‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 43 sur 183 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

cun est en harmonie avec le principe de la conservation des quantités d'action.

Mais rien au monde, absolument rien, ne nous permet plus ici d'affirmer que tel mouvement choisi équivaille à un effet quelconque de l'électricité, et l'interprétation prend, dès ce moment, le caractère d'une supposition arbitraire, que l'on ne peut ni affirmer ni nier ; elle perd sa valeur imi~ tatiye et figurative.

it. L'hypothèse que nous analysons rend compte d'une manière satisfaisante, au point de vue figuratif, des phénomènes de chaleur internes aux corps. Il n'en est plus ainsi dés que Ton s'occupe des phénomènes de rayonnement calorifique ou luminique, et il devient nécessaire de la modifier alors d'une manière essentielle.

Deux théories, on le sait, marchent de front depuis Newton et Descartes, et se partagent l'opinion des physiciens. D'après l'une , la lumière et le calorique rayonnant seraient dus au mouvement transitoire des particules d'une substance réellement émise parles corps lumineux ou les corps chauds. D'après l'autre , ils seraient dus à un mouvement ondulatoire (analogue au son), qui s'exécuterait dans une substance partout répandue. Nous n'avons pas à nous occuper essentiellement de ces deux théories en elles-mêmes , ni à chercher même si l'une ou l'autre est vraie. Toutes deux aboutissent à une question finale , qui, résolue en un sens ou en un autre, affecte le caractère d'une hypothèse. Qu'est-ce que la substance en mouvement translatoire ou ondulatoire ?f

C'est la matière elle-même : première hypothèse.

C'est une substance totalement différente de la matière : seconde hypothèse.

Nous avons déjà examiné cette dernière interprétation.

Dans ce paragraphe , nous n'avons à nous occuper que de la première, au point de vue des deux théories à la fois.

Pour fonder et pour appuyer une théorie , dans son ensemble comme dans ses détails , les analystes ont pour droit très légitime d'attribuer aux matériaux qu'ils soumettent à l'analyse mathématique toutes les propriétés nécessaires à une interprétation donnée, sauf à laisser ensuite l'observation vérifier ou nier l'existence de ces propriétés. Une condition supérieure, cependant, est imposée à ce qu'on peut nommer ces inventions de qualités : c'est que l'une ne vienne pas annuler l'autre; c'est que, quand on a, par exemple, doué la matière d'une propriété , on ne l'en dépouille pas arbitrairement pour les besoins d'une autre explication. En partant de cette règle , dont la justesse est évidente , plaçonsnous sucessivement dans la théorie des ondulations et dans celle de l'émisssion, pour chercher si c'est à des mouvements de la matière même qu'il est possible d'attribuer les phénomènes de lumière et de chaleur rayonnante.

Au point de vue de la théorie des ondulations , poser cette question , c'est presque la résoudre , et négativement.

Dans cette théorie, en effet, on compare la propagation de la lumière et du calorique rayonnant à celle du son dans les corps ; on y admet l'existence d'ondes contractées et dilatées, de dimensions variables : deux couleurs différentes seraient pour l'œil ce que sont deux notes différentes pour l'oreille , etc. Il suffit de rappeler les admirables travaux de haute optique auxquels cette théorie a donné lieu , pour être frappé de son heureuse fécondité. Lorsqu'on raisonne en mathématicien pur, lorsqu'on fait abstraction des phénomènes de sensation (ouïe , vision), les résultats qu'elle fournit équivalent à la réalité , font image de celle-ci d'une manière aussi satisfaisante que le fait, par exemple, l'hypothèse de Clausius relativement aux phénomènes de chaleur internes au corps. Je reviendrai plus loin sur cette théorie en elle-même et sur quelques difficultés contre lesquelles elle échoue incontestablement. Pour le moment, je ne m'arrête que sur wn seul

Page 1