‹ Conservation des grains par l'ensilage. Recherches et applications expérimentales faites depuis 1850 pour démontrer la conservation des grains par l'ensilage souterrain hermétiqueChapitre 19 sur 67 · DEUXIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SÉRIE

DBDXIÈMB I£TTRE,

Alg«r»l« 18 janvier 1867.

« Monsieur le Pr<^sident, je me suis trausporté à la manutention pour y « examiner les sacs do blé provenant de mes expériences, qm y ont été Q déposés successivement depuis le mois d'octobre dernier. M. Trikillat « avait bien voulu diniiier les ordres nécessaires, et j'étais accomprigiiû de « l'employé civile M. AutieSj qui remplit les fonctions de chef ouvrier à la « Salpêtrière.

« Ces sacs ont été envoyés de la Salpêtriùro à !a manutention par M. Tada judant Billot, et d'après les ordres diiniK .s par M. le sons-intendant mi- « litaire Halluuiu. Le grain axait rtô cusachû immédiatement en sortant « du silo dans des sacs neufs, et dépiis»' à la manutention dans une pièce u chaude, et où il n'exi&lc ui Lié ui charançons. M. Hillul a dû (anoyer « à jM. dè Sdint-Victor une note relative ù chacun de ces envois, auxi£uels « je n'ai pris aucune part.

« Les aacs sont au nombre de treize ; dans aucun je n'ai pu rencon- « trer un seul chaiançon vivant. Ceux qui ont été tués par le sulfure de « carbone s'y retrouvent en poussière ou friables et comme carbonisés.

t Je ne crois pas, monsieur le Président^ qu'il soit possible d'obtenir une « preuve plus décisive que les œufs et les vers sont atteints par le sulfure « de cttibone, comme les insectes eux-mêmes. Je compte demander qu'elle « soit mise sous les yeux de la Commission dans sa prochaine séance, et « consignée dans les proods-verbaux*

« J'ai l'honneur d'être, etc.

« Siifné : DovàBS. »

L'objet de la réunion de la Commission à la Salpêtrière est la compap raison des blés qui ont été traités par le sulfure de carbone avec ceux qui n'ont pas été souoûs À cet agent. M. Doyàre fait remarquer que dans, ces derniers il existe encore des charan^ns vivants, même à cette époque de Tannée, et qu'en ouvrant les grains on y trouve cet insecte à tous les degrés de son développement, depnis le ver presque imperceptible jusqu'au charançon sur le point de sortir du grain. Les membres de la Commission ont examiné ce fait à Vm\ et à l'aide de la loupe.

Dans les blés qui unt été sulfurés à des époques qni remontent au mois de novembre 18at> uu n'observe rien de pareil. Sur Ja demande de AI. l'intendant militaire président, M. Doyère fait voir qu'tui ouvrant uu nombre suffisant de grains pris parmi ces derniers, ou y trouve des vers morts et eutièrement desséchés.

M. Doyèib lait obtiorver à la Commission qu'il lui parait y avoir uae dif-

146 EXPlÎKlENCEà DE LA GLEKHE.

férence torès-notable entre le dégât que présente la couche sulfurée et celle qui n'a pas subi l'action du sulfure de carbone. Cette différonce, tout à l'avantage do la première couche, ayant M6 appréciée par les membres de laConiiiiissiou,M.le sou.s-intondant militaire Hallouin la c on tir me, en faisant prendre le poids à riiectolitro des deux sortes de blé. La différence se trouve ôtre de ti hectogrammes par double décalitre, ce qui correspond à une perte de 4 pour fOO environ.

Les membres do la Commission se transportent ensuite an Kort-Neuf. Ils y font sceller du cachet de M. le président de la Commission six sacs de blé pris parmi ceux qui y ont été déposés le 21 novembre, et qui proviennent de la Salpôtrière, où ils ont subi l'action du sulfure de carfjone le 17 noveiuhrc.

Le but de la Commission en faisant cette opération est de s'assurer si, comme ^indiquent les expériences dont elle a été témoin^ les germes du chsnnçon lont détruits par l'action temporaire du sulfure de carbone.

Ayant de sceller ces sacs de blé, la Commission s^est assurée, au moyen d'un criblage partiel, qu'il n'y avait pas de charançons vlyants enfermés dans ces sacs.

La Commission foit eosnile sceller douie sacs d'orge pris. dans la partie de cette denrée qui va être traitée par le sulfure de carbone dans la grande voûte du Fort-Neuf, improprement désignée sous le nom de sUo n* 9. Ces sacs sont mis de cété, afin de servir de terme de comparaison.

L'orge qui doit être sulfurée a été versée dans la voûte précitée, dite grand silo n* 3. Cette voûte a été revêtue d'une couche de coaltar sur toute sa surface ; sa contenance géométrique est de I i ,600 hectolitres.

Il V 1 été versé iO,86S sacs réglés & 60 kilogrammes l'un, formant ensemble six mille cinq cent dix-neuf quintaux métriques, ci 6,519 quintaux. Il reste à la partie supérieure un espace libre qui permet de la parcourir dans toute sa longuenr,

U. Doyère entre et verse dans la voûte quarante-quatre bouteilles de sulfure de carbone, formant un total de ëO^^ySl?, dont 12^43? de suiftire non pnrifié.

L'opération consiste à déboucher la bouteille et à l'cntoncer le col en bas, en la laissant dans l'orge; elle a duré vingt minutes^, pendant lesquelles M. Doyère a séjourné dans l'intérieur du silo avec trois hommes, sans éproLU or aucun effet ui aucune sensation de la part de la A'^apeur.

Au début de l'opération, la Commission note ([ue la température extérieure tist de y degrés 7/1 U, elcelle de Torge, à une profondeur do 1 mètre 1/2, 9 degrés ;i/IO.

L'upératioii terminée, un ferme tous les orifices qui ont servi à verser le sulfure de carbone, on les recouvre d'une couche d'un décimètre et demi de mortier de chaux etdebriques, et ou les scelle du cachet de laCommission, qui s'ajourna i huit jours pour constater les résultats promis par M. Doyère,

...... ^le

à WYoir U destructioo |du charaat^n sur 6,5 i 9 quintaux d'orge tnitis & U fois et daus un même récipli nt par le sulfure de carbone. SI ont signé les membres de la Commission, ainsi que M. Doyère*

Signi : Bnooz^ Pam, VAum, Doilu^ Rhsioiix> HAixonoi et Dovot.

Pour copie conforme :

L'itttendSDt mtliUlre ds la divûioB,

Signi : Dom».

SEPTitlUB SÉANCE.

L*an mil huit cent cinquante-sept, et le sept février^ les membres de la Gomnûssbn se trouvent réunis au Fort-Neuf, à midi et demi.

STAUNT PRKSEJflS :

HM. DoHOP, intendant militaire de la division d'Alger, Président, Di GirmoTB, maire de la ville d'Alger, Membre» Hallouih, sous^intendant militaire, — Rbnouz, lieutenant-colonel directeur de l'arsenal du génie , — Yallibi, membre de la Chambre consultative d'agriculture, — * Fars, capitaine du génie, — MU.LON, pharmacien principal , — Btroux, officier principal des subsistances militaires et secré-

t.iirf de la Commission , — ■V l'ouverlur»' de la séance, M. nutoiulaiit militairo, prt'siileiil. donne lee-

ture de la lettre ci-après, qui lui a été adressée par M. Doyère le 3 février

Alger, le S ftvrier i857.

« Monsieur le Président,

c Je crois utile de vous signaler un fait qui montre jusqu'à quel point « sont exactes les idées que j'ai émises devant U Gommisaion sur la per- « méabilité des maçonneries pour les gaz et les vapeurs, et qui justifie le « peu de confiance que m'inspirent les simples enduits appliqués sur les « murs.

a L*odeur du sulfure de carbone se répand pour ainsi dire tout autour a du silo n" 3, dans lequel se trouve l'orge traitée devant la Commission, « mercredi deruirT. .le mVn étais aperçu dès a\ant-liier; mais e'est auj^Hir- « d'hui surtout que l'oJ 'ur est devenue assez niarqu» 'c dan» le silo 4, « où Too travaille, pour que le fait soit, à riieure <iu'il est, hors de doute, « La Commission aura à eu apprécier les conséquences.

a J'ai l'honneur d'être, etc.

<c Signé : IknàikB. »

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Apzès la lecture de cette lettre, la GomiiiiBsion s^occupe iounédiatement et sticeessivement des opérations buivantes.

Le mauvais temps qu'il a £ût n'ayant pas permis le transport du blé non charanfonné qui est pris au magasin Chopin, la Commission ne poum procéder qu'i Tensilage du silo qui doit être rempli de blé cbaran^nné.

Elle examine ce blé. Il se compose des parties suivantes :

768 sacs de CO kilogrammes et \ sac de 40 kilon:rammos, provenant de la voûte n" j de lu Salpètrière. Ce blé, déjàexamiué dans la dernière séance, est l'objet d'un nouvel examen.

Ou y constate de nouveau la priseuce de charançons vivants, et en ouvrant les grains, on y reconnait, soit à l'œil nu, soit à la loupe, des vers et même des cbaranrons prêts à sortir.

2" 125 sacs de 80 kilogniriunes, formant les 1 00 quintaux transportés au Fort-Neui, par ordrt! de Li Cuuiuiiision, le 21 novembre, et US sacs de 60 kilogrammes, ayant la même origine, c'est-à-dire de blé traité du au 30 novembre par le sulfure de carbone. Ces derniers proviennent de la couche de la voûte n** 1 de la Salpêtrlère, et ont été examinés par laCommisaion dans ta dernière séance*

La Commission fait peser les gzains & la trémie conique. D'après quatre pesées faites sur chaque partie, on trouve :

44^61» moins 6^8*^ de tare 37^,8 ) 44 ,1 — tf. = 3? ,3 )

1*'' hectolitre.

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