‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 51 sur 183 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

tance* du calorique; 2° et réfute jusqu'à l'évidence l'hypothèse qui fait de la chaleur un mouvement des atomes matériels, e! qui prétend expliquer ainsi la puissance répulsive du calorique.

Conséquences du paragraphe précédent.

> Nous arrivons ainsi à une conclusion tout aussi forcée , tout aussi radicale que celle que nous avait déjà fournie le paragraphe troisième.

Pas plus que le phénomène de l'attraction universelle , les phénomènes dits des impondérables ne peuvent à aucun titre être attribués soit à des mouvements de la matière , soit bien moins encore à de la matière en repos, soit à n'importe quoi qui ressemble même de très loin à de la matière.

La matière, en un mot, ne suffit pas plus à rendre compte de l'ensemble de ces phénomènes que l'éther de l'ancienne physique.

La doctrine moderne qui s'est conquis tant d'adeptes, la doctrine qui ne voit partout qu'échanges de mouvements , que transformations d'une espèce de vibration en une autre, cette doctrine est une grande erreur qui ne peut se soutenir un seul instant devant l'examen sévère d'un seul phénomène d*attraction ou de répulsion. Dans son application mathématique, celte doctrine conduit à des équations correcîes, par cette raison très simple qu'elle part d'un principe éternellement vrai et antérieur aux faits d'expérience : c'est que le travail ne peut se perdre dans l'univers. Mais les mouvements matériels par lesquels cette doctrine représente les phéno-

mènes de force ne répondent pas plus à la réalité des choses que les actes d'un automaté ne répondent à ceux d'un être vivant.

Une conséquence capitale découle immédiatement de la réfutation de cette doctrine. • . 1 •

c Le mouvement de la matière, nous dit toute une école/ € ne peut naître que du mouvement antérieur d'autres parties c matérielles , visibles ou invisibles. Tous les phénomènes de d'univers ne sont qu'un échange perpétuel de mouvements de « diverses espèces. »

A celte affirmation radicale nous pouvons et nous devons répondre maintenant par une négation tout aussi radicale.

Déjà à la un du troisième paragraphe, nous avons établi que , dans un très grand nombre de cas , le mouvement ne naît pas du tout du mouvement ; que la chute des corps les uns vers les autres et que, par conséquent, les mouvements de tous les corps célestes ne sont aucunement la conséquence d'autres mouvements qui existeraient à notre insu. Maintenant nous venons de reconnaître que le calorique, l'électricité, la lumière etc. ne sont à aucun titre un simple mouvement oscillatoire de la matière ; que par conséquent l'élasticité que les gaz et tous les corps sans exception doivent à leur température ne relève à aucun titre non plus d'oscillations de leurs atomes. Lorsque la poudre enflammée dans une arme à feu tire du repos le boulet et lui donne une impulsion colossale, lorsque la vapeur de nos chaudières pousse en avant et en arrière le piston du cylindre moteur , le mouvement du bou-. let ou du piston ne naît donc pas du tout du mouvement antérieur des particules du gaz enflammé ou de la vapeur. Lorsque le ressort d'une arbalète lance le projectile d'abord en repos, le mouvement de celui-ci ne naît point d'un mouvement existant à notre insu dans les particules du ressort. Lors* qu'une bille élastique tombe sur un plan résistant, elle rebondit, et nous sommes maintenant obligés de dire de toute la bille ee que nous avons dit d'un atome isolé : il y a un instant infiniment petit où tout son mouvement cesse. Au moment même du choc, la bille commence à se déformer comme

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