LIVRE III, CHAPITRE I
ordre, c'est-à-dire que si Tune d'elles est formée d'un certain nombre relatif d'atomes de deux ou plusieurs éléments combinés, tous sont formés de même*
En un mot, si l'un de nos éléments est composé, tous le sont , et de la même manière , en ce qui concerne le nombre des atomes constituants.
Et si l'un d'eux est simple, tous le sont.
À la rigueur, la première de ces suppositions est faisable et n'a rien d'absurde. Si cependant nous partons des faits connus , nous sommes bien obligés de reconnaître qu'elle n'a aucune analogie en sa faveur. Cette supposition nous forcerait, par exemple, à dire que l'énergie avec laquelle les éléments réels sont combinés , ne dépend que du nombre relatif des atomes, et qu'il n'y a qu'un seul rapport qui puisse donner lieu à l'énergie capable de résister à tous nos moyens d'analyse. Or si nous jugeons par comparaison quant aux combinaisons connues, nous voyons bien au contraire que dans tel composé, c'est l'égalité du nombre des atomes combinés qui donne lieu à la plus grande stabilité, tandis que pour tel autre corps c'est un autre rapport qui y donne lieu.
Le résumé général des pages précédentes est des plus frappants :
1° Il est désormais impossible de soutenir qu'il n'existe qu'une seule espèce d'atomes matériels égaux en poids et en volume , semblables en propriétés ;
2° Il est, non pas certain, mais du moins très probable, que les corps admis jusqu'ici comme éléments en chimie sont en effet simples ;
3° En tous cas , si ces corps ne sont pas simples , ils sont du moins tous constitués- de même quant au nombre des éléments réels dont ils sont formés.