‹ Conservation des grains par l'ensilage. Recherches et applications expérimentales faites depuis 1850 pour démontrer la conservation des grains par l'ensilage souterrain hermétiqueChapitre 2 sur 67 · RÉSULTATS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS

Expérience I. — Fermentaiton arrêtée; blé â In limite extrême d'humidiiéy ayant consei'vé pendant six ans, l'état où il éiait au mommt de P ensilage, si ce n*est dans les couches supé'* rieures. Nous avons mis fin à notre première expérience le 3 août dernier, après une durée de plus de six ans. Le blé avait pris, dans le silo, à lasuri'ace, une forte odeur de moisi ; il était âcre au goût et dur à la main; il nous a paru que notre recherche était arrivée à son terme natnrel, puisqu'il y avait réellement altération et dépréciation du grain.

Maïs CCS signes ont disparu rapidcmenl loi s(ju*ou est venu à retirer le blé du silo. 11 n'en existait plus trace dans le dixième sac, c'est-à-dire à une profondeur d'environ un mètre dans la masse. Le blé, au-dessous, s'est trouvé frais et au moins aussi coulant à la main que le jour de l'ensilage, et avec un • poids l elalif de 75\05, à la sortie du silo, lequel s'est élevé, après huit jours de pelletage, à 75%$0.

* Ces dessiccations ont été obtenues à l'aide de Tapporeil Ifaupeou, installé dans le grand entrepôt des grains et fiirines de la Viliette, dirigé par If. Boutaid atné, qui a bien voulu nous prêter un concours empressé pour toutes ces expériences, ainsi que son frère, Thonorable feuU. Elie Boulard, facteur aux grains et farines.

Les humidités de 15 et de 14 pour 400 ont été choisies parce «jue ce sont celles qu'offrent les blés récoltés dans de bonnes conditions, et auxquelles on peut ramener des grains plus humides par des moyens simples, comme Pexposilion au soleil, ou l'aérage et le pelletage dans un courant d'air sec. L'humidité de H à 1î» pour 100 d'eau est celle des bons blés secs, coulants à la main et d'un poids . élevé à l'hectolitre. Les Mes mnrchacds, que l'on estime comme de bonne qualité et comme pouvant être de bonne garde, ne cou tiennent pas, même, dans la moitié nord de la France, plus de W> à 17 pour 100 d'eati.

On \ err I plus lom que les blés plus humides peuvent être desséchés dans les silos mêmes.

BXPOSé HlSTOMQtîB. 35

I) ne me paraît pas douteux que 1 état du blé^ à la surface, a été dûy en partie au moins^ aux fréquentes visites dont il a été Tobjet* Le silo ii*a pas été ouvert moins de quarante fois dorant les six années qn'il esl resté rempli, et chaque fois l'air a été renouvelé dans sa partie supérieure, restée vide jusqu'à un mètre de profondeur. La partie supérieure du grain s'est donc trouvée dans une situation pareille, à quelques égards, à celle du grain en couches. L^air contenu avec le blé dans ce silo n* 1 s'altérait très -rapidement. Moins d'un mois après le remplissage, une bougie allumée s'y éteignait brusquement au niveau supérieur de T orifice. Ainsi il y avait fermentation, au moins dans une partie de la masse; peut-être dans la partie supérieure seulement, oiî la température a atteint, en été, jusqu'à 18 degrés

Ce blé a été vendu, le 20 septembre^ au prix de 40 francs les 120 kilogrammes.

Cette première expérience nous paraît de beaucoup la plus importante de toutes celles que ce livre est destiné à faire connaître. Elle prouve que les blés contenant au plus K) [lour 100 d'eau pour le chimiste ; que les blés secs et de bonne qualité, coulants à la main et d'une odeur franche, pour le praticien, se conserveront dans nos silos, sans altération, sans dépréciation, et y pourront, par conséquent, servir à former des réserves d'une durée indétinie. Elle prouve, en outre, que des blés d'une condition beaucoup moins bonne peuvent encore s'y conserver assez parfaitement pendant un bon nombre d'années pour qu'il n'y ait ni déchet ni perte à mettre au compte de la conservation.

Tous les résultats que l 'on va voir successivement constatés ne sont que la confirmation de ces conséquences.

Expériences 11 et IU. — Les blés du second et du troisième

* La température des grains eosilés et celle du sol eiiTiroQiiaiit ont été prises, depuis le commencement des ensilages jusqu'à aujourd'huij au moyen de tubes plongeant à différentes profondeurs.

silo n'ont subi, à l'heure qu'il est, après six ans, absolument aucun changement dans aucune de leurs parties ; ils sont absolument dans le même état que le jour de l'ensilage. Lorsqu'on a ouvert les silos, même après les avoir laissés fermés pendant trois ans, et qu'on a plongé une bougie dans l'espace resté vide au-dessus du hU, elle y a brûlé avec le même éclat que dans Tair atmosphérique.

11 ne parait pas douteux que ce ne soit là la conservation parfaite, absolue, et que des blés sains, humides au même degré, que l'on meUiaiL en silos dans les mêmes conditions, s'y retrouveraient, après un nombre d'années quelconque, sains comme le premier jour, et ayant conservé toutes leurs propriétés, y compris celle de pouvoir servir à rensemencement.

Disparition de Valticite, L'alucite a disparu dans les trois silos. Comme le blé renfermé dans les deux derniers avait été desséché à une température élevée, il est probable que les insectes et leurs larves avaient péri avant l'ensilage ; mais, pour le premier, il n*y a pas d'autre cause à donner de cette disparition que raltération de l'air déterminée par le commencement de fermentation dont il a été parlé.

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