tude les conséquences économiques de la stabilisation belge sans déterminer préalablement l'influence pro-
fonde qu'ont exercé sur l’activité industrielle et commer-
ciale du pays les deux grands événements qui ont mar- :qué la vie des deux nations avec lesquelles la Belgique entretient les trafics les plus intenses, la France et la Grande-Bretagne. | C0 Le Grande-Bretagne entre dans le commerce exté-. rieur total de la Belgique pour une proportion de 11,6 en ce qui concerne les importations, et de 19.6 en ce qui concerne les exportations. Ceci pour 1926. En 1925 les proportions étaient Do de 12,5:eb'de 13:
Ainsi, l’ordre économique des deux nations a-t-1l su- De bi d’une année à l’autre une perturbation Yralsembles ê blement momentanée mais très importante au profit de la Belgique et cela malgré l'influence désastreusé qu'au \ rait dû exercer à la fin de l’année sur le commerce d’ex- | portation belge la stabilisation monétaire. Cette ano- : malie apparente est la conséquence de la grève anglaise. “id Quelques chiffres fixeront les idées sur l'influence de cette grève sur le commerce belge : l'exportation totale des houilles crues est passée de ? millions 550 mille tonnes à 3 millions 775. 000 tonnes soit une augmentation du 40 % : les exportations vers la Grande. Bretagne sont passées de 3. 501 tonnes à 560. 06? ton-
nes, soit une augmentation de 600 -%,. L'exportation
Le ÈS
— des briquettes est passée de 90 à 19.232 tonnes. La carence forcée de la Grande-Bretagne a également permis à la Belgique d'envoyer de plus fortes quantités de fers et d’aciers vers certains débouchés tels que la Chine, le Japon, le Brésil et les Indes. Vers la Chine par exemple les exportations de fers étirés ou laminés ont passé de 41.153 à 81. 131 tonnes et celles de tôle de 12.054 à 16.072. Vers le Japon, les exportations de fer étiré ou laminé ont augmenté de 60.309 à 114.790 tonnes, celles de rails de 10.098 à 21. 998 tonnes et celles de tôles de 5.037 à 18.744 tonnes. Enfin vers les Indes les envois de fers étirés ou laminés ont passé d’une année à l’autre de 61.989 à 115. 319.
Ces chiffres sont caractéristiques des répercussions profondes que la grève anglaise a exercées sur l’écono- . mie belge et de la ventilation qu'il est nécessaire d’opérer pour distinguer l'effet propre de la stabilisation monétaire. Il est également indispensable de faire entrer en ligne de compte les liens de nature psychologique et de nature économique qui relient les systèmes monétaires de la France et de la Belgique, et qui exposent principalement cette dernière à subir les répercussions des vicissitudes financières qu'éprouve son puissant voisin. En fait, de même que la baisse du change français a coïncidé avec l’échec du plan Janssen et y a dans une certaine mesure contribué, de même le redressement de nos finances depuis l'été 1926 a singulièrement facilité la stabilisation belge. Liens de nature psychologique d’abord, avons-nous
dit, entre les systèmes monétaires des deux Etats. Les
spl
étalons monétaires ont /le même nom, représentaient le même poids d'or. [l en résulte certainement une certainé confusion entre leurs deux cotations. Il est inutile. de s'étendre longuement sur un Den d'ordre psychologique bien connu. Les auteurs de Ja stabilisation belge n ‘ont pas mésestimé la portée de ce lien. La meilleure preuve en est l'institution du belga dont la véritable raison d’être, il ne faut pas le dissimuler est incontestablement de donner au système monétaire, belge une autonomie qu'il n'avait, pas complètement jusqu'alors. Aussi ne doit-on pas s'étonner que la tenue du franc français ayant dissipé les craintes qu’é- prouvaient les hommes d'Etat belges sur le succès de notre redressement financier, le rôle du belga soit resté très limité alors que cet étalon était vraisemblablemient destiné à remplacer le franc dans la circulation monétaire au cas où la devise française se serait dépréciée. Liens de nature économique aussi. La France est le principal fournisseur de la Belgique et son meilleur chent après l'Angleterre. En 1926, les produits fran- Gais entraient pour 21, 3 % dans le chiffre des importations totales de la Belgique et la France absorbait 14,5 % des exportations belges. On voit donc l'importance des relations qu’entretiennent lés deux pays et l’on en peut déduire les répercussions que peuvent entrainer sur la balance du commerce des deux Etats. les orages cambistes qu'ils subissent l’un ou l’autre. Si une dépréciation continue de l’étalon monétaire en France avait facilité les exportations de ce pays
vers la Belgique, il aurait pu en résulter pour la balance
commerciale une cause de déséquilibre qui a été évitée puisque les deux nations ont procédé à peu près concur-" remment à leur assainissement financier. Il convient par contre de noter que le relèvement du franc français et le rétablissement de la confiance dans l’avenir de notre pays ont peut-être eu pour effet de priver la Belgique des capitaux qui seraient naturellement venus chez elle soit pour y retrouver un refuge, soit pour s’y investir dans un de ces placements avantageux, faciles à trouver dans un pays qui procède à sa restauration monétaire et où les cours de certaines valeurs industrielles ou de certaines catégories de biens immeubles ne se sont pas encore adaptés aux conditions nouvelles. |
Quoiqu'il en soit il ect nécessaire de retenir que la grève anglaise d’une pait, le relèvement du franc français d'autre part ont été pour la stabilisetion belge de précieux adjuvants et qu’ils ont puissamment contribué à maintenir la balance commerciale, et par suite la balance des comptes, dans un état d'équilibre suffisamment approché. Ces deux événements sont pour une grande part cause du succès de la stabilisation belge dont nous allons maintenant examiner en détail les conséquences économiques au cours des douze premiers mois. Laissant de côté le mécanisme spécial de cette stabilisation qui n’entre pas dans le sujet de cette étude, nous examinerons successivement en trois parties différentes les conséquences d'ordre financier, industriel et commercial, social. Sans doute cette division sera-t-elle
arbitraire. Cependant elle permet de passer en revue
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