‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 72 sur 183 · LIVRE III, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE I

inique joue, par rapport à la force calorique, le rôle d'une unité indivise. On voit , en effet , que la quantité de chaleur qu'il faut pour chauffer d'un degré un poids quelconque d'un corps élémentaire dépend exclusivement du nombre de fois que le poids chimique est renfermé dans ce poids donné; en d'autres termes, cette quantité dépend exclusivement du nombre d'unités chimiques, disons maintenant, du nombre d'atomes que représente un poids donné d'un corps.

Cette première conséquence , toutefois , ne prouve encore rien contre l'hypothèse de l'unité spécifique de la matière; car on peut soutenir que dans les groupes qui, pour le chimiste, simulent des unités, les atomes sont unis si énergiquement que le calorique ne peut plus les séparer, et ne peut que séparer un groupe d'un autre groupe. Mais l'extension de la de loi Dulong aux corps composés va nous permettre de réfuter à fond une telle supposition.

Lorsqu'on passe des corps dits élémentaires aux combinaisons de ces corps entre eux, et qu'on forme aussi les produits des capacités calorifiques par les poids chimiques, on remarque que les nombres obtenus ne sont constants que dans un même ordre de combinaisons , mais qu'ils changent considérablement d'un ordre à l'autre. Ainsi, pour les oxydes formés de deux équivalents de métal et de trois d'oxygène , le produit s'élève à 170, et non à 40,67.

Dans mes derniers travaux1, j'ai montré que ces sauts brusques, bien loin d'être inexplicables, comme on l'a cru d'abord en physique, s'interprètent au contraire de la manière la plus facile. Ici je me borne à résumer les conclusions dont j'ai fait ressortir l'exactitude.

1° J'ai montré l'origine des petits écarts de la loi de Dulong appliquée aux corps d'une même famille. Ces écarts dérivent

4 Théorie mécanique de la chaleur, 2« édil., 1. V ; Mémoire sur la thermodynamigue, Annales de en. et de ph., 4« série, t. XI.

de ce que nos tables de physique ne donnent pas les véritables capacités calorifiques des corps; et quand on rectifie les nombres , on arrive à dire que la loi de Dulong n'est pas seulement une approximation , mais qu'elle est absolue.

2° J'ai montré que dans les combinaisons chimiques les plus stables , dans celles qui résistent le plus à nos procédés de décomposition, chaque poids, chaque unité chimique se comporte exactement comme si les corps étaient à l'état de simple mélange, et que la loi de Dulong et Petit s'applique dans toute son intégrité à chaque corps constituant de la combinaison , absolument comme s'il était libre.

Cette dernière affirmation réfute dans tout son ensemble l'hypothèse de l'unité spécifique de la matière. Si les corps que nous considérons comme élémentaires étaient formés, en effet, de groupes d'atomes combinés entre eux, il serait absolument impossible de dire pourquoi le calorique n'agirait pas à l'égard des atomes de ces groupes comme il agit à l'égard des différents groupes eux-mêmes combinés chimiquement, pourquoi il n'agirait pas sur eux absolument aussi comme s'ils n'étaient que mêlés.

En un mot, si tous les atomes étaient semblables en volume et en poids, il faudrait la même quantité de chaleur pour échauffer d'un degré des poids égaux de tous les corps possibles, puisque des poids égaux représentent dans cette hypothèse des nombres égaux aussi d'atomes.

La seconde affirmation ci-dessus nous conduit à une autre conséquence tout aussi importante.

Nous disons que toutes les fois que le produit des, capacités et des poids chimiques de deux corps différents sont égaux , nous pouvons être certains que ces poids chimiques représentent le même nombre d'atomes. Les produits en question sont tous égaux pour les corps appelés élémentaires. Donc, si ces corps sont des combinaisons d'un nombre d'éléments réels moins nombreux, toutes ces combinaisons sont de même

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