‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 47 sur 183 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

des molécules du corps solaire , lancées dans l'espace avec une très-grande vitesse ; la chaleur ou la lumière qui rayonnent d'un fer rouge, par exemple, seraient des particules du fer lui-même projetées avec une grande vitesse.

L'objection immédiate qui se présente à l'esprit relativement à une aussi singulière interprétation, c'est qu'un corps chaud qui se Refroidit devrait perdre de son poids, si ce qu'il émet est de la matière pondérable ; et de même , un corps froid qu'on échauffe devrait gagner du poids. Cette objection en elle-même est certainement juste ; mais il s'agit seulement de savoir si la perte ou le bénéfice du poids d'un corps peut être évalué par nous : s'il est trop petit , il est clair que nous serons conduits à appeler impondérable ce qui est seulement impondéré. Comme vérification d'une hypothèse , la théorie mécanique , la physique céleste et l'astronomie nous fournissent aujourd'hui à cet égard les données les plus intéressantes et les plus précieuses. Je pense être utile au lecteur en entrant dans quelques développements à ce sujet.

Quelque supposition que l'on fasse sur la nature des phénomènes qui donnent lieu à l'incandescence du soleil , toujours est-il que cet astre envoie continuellement, dans toutes les directions de l'espace, des quantités de lumière et de chaleur, qui, rapportées à nos faibles unités, sont faites pour effrayer l'imagination. Lorsque nous partons de l'hypothèse que ce foyer émet réellement sa propre matière, trois questions se présentent immédiatement à nous :

La vitesse de la matière pondérable projetée ne doit-elle pas diminuer rapidement par suite de la puissante attraction de ly immense masse du soleil ?

Le soleil ne doit-il pas perdre considérablement de sa masse en très peu de temps?

La matière projetée ne doit-elle pas repousser énergiquement les planètes et tous les corps qui tournent autour du soleil?

A la première de ces questions, l'analyse mathématique ré-

pond que la diminution de vitesse d'un atome de lumière lancé par le soleil serait presque insensible à une distance même infinie de cet astre.

A la seconde, l'analyse répond que la diminution réelle de la masse solaire serait si lente, qu'elle échapperait à nos moyens les plus précis d'observation.

A la troisième , au contraire , l'analyse répond que si la lumière solaire consistait effectivement en atomes matériels lancés par l'astre, la répulsion exercée sur les corps qu'elle heurte serait telle qu'elle ne pourrait échapper à une observation délicate.

Ces trois données de l'analyse sont trop importantes pour que j'aie cru pouvoir me permettre de les affirmer simplement sans preuves. Je donne dans les notes additionnelles, à la fin de ce volume , tout le développement mathématique qu'elles comportent.

Ainsi que je l'ai dit, M. Faye a démontré qu'un corps chaud exerce à distance une action répulsive sur un autre corps chaud. Je montrerai tout à l'heure que la belle découverte de M. Faye est pleinement confirmée par l'analyse et la discussion raisonnée d'un ordre de phénomènes des plus intéressants et très-bien étudiés aujourd'hui en physique. M. Faye a, de plus, démontré que le retard de la comète d'Enke, d'où l'on a voulu conclure une résistance de la prétendue matière diffuse des espaces stellaires, est dû, au contraire, à l'action répulsive exercée par le soleil , à titre de corps chaud, sur la comète. On pourrait donc se croire autorisé à dire que cette action répulsive est due effectivement à une impulsion donnée par la matière lumineuse et calorifique à la matière cométaire. 11 n'en est rien pourtant. L'énergie de la répulsion solaire dépend, en effet, du volume, ou plutôt de la surface illuminée ; l'action répulsive du soleil sur une comète , arrivant des limites de notre système solaire , et par suite , avec une température très basse et avec un petit volume, ne doit

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