‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 13 sur 183 · LIVRE I, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I

Le corps dépend , à ce titre, non seulement de la terre, considérée comme totalité , mais de tous les corps de notre système solaire, qui, à leur tour, tendent les uns vers les autres, et dont aucun ne peut être considéré comme libre et indépendant dans l'espace.

Mais le vide absolu ne peut établir aucun rapport entre

deux corps qu'il séparerait. Le seul énoncé du mot pesanteur

suppose nécessairement, entre les deux corps qui pèsent l'un

•ver-s l'autre, quelque chose qui occupe l'espace et qui est la

cavis^ de cette tendance : peu nous importe pour le moment

'a *i silure de cet intermédiaire.

S*° Un corps quelconque se trouve h ce que nommons une certaine température. L'élude la plus élémentaire de la phys,cIvi«* nous apprend que cette température dépend, entre natres, de celle de tous les corps ambiants; qu'il y a un

* **^*ige continu de chaleur entre lui et eux. À ce titre, le

* ^1*5 aussi dépend de ceux qui l'entourent, et il se trouve ^^ Rapport avec eux par l'intermédiaire de la chaleur : peu

\ttvporte la nature de celle-ci.

Nous pourrions pousser beaucoup plus loin cette analyse, entrer dans des détails bien plus intimes , et toujours nous arriverions à cette conclusion finale : c'est que tous les corps, qu'il s'agisse d'un grain de sable ou de l'un des globes du firmament, sont sans cesse dans un état de rapporta des plus variés; qu'ils dépendent ainsi tous les uns des autres; que ces rapports et cette dépendance sont établis d'une façon ou d'une autre par des intermédiaires spéciaux, et qu'en définitive, ce que nous appelons les propriétés des corps ne sont autre chose que la manière dont eux et leurs parties les plus intimes se comportent à l'égard de cet intermédiaire : elles relèvent d'une réciprocité d'action en quelque sorte symétrique de part et d'autre.

Considérons d'une manière plus attentive encore le corps que nous avons choisi , et occupons-nous de l'apparence de

totalité simple qu'il affecte. Nous supposerons de suite , et pour éviter tout malentendu , qu'il s'agit d'un de ces corps que la chimie est parvenue à ramener à l'expression la plus simple possible, et qui figure dans nos catalogues scientifiques comme élément chimique.

Nous disons que ce corps est pesant : déjà nous venons de voir que cette prétendue propriété relève de la présence d'un autre corps situé à dislance, et implique par conséquent l'existence d'un intermédiaire quelconque, qui, à l'insu le plus absolu de nos sens, établit le rapport que nous appelons attraction. Mais ce qui, de fait, constitue le poids total du corps, c'est la somme des poids partiels de toutes les parties qui le forment, si petites qu'elles puissent être : car ce corps est en effet divisible, et nous reconnaissons aisément que chaque division pèse pour son propre compte, et comme si elle était indépendante de toutes les autres. Chaque partie du corps tend vers chaque partie du globe terrestre, et de même chaque grain de poussière de la terre tend vers le corps : c'est la somme de toutes ces tendances que nous mesurons.

Quel que soit donc l'intermédiaire qui établit le rapport d'attraction entre deux parties quelconques de deux corps , il est évident que cet intermédiaire traverse toutes les autres parties comme si elles n'existaient pas.

Nous savons que tout corps est divisible , mais qu'il résiste plus ou moins à cette division (j'ai montré dans mon tExposition de la théorie mécanique de la chaleur » qu'un gaz luimême a une cohésion). Avant de se séparer, définitivement sous l'action d'un effort externe, les parties d'un corps changent de positions relatives , et elles reviennent à leur position initiale, si l'effort cesse et s'il n'a pas été trop considérable. Nous savons d'ailleurs aussi que le volume apparent d'un corps crpît par l'action de la chaleur; qu'il peut être réduit ou augmenté par l'action d'un effort externe s'exerçant sur toute sa périphérie à la fois. Toutes les parties d'un corps, si petites qu'elles

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