‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 44 sur 183 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

point, Une fois qu'on a comparé la lumière et le calorique rayonnant au son, il s'établit plus qu'une analogie : il s'établit une identité complète dans les formes des phénomènes ; il devient, en un mot, difficile, et je pense impossible, de dire en quoi l'onde lumineuse diffère de Tonde sonore (et en quoi l'onde lumineuse diffère de Tonde calorifique), de dire pourquoi le son est autre chose que la lumière et la chaleur, pourquoi Tun se propage avec la faible vitesse de 332ra ", tandis que les deux autres le font avec la- prodigieuse vitesse de 31 8,290 ,000m". Ce n'est assurément ni l'épaisseur comparative des* ondes sonores et lumineuses, ni la direction des oscillations qu'on peut invoquer comme constituant une différence ; car, d'une part , on peut concevoir des ondes sonorores aussi courtes qu'on voudra; elles ne seront plus, il est vrai, perçues par notre oreille, mais elles ne cesseront pas pour cela d'être des ondes sonores , elles ne se propageront pas plus vite, par exemple; et d'autre part on peut, à la vérké, attribuer les phénomènes de chaleur internes aux corps à des vibrations qui se feraient de molécules à molécules , et expliquer ainsi la vitesse relative colossale de ces mouvements; mais celte affirmation tombe en optique, où Ton démontre que Tonde lumineuse a une étendue très notable, et renferme nécessairement un nombre considérable de molécules.

La difficulté ou l'impossibilité de rendre compte figuraiivement de la différence spécifique du son, de la lumière et de la chaleur est telle, que tous les analystes, à peu près sans exception, l'ont attribuée implicitement ou explicitement à la différence des milieux où s'opère le mouvement ondulatoire, et ont admis que, tandis que dans Tonde sonore c'est la matière des corps qui oscille , dans Tonde lumineuse ou calorifique, c'est une substance toute différente qui se trouve ébranlée. Je dis les analystes à peu près sans exception ; je me permets d'ajouter que ceux qui font exception ont été

guidés plutôt par une idée de synthèse préconçue que par des preuves sérieuses tirées, soit de l'analyse, soit de l'ojbservation.

Au lieu donc de chercher à prouver que la lumière et le calorique rayonnant ne peuvent, dans la théorie des ondulations, être attribués à de la matière en mouvementée me borne à renvoyer le lecteur à tout ce qui a été écrit jusqu'aujourd'hui en optique, et je me tiendrai à la citation unique d'un fait qui a été donné comme preuve capitale de la nonexistence d'un milieu autre que la matière.

4° Il ne peut, dit-on, rayonner de lumière et tle chaleur que de la matière ; partout où nous voyons un point lumineux, nous sommes sûrs de trouver de la matière pondérable ; la lumière que donne le courant électrique dans le vide émane des molécules matérielles que charrie ce courant. L'ensemble de cette affirmation est fort contestable , nous le verrons ; acceptons-la cependant. Il ne peut rayonner de lumière du vide des espaces stellaires ; cependant la lumière et la chaleur du soleil traversent ce vide : donc il y existe de la matière, d'après l'hypothèse que nous réfutons ici. Pourquoi donc alors cette matière ou ces molécules ne peuvent-elles pas devenir des foyers de lumière? N'est-ce pas évidemment parce qu'il ne se trouve pas de matière dans ce vide?

2° Les milieux diaphanes et diathermanes homogènes ont été divisés en deux classes très distinctes : 1° en milieux isotropes, qui sont constitués de même dans toutes les directions en chacun de leurs points : tels sont : l'air, l'eau, le verre, les espaces stellaires; 2° en milieux hétérotropes , qui présentent des propriétés différentes, selon les différentes directions : tels sont les corps cristallisés , sans exception (Béer, Introduction à la haute optique).

Je n'arrêterai l'attention du lecteur que sur deux d'entre les premiers : les gaz et les espaces stellaires.

Dans l'hypothèse que nous discutons , les espaces stellaires

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