‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 117 sur 183 · LIVRE V, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE II

faces dans ce travail. L'électricité, nous dira-t-on, est-elle donc autre chose, qu'un mouvement vibratoire des atomes des corps appelés conducteurs? Est-elle autre chose, au cas particulier, qu'un mouvement vibratoire de la matière même des nerfs?

Chose inouïe! ce n'est pas, comme on devrait s'y attendre, l'école matérialiste seule qui nous fait cette réponse , mais un grand nombre de penseurs qui se croient sincèrement spiritualistes la font aussi, et ne s'aperçoivent point que si elle était fondée, ce serait le coup mortel du spiritualisme.

Acceptons, en effet, une dernière fois, dans sa plénitude, l'hypothèse des vibrations de la matière, comme s'eule interprétation correcte des phénomènes de chaleur, de lumière,

d'électricité ; de la matière des nerfs , par conséquent,

chez les êtres organisés , lorsqu'il s'agit de ce qui circule dans les nerfs.

Dans cette hypothèse, lorsqu'un de nos membres exécute un travail mécanique externe, lorsqu'il soulève un fardeau par exemple, le mouvement est produit uniquement par les vibrations des nerfs, qui vont se communiquer aux muscles pour y excitçr une contraction, dont la conséquence externe est le mouvement ascensionnel du poids que nous soulevons. Il s'ensuit que la force vive que représentent à chaque instant les vibrations de la matière représente ici intégralement le travail externe produit, qui n'est autre chose qu'une transformation d'un mouvement vibratoire en un mouvement transitoire.

Une première conséquence évidente de cette hypothèse, c'est que le travail exécuté par nos membres est, dans le cerveau, exécuté au préalable par l'âme elle-même, qui est censée tirer du repos les atomes de la matière nerveuse pour les faire vibrer.

Je dis maintenant que cette hypothèse a une seconde conséquence capitale, mais impossible et absurde. Mes expé-

rien ces sur la chaleur humaine ont prouvé que quand nous exécutons un travail, il disparaît en nous une quantité de chaleur proportionnée. En ce sens on pourrait donc dire que l'âme ne produit pas un travail avec rien , puisque ce travail coule du calorique. Mais les expériences de Béclard ont montré que la disparition de la chaleur a lieu dans les muscles eux-mêmes : c'est donc là que cesse, que disparaît, sous forme de chaleur, le prétendu mouvement nerveux produit et envoyé par le cerveau. Le travail primitif et proprement dit, la somme de vibrations moléculaires qui représentent le travail externe, serait toujours, à son origine, produit par l'âme sans aucune dépense corrélative.

On arrive donc, dans cette hypothèse, à cette conclusion forcée et absurde : ou l'âme a le pouvoir de produire un travail mécanique avec rien, ou elle n'est elle-même qu'un ensemble de mouvements vibratoires des atomes du cerveau.

Ainsi, la seconde conséquence, contraire à la première proposition de la thermodynamique , et d'ailleurs aux faits les plus élémentaires, frappe d'absurdité l'hypothèse elle-même d'où elle dérive.

D'où il découle de la manière la plus incontestable que c'est par l'intermédiaire d'un élément transcendant du monde inanimé que I'élément animique, se manifestant comme puissance de volonté, met en mouvement les membres des êtres vivants supérieurs. L'âme n'exécute aucun travail mécanique ; elle élève l'énergie d'une force en un point de l'organisme, et l'abaisse d'une quantité égale en un autre point. Ceci n'est plus qu'un acte. Et de cet acte naît ce que nous avons appelé

le MOUVEMENT DYNAMIQUE de I'ÉLÉMENT INTERMÉDIAIRE, qui

alors se manifeste comme force , et exécute le travail mécanique externe. Il est facile d'étendre la même démonstration aux mouvements involontaires, et bientôt nous retendrons beaucoup plus loin encore.

Cette démonstration, presque mathématique, a une portée

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