‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 159 sur 183 · LIVRE V, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE III

nine, acide hydrocyanique Que dis-je! l'élher, le chlo-t

roforme, dont l'inhalation nous soustrait aux sensations et au

monde de la douleur, rendent aussi insensible la sensitive

et probablement toutes les plantes. L'anatomie a raison lorsqu'elle dit que la plante n'a point d'arbre nerveux identique à celui des animaux et de l'homme : elle se tromperait tout au.ssi é viciera ment, si elle disait que la plante n'en a point l'équivalent, à un titre inférieur. On aboutirait en effet à l'ab-» surde si l'on soutenait que toutes les parties de la plante ne sont pas à chaque instant en corrélation nécessaire, comme les diverses parties du corps d'un animal. C'est ce que va nous montrer surabondamment l'étude psychique de la plante.

Le premier attribut de tout élément animique ne saurait un seul instant être contesté à la plante. Cet être organisé constitue une œuvre d'art dans toute la force du terme: une unité harmonieuse résultant de la concordance d'un ensemble de parties variées et des plus dissemblables en apparence. Le •végétal,, aussi bien que l'homme, se développe organiquement sous l'empire d'une puissance directrice, supérieure aux élé* ments du monde inanimé, qu'elle utilise, et agissant d'après un plan tracé à l'avance.

Chaque plante constitue de fait un individu , distinct non seulement de ceux des autres espèces, mais encore de ceux de sa propre espèce. Deux graines de même espèce, placées dans un même terrain et tenues dans les mêmes conditions, ne donnent jamais deux êtres absolument identiques. On a objecté à cette idée d'individualité du végétal ce f fait ; que .beaucoup de plantes sont divisibles et peuvent se reproduire tpar boutures; mais ce fait prouve seulement que la plante, ou du moins certaines plantes, constituent déjà à l'avance une collection d'êtres vivants, et il ne diminue en rien du tout le caractère d'unité de chacun de ces êtres distincts, ni le caractère d'unité de l'ensemble de la plante dans sa totalité. Chez les plantes qui ne constituent qu'un seul être, comme chez

celles qui en constituent plusieurs, la réalisation du plan d'en* semble suppose une connexion continue entre toutes les parties qui entrent dans la structure de l'édifice vivant. Chez les premières, l'organisation de l'édifice s'exécute à l'instar de celui de l'animal, de l'homme ; chez les secondes, elle s'exécute (à peu près) comme celui de la coupe de Neptune. Mais l'unité subsiste dans les deux cas, et cet attribut psychique appartient à la plante comme à l'homme.

On a longtemps refusé à la plante toute trace de spontanéité, de liberté et de conscience des actes. Des observations nombreuses et précises réduisent aujourd'hui à néant cette conception toute matérialiste, el nous forcent, bon gré mal gré, à avouer qu'ici aussi il ne s'agit que de degrés, et non de différences radicales, d'abîmes ! !

Dans de certaines limites, la plante est locomobile : elle cherche sa nourriture, solide, liquide, aérienne. Elle cherche la lumièïe. On a expliqué, je cite un exemple entre mille, on a expliqué le mouvement de la fleur du soleil (Helianthus annuus) par le raccoi nissement de la tige sous l'action de la chaleur (! ! !).

On oublie ici le fait essentiel; c'est que, du moins chez les individus vigoureux, c'est la fleur quf présente toujours sa face à l'astre du jour, on oublie que la tige est ainsi de fait à l'ombre, et n'est nullement sollicitée à se raccornir et à se déraccornir à tous instants.

Dans de certaines limites, la plante sait ce qu'elle fait. La sensilive, soumise au cahot d'une voiture, commence par fermer ses feuilles, puis elle les rouvre peu à peu; le cahot cesse-t-il pour recommencer subitement, elle referme de nouveau ses feuilles, puis les rouvre peu à peu. Elle imite exactement des milliers d'insectes qui font les morts quand on les touche, et qui peu à peu se remettent à marcher quand ils croient le danger passé.

Quatre des attributs psychiques principaux se trouvent en

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