‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 21 sur 183 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

«Et maintenant, nous diront certains philosophes, que nous importent vos dissertations sur la divisibilité ou l'indivisibilité de l'élément matière! Nous font-elles faire un pas en avant ou en arrière dans la solution des grandes questions qui nous divisent, nous autres, depuis des siècles? Perdez-vous tant qu'il vous plaira dans les détails de vos sciences physiffla os : vous n'y trouverez pas un argument valable pour ou contre le spiritualisme, le panthéisme, le matérialisme, et c'^st à nous exclusivement qu'appartient le droit, et que revior*cl ra la gloire d'une décision finale ! » *

Comme la décision finale se fait attendre depuis très-long-

terri £>s, et que tout ce qui y a été substitué provisoirement

Pô**/fc s'appeler, sans aycune épigramme, des indécisions,

110 vi s pouvons laisser ces esprits indépendants planer fière-

^^tit au-dessus des faits qu'ils méprisent, au-dessus des

$cie*ices expérimentales qu'ils dédaignent. Ne nous laissons

t^tirnider ni par leurs anathèmes ni par les siècles d'indéci-

^1oo qu'ils nous opposent. Mettons de suite l'une au moins

^^ nos trois doctrines fondamentales à l'épreuve des faits

Positifs.

Le panthéisme pur, son nom même nous le dit, ne peut admettre dans l'univers entier qu'un élément unique susceptible de mille et raille modes de manifestations, de mille et mille transmutations; cet élément affecte, ou successivement, ou à la fois, les caractères d'élément mû ou mobile, d'élément moteur, d'élément vital ou animique. Chaque être, le cristal, la plante, l'animal, l'homme, chaque être fait partie du grand Tout, dont il ne reste détaché que temporairement, dans lequel il rentre pour en sortir sous d'autres formes. Virgile, dans son exposition philosophique si remar quable :

Principio cœlum ac terras, camposque liquentes

Virgile n'est qu'à demi panthéiste; il admet très-clairement

deux éléments distincts : l'esprit et l'élément pesant. L'esprit, il est vrai , est universel :

Mens agitât molem

il ne se localise que temporairement,

Inde hominum ptcudumque genus, ....

mais sa nature spéciale et distincte n'en est pas moins caractérisée et njise en opposition avec celle de ce qui constitue la masse :

Igneus est ollis vigor,

quantum non noxia corpora tardant.

C'est là évidemment déjà un panthéisme très mitigé et s'approchant des limites inférieures du spiritualisme. Dans le panthéisme proprement dit, Dieu n'est pas seulement dans tout, mais il est Tout, et Tout est lui. Il n'existe plus ici ni matière, ni force, ni âme à jamais distinctes les unes des autres, et chacune de ces prétendues essences distinctes n'est qu'une manifestation particulière d'un même élément général .

C'est bien là la doctrine qu'admettent quelques-uns de nos philosophes modernes, et des plus éminents, lorsque, pour expliquer les phénomènes des êtres vivants, par exemple , ils disent que la matière, en $' organisant , peut s'élever à devenir pensante, et transmettre à d'autres matières cette faculté. L'organisme de l'être vivant n'est plus ici une simple forme , mais bien une manière nouvelle d'existence d'un même principe.

Il est visible que , pour que cette grande et belle doctrine pût être soutenue dans son intégrité, il faudrait que la transmutabilité élémentaire fût reconnue comme réellement possible. Voyons ce qu'il en est.

Pour la grande majorité des hommes, — et ici il n'est pas

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