CHAPITRE IL
Puissance de pénétration des sciences physiques. ■ — Vanité des philosophies qui prétendent se placer en dehors d'elles. — Le panthéisme pur est réfuté par le seul fait de l'existence d'un atome matériel fini et immuable de forme.
Nous venons de distinger et de spécifier l'un au moins des éléments constitutifs de l'univers. Nous avons été bien plus loin. Par l'analyse la plus stricte des faits, nous avons déterminé la manière d'être de cet élément dans l'espace ; et nous avons ainsi résolu, dès le début, une question controversée pendant des siècles , et tranchée en deux sens toujours opposés par l'esprit de système.
Si quelque chose est de nature à nous donner une idée de la puissance de pénétration qu'ont acquise et qu'acquièrent chaque jour davantage nos sciences physiques et exactes, c'est certes un tel résultat. Et si quelque chose aussi est de nature à nous étonner, c'est l'incroyable prétention qu'ont eue de lous temps la plupart des philosophes, de résoudre en dehors des faits, quelquefois en dépit des faits, des questions qui évidemment ne peuvent être abordées qu'à l'aide de l'observation rigoureuse des phénomènes naturels. Lorsque nous voyons, par exemple,un génie aussi complet que Kanl dicter des lois d'existence à la matière avant que qui que ce soit se fut donné la peine d'étudier d'un peu près les propriétés réelles de cet élé-