LIVRE III, CHAPITRE II
dans les liquides, où on la disait presque nulle aussi. Dans l'eau à 100° soumise à la pression atmosphérique .(0m,76 de hauteur de mercure) , la valeur de la cohésion s'élève à environ 27,000 fois celle de cette pression atmosphérique. En d'autres termes , si l'action de la cohésion pouvait être suspendue dans l'eau à 100° et si ce liquide était contenu dans un vase fermé absolument inextensible, il s'exercerait sur les parois de ce vase une pression égale à 27,000 fois celle d'une colonne de mercure de 0m,76 ! Dans la vapeur d'eau à 100° et à 1 atmosphère de pression , la valeur de la cohésion du gaz aqueux s'élève encore à 0^,1 (environ), bien que le volume du corps tende sans cesse à augmenter, bien que la distance des atomes y soit beaucoup plus grande que dans le liquide.
Les faibles dimensions de l'atome permettent d'expliquer facilement la cohésion par la cause de la gravitation universelle. C'est ce que j'ai montré clairement dans l'un de mes travaux (Exposition analytique et expérimentale de la théorie mécanique de la chaleur, lre édit., p. 569).
L'état de polarité magnétique, et les attractions et répulsions réciproques des courants électriques peuvent être rapportés à un mode spécial du principe électrique. À cet égard, tous les physiciens sont d'accord, et il n'y a de divergence entre eux que dans les termes de l'interprétation. Il ne me paraît pas douteux que dans un avenir peu éloigné les attractions et répulsions de l'électricité dite statique ne soient aussi rapportées au même mode dynamique de ce principe intermédiaire.
Depuis un certain nombre d'années , beaucoup de physiciens ont paru admettre à peu près implicitement que la lumière et le calorique rayonnant sont un même mode de mouvement s'opérant dans un même principe naturel, et les divergences entre eux ne portaient que sur la nature même de ce principe.
J'ai fait, il y a quelques années déjà, une longue suite
d'expériences qui tendent à démontrer que l'eau d'un calorimètre diaphane, dans lequel on brûle des corps qui répandent une lumière très intense, ne s'échauffe pas plus, soit qu'on laisse toute la lumière s'échapper du calorimètre, soit qu'on l'y absorbe complètement à l'aidé d'écrans opaques. J'avais conclu de mes recherches que le calorique et la lumière sont des phénomènes distincts.
Ces expériences n'étaient correctes qu'à 1/346 près, c'est-àdire que dans les mêmes conditions il pouvait s'échapper ou non de 1 à 9 de chaleur sur une totalité de 3460, sans que je m'en aperçusse. On pouvait donc répondre ou objecter à ma conclusion que ces 1 à 9 de radiation calorifique étaient précisément la lumière sortant ou non du calorimètre, et qu'ainsi mes expériences ne démontraient que ce qui l'avait été mille fois déjà, la sensibilité excessive de la rétine.
S'il s'agissait ici d'une question de quantité et non de qualité, et si je n'avais raisonné que d'après mes expériences seules, la conclusion eût été certainement prématurée. Elle cesse au contraire de l'être , si nous raisonnons d'après la totalité des faits connus.
Dans mes expériences , un faisceau de lumière éblouissant s'échappe ou ne s'échappe pas du calorimètre, sans que la quantité de chaleur accusée par celui-ci augmente>ou diminue de 5 sur 3460 ou de 1/692. Dans les expériences de Melloni, ce même faisceau, ayant aussi traversé l'eau, tombe sur le thermomètre le plus sensible qui ait jamais été construit, et n'y accuse aucune manifestation de chaleur. Si cependant ttous remplaçons la couche d'eau de mon calorimètre diaphane et de l'appareil de Melloni par un verre noir et opaque, ni l'œil ni la plaque sensibilisée du photographe ne sont plus affectés , tandis que le thermoscope Melloni l'est comme si rien n'était interposé.
En dehors de la partie illuminée du spectre solaire comme en dedans de cette partie, il se trouve des rayons obscurs qui