‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 142 sur 183 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De l'être vivant considéré dans ses rapports avec les autres êtres vivants. — Existe-rt-il plusieurs espèces d'éléments animiques?

Nous venons de reconnaître qu'il n'y a pas un seul phénomène d'organisation proprement dite qui puisse sainement s'expliquer par la seule action des forces du monde inanimé, et sans l'intervention d'une puissance directrice supérieure , d'une nature totalement distincte. Nous avons de plus reconnu qu'il n'est pas possible, au point de vue d'une saine logique, de distinguer cette puissance de celle qui fait de tout être vivant autre chose qu'un simple mécanisme, et qui le fait apparaître comme une activité spéciale douée de spontanéité et appelée 4 un ensemble de fonctions eans aucune analogue dans le monde inanimé. Fonctions qui» s'agit- il même d'une humble plante, ne peuvent être caractérisées que par l'épithète : psychiques , animiques. Tandis que le propre de l'atome matériel c'est d'occuper un espace défini et limité; tandis que l'attribut de la force c'est d'être diffuse à l'infini dans l'espace, le caractère typique de l'élément animique c'est de constituer une unité indivise , une activité transcendante, qui, quoique temporairement localisée, est incompatible avec toute idée d'espace défini , et de forme.

Pas plus qu'aucun des autres éléments , l'unité animique ne peut se manifester isolément : il lui faut , pour dégager et mettre en évidence sa spontanéité, le concours incessant des principes constitutifs du monde physique ; bien plus , il faut que ces principes se soient groupés sous la forme particulière d'un appareil complet, à la fois, de mécanique, de physique et de chimie.

C'est en vertu de sa puissance plastique, et en dirigeant

simplement les forces du monde inanimé, que l'unité animique organise elle-même l'appareil qui lui est indispensable dans Tune de ses évolutions : la seule, d'ailleurs, qui nous soit connue expérimentalement.

Si les problèmes de la vie et de l'âme ressemblaient même de loin à des problèmes de mathématiques, s'ils pouvaient comme eux se traduire en équations, nous dirions :

c L'unité animique étant elle-même l'architecte de son «propre appareil organique, il existe nécessairement autant «d'unités animiques qu'il existe d'êtres vivants. »

Et comme les organismes diffèrent entre eux et se classent en espèces qu'aucun système préconçu ne saurait confondre, nous ajouterions :

«11 existe autant d'espèces d'unités animiques qu'il existe « d'espèces d'organismes. >

Avec cette formule, nous poumons clore ce chapitre et tout ce volume, car notre analyse élémentaire de l'univers serait bien et dûment terminée.

Mais les phénomènes physiques n'ont pas plus de rapport avec l'ensemble des phénomènes psychiques que les mathématiques n'ont de prise directe sur la libre spontanéité de l'âme- Dans P étude des premiers phénomènes, notre esprit n'est satisfait que quand il arrive à une suite d'identités et d'égalités; dans l'étude des seconds, il faut, bon gré mal gré, qu'il se contente d'une suite d'analogies. Il résulte de là que les problèmes de cet ordre ne sont complètement résolus qu'à condition qu'on les embrasse sous toutes leurs faces : une seule lacune jette l'incertitude sur l'ensemble d'une solution , fût*elle l'expression la plus pure de la vérité.

Bien que la formule énoncée plus haut soit, comme nous verrons, la seule réponse logique de la science à la question posée en tête de ce chapitre, bien qu'en réalité cette formule soit de nature à satisfaire nos plus hautes aspirations , il n'en est pas moins certain qu'en la laissant telle quelle et sans au-

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