‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 118 sur 183 · LIVRE V, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE II

immense , qui ne saurait échapper aux esprits les moins disposés à scruter.

Dans ces derniers temps, les efforts des penseurs ont tendu à prouver que la force n'est qu'un mouvement delà matière; en d'autres termes, qu'il n'existe pas de force, et que, par une puissance mystérieuse et incompréhensible dérivant de la volonté de Dieu, l'âme seule, quoique immatérielle, a prise sur la matière. Nous voyons maintenant que, tout à rencontre de cette assertion erronnée , et inconcevable dans la bouche des spiritualistes surtout, I'élément dynamique seul a prise sur la matière , tandis que I'élément vital ou animique n'a prise que sur la force elle-même, sur I'élément dynamique. Nous voyons qu'un physicien; qu'un chimiste, sans sortir des phénomènes de leur laboratoire, sans s'occuper de la vie, sont forcément, et souvent à leur insu , matérialistes absolus, s'ils adoptent l'hypothèse grandiose qui attribue aux seules vibrations de la matière tout l'ensemble des phénomènes dynamiques.

Encore une fois donc, et sous une forme péremptoire, nous voyons que l'élément animique n'est point une force perfectionnée, puisqu'il est dépourvu de l'attribut essentiel de la force.

L'élément animique est un principe transcendant spécifique, donnant à l'être vivant tout l'ensemble des attributs par lesquels il diffère des corps inanimés.

Ainsi tombe le dernier étai du panthéisme , ainsi s'écroule pour ainsi dire sur elle-même cette vaste et belle doctrine, que, je le répète pour la centième fois, des esprits tout à fait superficiels peuvent seuls confondre, en une même et vaine malédiction , avec le matérialisme.

Poursuivons hardiment l'étude de cet élément supérieur, dont une méthode d'analyse inébranlable nous a permis de constater l'existence nécessaire; et pour saisir ses propriétés dans leur plénitude, dans leur diversité, dans leur ensemble,

ne craignons plus maintenant de nous occuper surtout de Têtre privilégié de la création : de l'homme. Nous redescendrons facilement.

L'élément animique , dans son trajet à travers le monde physique, a deux ordres de fonctions à remplir : les unes comprennent la construction et l'entretien de l'organisme ; les autres concernent l'usage que fait l'être vivant de cet organisme dans un but tracé. Les premiers s'accomplissent moyennant ses propriétés physiques , c'est-à-dire par celles qui le mettent en rapports nécessaires avec I'élément dynamique et I'élément matière , qui en font réellement un troisième genre d'élément universel ; les secondes dérivent de ce qu'on peut appeler, à défaut d'autres termes, de ses propriétés psychiques, c'est-à-dire de celles qui le différencient radicalement des éléments du monde physique.

C'est sur une opposition purement apparente de ces propriétés que repose, à dire vrai, la scission qu'on a voulu, établir entre le principe vital adjugé généreusement à tous les êtres vivants, et le principe animique adjugé parcimonieusement à l'homme, encore parfois à certaines castes privilégiées d'hommes seulement. L'opposition apparente dérive de ce qu'on a toujours étudié ces propriétés les unes à l'exclusion des autres. On a ainsi énormément exagéré leurs différences, et pour étudier des phénomènes que le simple sens commun devrait pourtant nous empêcher de disjoindre, on en est arrivé à créer deux sciences , qui semblent même n'avoir rien de commun.

Le corps de l'être vivant, homme ou plante, — il n'y a en ce sens qu'une différence de degré, — n'est pas seulement un mécanisme merveilleux où le bul d'ensemble qu'accomplit l'être et le but de tous les détails qui forment l'organisme de cet être , sont toujours atteints par les procédés les plus simples; c'est de pjus, et dans la plus haute acception du terme, une œuvre d'art admirable, dont la forme est en harmonie par-

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