LIVRE V, CHAPITRE IV
Et qu'on le remarque bien expressément, on ferait ici un Cercle des plus vicieux si l'on avançait qu'il existe des forces qui dorment et qui se réveillent par période, et qui ont pu ainsi engendrer les combinaisons chimiques fermentescibles : car ceci revient au fond, quoique sous une autre forme, *& l'énoncé de la doctrine des générations intermittentes.
Au point de vue historique, nous sommes donc en droit d'affirmer : que si même la vie peut naître, sans germes antérieurs, dans de certains liquides, ce n'est en tous cas pas par cette voie qu'elle a apparu pour la première fois sur notre planète. Affirmer ce mode de. génération primitif, c'est tout au mpips substituer une possibilité douteuse aux faits les mieux établis aujourd'hui; c'est prendre une hypothèse pour • un fait historique démontré.
Modifications dont est susceptible l'organisme des êtres vivants; causes principales de ces modifications. Les diverses espèces d'êtres vivants peuvent-elles se transformer les unes en les autres f
Nous avons reconnu que c'est l'élément ahimique lui-même qui, d'après un plan. tracé en virtualité dans son être, construit tout l'ensemble de son appareil organique, à l'aide des substances qu'il trouve dans le milieu ambiant. En ce sens, cet élément dépend visiblement du milieu qu'il traverse; et pour que le plan primitif puisse être par lui réalisé dans toute son intégrité normale, il faut une réunion de conditions externes, dont l'étude forme une des questions les plus intéressantes, mais aussi les plus difficiles, de l'histoire naturelle.
I/une des premières conditions, c'est, comme nous l'avons
vu dès le début (p. 418), la présence ou l'absence d'élémentô ou de combinaisons chimiques, qui sont indispensables à l'organisation, ou qui au oontraire lui semblent hostiles. Mais ce ne sont pas la présence ou l'absence de certains éléments chimiques qui à elles seules constituent l'aptitude du milieu ambiant à servir à la vie organique. L'état dynamique de ce milieu est ici une condition tout aussi importante; la chaleur, la lumière^ , l'électricité interviennent delà façon là plus puissante; une juste intensité de ces forces est indispensable : le trop ou le trop peu est mortel. En. ce qui concerne la cha* leur, par exemple, on sait que sur notre terre la vie organique est limitée enire un écart de 60 degrés centigrades dé température au plus ; elle s'éteindrait peu à peu partout si la température se maintenait à«0; elle n'est possible que' pour des organismes exceptionnels dans un milieu qui dépasse 60 degrés, et s'éteindrait aussi si toute la surface de la terre était à celte température. Bien nombreuses sont les causes de la dépression de la vie, de la maladie; bien variés sont leurs effets ! La variété et lé nombre, hélas! sohtpresqùe proportionnés au titre de l'être vivant. C'est chez .l'homme que leur liste, est la plus effrayante ; chez les êtres inférieurs les perturbations de l'équilibre organique sont plus rares et plus uniformes. Chez l'homme et même chez certains animaux supérieurs, une pensée pénible peut devenir une cause 4e maladie et de mort ; chez l'homme, une idée peut agir rçdmriaë M poison foudroyant!
. Lorsque quelqùés-uns des principes si variés qui sont in*dispensables à la yié organique, se trouvent en quantité trop minime dans le milieu ambiant, lorsqu'au contraire il se trouve dans ce milieu quelqu'un de ces principes si variés aussi qui sont incompatibles avec l'organisme, les individus d'une même espèce, placés dans ce milieu, éprouvent ûné . dépression graduée dans quelques parties ou dans la totalité de leur organisme. Les défectuosités ou les modifications