EXPÉRIENCE IV
Cimervation temporaire de» bUs Irap humidet povr une eontervotion indéfinie.
Notre quatrième expérience a eu pour objet de savoir ce qui se passerait dans des blés trop humidis pour que leur conservation pût se prolonger au delà d une ou de quelques années.
Nous avons pris d'un blé de Bordeaux, de 1854, de bonne qualité, quoique ayant une odeur de couche assez marquée, moyennement sec et coulant à la main , pesant 76^,20
à l'hectolitre, contenant 1G,2U pour 100 d'eau. Nous l'avons fait arroser de 3 pour 100 de son poids d'eau^ ce qui a porté
son humidité à 18,60 pour iOO. Il est devenu gourd, rude et dur à la niain, tontire sous la dont, comme le blé récolté humide. Son poids relatif est tombé à 73", 80. La couche a pris, en quelques jours, une odeur de moisi très-prononcée.
Nous en avons rempli un quatrième silo jusqu'au bord, le 27 juillet do lu même année 1855, à l'époque, par conséquent, des plus fortes chaleurs de Tété. Le blé, apporté de la Villette, avait» dans les sacs, une température moyenne de 26 degrés. Ces circonstances sont à noter comme très^défavorables. Nous verrons, dans les ensilages de la coionio de Mettray, du blé plus humide encore que celui-ci, se comporter mieux, parce qu'il fut mis en silos au commencement de Thiver et par une température basse.
Ce silo n° 4 est resté plein jusqu'au 0 août de raunce suivante. Les phénomènes que nous y avons observés sont les suivants :
D*abord, Fodeur de moisi a complètement disparu; puis, au bout de deux mois, une autre odeur s'est manifestée dans
le blé du col, (Uml ia partie supérieure, séparée de l'air extérieur par le couvercle seulement, avait conservé une température de 18 à 20 degrés pendant tout ce temps. Cette odeur a été d*abord comme une odeur vineuse très-légère; plus tard, c'est-à-dire au fond de l'hiver, elle rappelait plutôt celle du lait caillé et légèrement aigri. Â limiuante centimètres de profondeur, le blé n'en offrait plus qu'une trace disparaissant rapidement.
Lorsqu'on a vidé le silo, le blé était devenu âcre au goût et d'une odeur très-prononcée dans la partie supérieure du col; mais il n'avait ni acreté ni amertume, et n'offrait quunc trèsfaible odeur dans Tiutérieur même du silo , où nous l'avons trouvé entièrement rocAé. U n'avait perdu aucune autre de ses propriétés que celle de germer. Le gluten y était intact et puiiaitement élastique. L'odeur spcciaic contractée eu silo a
38 imrRODucTioN.
presque eomplétement dîspara par le pelletage. Ce blé a été
vendu, au mois de novciiibie suivant, 35 francs les 100 kilogrammes.
' Ce qu'il faut conclure, suivant nous; de cette expérience et ce que eonfinneront les faits qui seront rapportés plus loin, c'est qu*on peut ensiler, sans danger, même des blés extrêmement humides ; ils ne se gutcraient en silo qu'après un temps assez long» et les débuts du travail intérieur qu'ils y éprouvent sont dénoncés par Tapparition d'une odeur spéciale qui va en augmentant. On pourra toujours, d*après cette odeur, décider s'il est temps de vider les silos pour en vendre le contenu. On pourra les vider également pour sécher les grains par l'exposition au soleil, par la ventilation, parle pelletage, et même, dans les applications de quelque étendue, par des appareils spéciaux ou par des dispositions spédates dans les silos mêmes. Ou verra (|iie c'est par des soins comme ceux-là que l'on arrive à conserver le blé et l'orge dans les silos de l'Estramadure.
EXPÉRIBNGB V.
Les silos pMtvenl être vidis par pamies et laissés ptsrHéUement pleins aussi Un^emps qa^aueme appUetUion puisH Négliger,
Une des croyances les plus répandues, au sujet de Tensi-
lage, est que les silos ne peuvent éirc remplis ou vidés que complètement. Mémo pour ce qui concerne les silos primitifis, les simples fosses excavées sous le sol, c'est là une idée beaucoup trop absolue. On verra, par ce qui en sera rapporté plus loin, que, dans les contrées où l'ensilage est pratiqué, le silo est souvent fermé avant d'Ôlre plein, et reste en communication avec l'extérieur par un conduit étroit en bois, simplement bouché avec un tampon de chiffons ou de paille, pour qu'on poisse achever de le remplir à mesure que le dépiquage avance.
£XP08£ HISTO&iQUË. 39
Nais ce qui est vrai, c'est que, ces silos une fois ouverts et
mis en communication avec l'atmosphère, on y A^oit le blé fermenter et s échauffer rapidement. La pratique de ne vider les silos que complètement est générale. Quelle partfautril accor^ der au ctimat dans ces faits? Quelle part à l'imperfection des capacités souterraines et des moyens employés pour les fermer? Los choses se passeraient-elles de la même manière dans des silos où le blé ne peut contracter aucune espèce d'humidité , et où Tair ne peut se renouveler ni dans l'intérieur du grain, ni dans l'espace vide, après qu'où a refermé rorifice ?
Une expérience que Ton vei ra ra|>i)orléedans les documents émanes du ministère de la guerre avait déjà tranché la question en ce qui concerne le vidage par parties ; mais nous avons cru qu'il fallait nous assurer, en outre, si le remplissage partiel peut se concilier avec une conservation de longue durée.
Nous avons choisi un hié de liontie seconde qualité, sans odeur et sans goût, couUuit à la muiu, pesant 76^00, et contenant 16,40 pour 100 d'eau ; nous en avons rempli le quart de la capacité d'un de nos silos, le 8 juin 1858.
Ce silo est resté fermé pendant trois ans et n'a été ouvert que le 31 juillet dernier, pour y vérifier l'état du grain. Cet état est celui d'une coDservalîon parfaite, absolue. Le blé est frais, sans humidité et sans odeur au fond du silo. Semé, il a levé dans la proportion de 31 pour 100 du nombre des grains. La même expérience faite, il y a trois ans, au moment de l'ensilage, avait donné 33 grains levés sur 100 ; ce sont évidemment les mêmes proportions.
L*air contenu dans les trois quarts du silo restés vides de blé s*est trouvé assez peu altéré pour qu'on ait pu y entrer et y séjourner sans malaise. C'est un i iii d'autant plus à remarquer, que le blé n'est pas très-sec ; mais c'est un blé sain, et par suite de la profondeur où il se trouve, il est resté constamment à une température basse. G*est à ces deux causes réunies qu'il faut attribuer, sans nul doute, le résultat dé cette
expérience, Tune des plus instructives^ assurément, que nous ayons faites.
BÉSUMÉ.
Nous croyons avoir prouvé :
1* Que le bl^se conserve dans les silos souterrains hermétiques, sans qu'il soit nécessaire d'y faire le vide, comme on Ta proposé lant de fois, ni d'y introduire aucun gaz pour remplacer Tair, ni aucune autre substance étrangère \
2** Que cette conservation est absolue, c'est-à-dire sans déchet* ni dépréciation.
3** Qu'elle s'obtient sans travail ni manipulation quelconque, par conséquent sans frais. La seule charge qu*elle impose est celle de Tintérêt des capitaux engagés dans la construction des silos ' et dans la valeur des grains ensilés.
^ L'emploi du sulfure de carbone, dont il va être question plus loin, n'est nécessaire que pour les blés déjà atlaqués par tes insectes, et de plus, assez secs pour ne pas altérer Tair emprisonné avec eux dans tes silos; encore est-il probable que cet auxiliaire précieux de Tensilage ne trouvera son application, sauf d'assez rares exceptions, que sous des climats comme ceux de TEspagne ou de l'Algérie. En FVance» It température du sol est assez basse pour empêcher que les insectes se multiplient dans les silos et y exercent des dégâts appréciables.
*L'impennéabilité des parois métalliques , et rherméticité absolue des fermetures excluent toute idée d'un déchet possible dans ta substance et le poids du blé* D'ailleurs, c'est un point que l'on verra prouvé expérimentalement, dans les expériences qui vont .'•uivre, par des pesées comparatives à l'entrée dans les silos et ;\ !a sortie. Partout on lira, parmi les conclusions des commissions de la guerre et de la marine, que le silo a resUtué une quantité de blé égale à celle qu'il avait reçue.
3 Les silos de M. le comte de Pourlalès ont coûté, ainsi qu'où le verra plus loin [Documents^ n» VU), I> fr. 80 c. par hectolitre de capacité. Leur couienance est de 200 hectolitres seulement, et ils ont été construits dans des conditions coûteuses.
On peut poser eu règle, d'après les constructions déjà existantes, et celles qui vont être exécutées sur devis, ei par entreprise à forfait, que nos silos hermétiques reviennent ft la moitié ou aux trois cinquièmes de ce que coûtent à construire les magu:>ins ordinaires, dans les mêmes conditions générales d'exécution.
EXPOSÉ mSTORlQU£. ^ 41
4* Que la première coodition pour une conservation absolue
et indéfinie dans sa durée est que le blé soit sec, ce mot désignant pour le chimiste nne propoi lioti ti'eaa égale au plus à 16 pour 100, et pour le praticien le degré qu il sait rccoQuaitre parle maniement, parle poids à rhectolitre, par la bonne tenue du blé en couches, par Fabsence d'odeur et de saveur anlérieiircaioiit conlraclécs.
5** Que, même humide et ne réunissant pas loulcs ces qualités, le blé se conserve mieux dans les silos que dans les greniers et avec tous les avantages particuliers à Tensilage. Seulement la conservation est temporaire.
La durée de cette conservation temporaire est en raison ;irecte des qualités du blé, de son état plus ou mioins sain, do son degré de siccité. Des blés môme inférieurs peuvent être gardés en silos pendant plus de six ans, ce qui suffît pour toutes les applications dans lesquelles on peut avoir à faire entrer des blés mal récoltés.
6" Que les grains ne courent aucun danger de perte dans les silos* Les plus humides ne s'y altèrent qu*avec une grande lenteur, et peuvent y séjourner sans dépréciation. Leur altéralion y est bcaucou[) plus lente que dans les couches; clic y est dénoucéo par des signes aussi manifestes mais beaucoup moins graves, et qui disparaissent avec plus de facilité par Faérage.
T Que les silos doivent être souterrains pour remplir la coiiduion essci][iolIc d'une température basse et aussi pou variable que possible*
L'abaissement de la température prévient les fermentations spéciales qui peuvent se produire, même en Tabsence de tout rcnouvellenieut de Tair. Il empêche raclivitc et la multiplication des insectes destructeurs.
Son invariabilité plus ou moins complète arrête les mouvements de Tair dans l'intérieur des masses enflées, et les déplacements d'humidité qui en sont la conséquence* Nous ne
42 INTRODVGTION*
devons pas oublier en cttct que les blés que nous avons appelés secs contiennent 13, 14, 15, et même 16 pour 100 d'eau, et que dès iors l'humidité peut se trouver transportée d'un point d'un silo dans un autre point où elle causera des dégâts'.
8** Enfin, que les silos ^souterrains doivent être absolument inaccessibles à Tair et à ThumidiLé, soit du sol, soit de Tatmosphère, et que^ avec nos ressources de construction actuelles» des enveloppes métalliques portant des fermetures exactes peuvent seules offrir h cet égard toute garantie.
Ces conclnsioiis, qui nous paraissent déjà sullisamment justifiées par les résultats des expériences dout il vient d'être rendu compte, et par les observations qui les avaient précédées, nous allons maintenant les voir confirmées dans les conditions les plus différentes, et sur les points les plus opposés de notre territoire, par des épreuves préparatoires à des applications considérables, aujourd'hui en plein cours d'exécution.
• Les eflèts des déplacements d^haimdilé dans rintérieur des masses de grains exposées en vases clos aux variations de ta température avaient déjà été signalés dans mon premier mémoire sur Tensilage (Mèmeite sur VaiueUe, p. 88* ^iiiui<«t de VlnUUut agronomique, p. 3S6). Us ont été étudiés depuis par M. Persoz, qui avait cru pouvoir en déduire un procédé de conservation des grains par rotiiploi de la chaux. [Complet rendus de Académie àet sckuces, et Journal d'AgricuHure pratique, 1857).
Le transport de l'bumidilé des parties les plus échauffées vers celles qui le sont le moins se produit même dans les grains très-secs. Ç'aélé l'une des causes de l'insuccès, on Algérie, des silos exftTif'tirs dont j'ai parlé préctHlemiiicnt. Il pi^ formait dans leurs parlies les moins exposées à l'action de lu tompiTatiire extérieure, ei principalement dans leur col, recouvert par des bàliiucnts, et dans leurs andes coucIh - ( m lisses de blé pénétrées d'eau et avariées jusqu'à se trouver dans UD état dccouipiète décomposition.
EXPOâÉ MiSTOlUQUË,
Expériences de démonstration pour l'Administration de la guerre, soufi le contrôle de la Commissioa supérieure des subsistaoces militaires.
Depuis' l'origine des travaux dont je rends compte dans cette notice, radministratioii de la guerre et son éminent di* recteur général, M. le conseiller d'Ëtat Darrîcau, n'avaient pas
cessé de les suivre avec un grand intérêt. A répo((ue où commeucèrent les expériences que je viens de rapporter, M. le maréchal Vaillant était ministre de la guerre et donnait aux questions de subsistances une attention toute particulière. Nos silos étaient à peine fermés depuis huit mois, et nos premiers résultats comiueneaicnt à peine à se prononcer, que, d'après ses ordres, une Coniuiission composée de M. le directeur général Darricauy de M. le chef de bataillon du génie d'Outrelaine, aide-de-camp de M. le ministre, et de tf. Poggiale, professeur au Val-de-Grâce, se transportait à Asnières. Sur son rapport, M. le ministre décida que des expériences y sot aient laites sous la direction et le contrôle de la Commission supérieure des subsistances militaires, et en vue de décider si le système était applicable aux approvisionnements de l'armée, M. le luaréchal Vaillanl voulut auparavant visiter lui-nicme les silos d Âsnières et juger des résultats qui lui avaient été signalés. 11 s'y rendit, le 12 mai, avec son collègue, M. Rouhcr, ministre de Tagriculture et du commerce. LL. ËË. furent reçuespar M. Emile Perëîre. M. Danicau, M. de Monny deMornay, MM. Glapeyron, Eug. Flachat. Bande, Lapeyrière, Rhoné et Chabrier, ingénieurs des chemins de TOiio^t, assistaient à cette visite. Un silo avait déjà été rempli par la Commission supérieure des subsistances, le 30 avril précédent M. le maréchal Vaillant, après être descendu dans celui qui restait à remplir, donna ses rccornmajidatious pour les expériences qui commençaient, et voulut bien témoigner du haut intérêt
44 JMTEODUCTION.
qu'elles lui paraissaient mériter. Le second silo reçut, le 21 mai, le blé qui, d'après les instraetions du ministre, devait y séjituiiii'r au moins une anufe saDs ôtre visité.
 partir do ce moment, je ne ferai plus qu'analyser les procès-verbaux et les rapports de la Commission supérieure, en en reproduisant les termes aussi fidèlement que possible. Ceux qui désireront pins de détails pourront consulter les procèsverbaux eux-mêmes (Documents, etc., n** 111).
Aoulyse des procès- verbaux et des rapports de la Conimission supérieure
des âubsiâlàQces militaires
Expérience I. — Le 30 avril 1856, un silo de la contenance de 44"'e,037 reçut 34,946 kilogrammes de blés roux d'Amérique de bonne qualité moyenne, sains et suffisamment nettoyés. La Commission ne peut préciser Tannée de leur récolte. Leur poids spécifique moyeu, à la trémie conique, est do 76^,60 à l'hectolitre, dans l'état de propreté où ils se trouvent actuellement*.
• Composé de :
MM. Uouaissicr de Bernouis, iiiteiulant militaire, président;
Begin, médeclD-iaspecteur, présideol d(i Conseil de saolé des aroiées, membre.
Bllcbel Lévy, médecin-inspecteur, membre;
Pogglale, pharmacien principal, membre ;
Wolf, sous-intendaut militaire, membre;
Pages, sous-intendant militaire, membre;
Théveoio de Xanlay, lieutenant-colonel d'élat-major, membre;
De Leppareni, ebefde balflillon du génie, membre;
Laperlier, officier principal des subsistances militaires;
Tricou, officier d'administration, chef du hurean (Je centralisation, membre;
Ue Saint-Germain j sous-commissairc de la luurioe, membre;
Doisneau, syndic de la boulangerie de Paris, membre. M. le sous-intendant Pages a été remplacé, dans le cours des expériences, par M. Uoiset, sous-intendant de la garde, et M« le chef de bataillon de Lappaient, par M. le chef de l)atailIon du génie Fournier.
M. Foubert, chef du bureau des subsistances au mirtisti re de l'agriculture et du commerce, avait été adjoint à la Commission supérieure, pour y représenter le département de i agriculture.
* Humidité moyenne, i5,30 pour 100 d*eau.
« ËxpÉiuENCB H. — Le 21 mai 1856, un second silo, d'une capacité de 28*^,081, reçut 22,650 kilogrammes de blé blanc d'Amérique, d'essence tendr(^ parfaitement sain , d'excellente qualité, convenablement nettoyé^ et pesant TS^^SO à l'hectolitre \
«Les silos furent fermés et scellés pour n*étre ouverts qu'après une année au moins , et sans avoir été visités dans
rinlervalle.
«Les opérations de vériUcation ont commencé un an après, le 13 mai 1857, et se sont continuées jusqu'au 5 sep* tembre suivant. Elles ont occupé neuf séances de la Ckimmission ou de Sons-Commissions spéciales.
13 iiiai 1857. « La Commission fait onvm îcs silos- Tair et la paille qui en remplissent le col sont irais et isaus odeur. Des thermomètres à maxima et kminmOt qui sont restés plongés * dans le blé depuis son entrée en silo, attestent qu'il ne s*y est produit aucun échau£Pement. On examine le grain des couches supérieures, et, à l'aide d*une sonde, on preiul des échantillons à différentes profondeurs et dans différentes parties : a Le blé « s'est trouvé partout frais et coulant à la main^ sans aucune « odeur, et parfait de conservation. En résumé, et c'est le plus «( grand éloge que Ton puisse faire du procédé, ce blé paraît u être exactement dans le même état que lorsqu'il a été versé « dans le silo.
De tout ce qui a été constaté dans la réunion de
<c ce jour, il semble résulter que les silos consiruits par
« M. l>i*vorc offrent pour les blés un moyen de conscrvalioa a bien supérieur aux moyens ordiuaires. Les blés sur lesquels a les expérimentations de la Commission ont lieu en ce mo- « ment ont déjà séjourné pendant un an dans ces silos. Ils y « ont donc traversé tontes les phases naturelles auxquelles ils «sont soumis dans les greniers, et sans avoir subi aucune a manœuvre de précaution, sans avoir occasionné de dépen-
* iiumiilUé moyenne, la,00 [iour 100 d'eau.
46 IMTRODUCTIOIT.
a ses autres que celles de remmagasiuement, on lesieLiouve « exempts de charançons et de tous autres insectes , sansau-» « cuoe odeur ni trace d'altération, et exactement dans le
« même état où ils étaient à Tépoque <Je leur enfouissement et a même plus frais.
« De [lareils résultats paraissent ne rien laisser à désirer, « Cependant la Commission supérieure croit deToir réserver a son opinion définitive jusqu'à ce que les expériences soient «complétées par la constatation du poids de rhcclolilro do tt blé, par la comparaison des quantités que l'on rotir ei a des a silos avec les quantités qui y ont été déposées, et eniio par « la manière dont ce blé se comportera, après son extraction « des silos, soit dans les magasins ordinaires, soit dans Icsdi- « verses transformations qu il aura à traverser jusqu'à la pania fication. »
6 juin. « Le silo n*" 1 est vidé h moitié. Le blé retiré est dans un état parfait de conseryation ; il a conserré son poids
spécifique primitif. «La Sous-Coiiimission conserve la ferme « conviction que le procédé ne laisse rien à désirer.»
13, 21 et 22 juin. « Le blé extrait du silo n"* 1 est soumis à des épreuves de conservation sur plancher, de moutnre et de panification. « Le résultat de ces épreuves ne laisse rien à dé- « sirer et vient coniii iner l'opinion de la Commission supé- (c rieurc sur la parfaite conservation des blés dans les silos de « M. Doyère. »
27 juin» il juillet. «La Sous-Commission visite le silo à
înoiiié vidé. Le blé puisé dans toutes les parties de la masse restée en silo se trou 'c frais, sans odeur et dans le plus parfait état de conservation. Le thermomètre plongé dans la couche supérieure marque 11%50, tandis qu'un autre thermomètre exposé au nord et àTombre accuse 28 degrés pour la température extérieure.
« Hésurnani ses observations et les appréciations qu'elle en « tire, la Sous-Commission déclare que le blé s'est parfaite-
EXPOSE RI8TOBIQUB. 47
a meut couservé dans le silo de M. Doyèrc, et, qu'après y « avoir séjourne pendant plus d'une année^ il en est sorti « exactement dans le même état que lorsqu'il y a été versé.
a Mis en couche dans les magasins, après sa sortie du silo, « il s'est comporté an im mis aussi bien que les blés conserves « dans les conditions ordinaires, et eniin il a produit des « farines irréprochables et un excellent pain. Ëlle déclare (c également qi i ^rès seize jours de vidange, le blé resté dans « le silo n" 1 est aussi frais, aussi ])aifair de €oiis< i \ aiiou que < jamais, et que tout la porte à croire que l'on peut, sans « inconvénient, y prolonger son séjour dans les mêmes côndi- « tiens de vidange.
« Quoi qu'il arrive, il restera toujours acquis que H. Doyère « a tenu, et au (icià, ce qu'il avait promis pour la con- <f servation des blés dans les silos à enveloppe métallique.
août* a L'épreuve du vidage partiel est jugée suffisante, et on achève le vidage du silo n* 1 . On y avait mis quinze mois et ^ngt-deux jours auparavant, 34,946 kilogi*ammes deblc ; on retrouve, en addiiiuunaut les pesées partielles, 34,943 kilogrammes.
« Le blé est frais, coulant, dans un état parfait de conser- «vation, tel, enfin qu'il était àTépoque oh la Commission Ta
« visite la dernière fois... La Commission estime qu'il n'a subi M aucun déchet, aucune variation dans son poids, depuis qu il « a été déposé dans le silo. Cette opinion se trouve corroborée c encore par sa pesanteur spécifique; à l'époque de son ensi- « lage, ce blé pesait TB^.GO à l'hectolitre. Les épreuves faites «pendant l'opération qui vient d'avoir lieu ont donné les ré- « sullats suivants :
i bectolibre pesé au début de Topératlon a donné 76k,01 \
i — au milieu ^ 76^,88 Uso^SO
1 — vers la fin — 76S8l) Ce qui donne une moyenne de 76^,77.
« En confondant ce résultat avec celui qui a été constaté le
« 6 juÎD dernier, lorsque l'on a commencé T évacuation du « siio, on trooTO pour moyenne définitive 76'',39, Hoit une dif- « férence de O^^âl par hectolitre de moins qu*à Tépoque de « l'ensilage. Une différence si minime mérite d'autnnt moins « qu'on s'y arrête, que l'on sait par expérience que, dans une cr opération de ce genre^ de légers mécomptes peuvent se procr duire en plus ou en moins, et que» pour obtenir uneexacti* « tude rigonreose, il faut employer des moyens et prendre des (f précautions que Ton n'a pu mettre en usage ni pour l'ensi- « lage ni pour l'évacuation. La Sous-Commission est donc u portée à penser qae le poids spécifique du blé n'a subi aucun « changement pendant le séjour de ce blé dans le silo.
fc L'évacuation du silo terminée» la Sous-Gommission des- «cend dans ce récipient pour examiner l'éiat dans lequel il a se trouve. £lle reconnaît que toutes les parois sont complécr tement exemptes d'humidité. Quelques grains de blé y sont « restés attachés, ce qui provient évidemment de ce que la « peinture dont on avait enduit ces parois n'était pas parfaitea ment sèche au moment de l'ensilage, puisque les grains « adhérents sont aussi secs, aussi durs^ aussi bien con^ « servés que les autres. La température au fond du silo est de 13%2.
« La Sous-Commission croit inutile de répéter ici ce qu'elle 0 a déjà dit plusieurs fois dans ses rapports précédents sur ce rexcellence des silos comme moyen de conservation des « grains. »
5 septembre, k Le second silo est ouvert et évacué comme le premier ; une bougie introduite aussitôt après l'ouverture, daîis l'espace resté vide au-dessus du blé, ne s'y éteint pas. De5thermométrographes,qut sont restés plongés dans la masse pendant toute la durée deVensilage, constatent que la température est restée comprise entre 9%50 et 13^
« On examine le blé ; il est frais, sans altération ni odeur et dans l'état de conservation le plus satisfaisant. On en pàse
BXFODÉ HISTORIQUE. 49
un hectolitre, pris tout à fait à la sur&ceet mesuré à la trémie conique, et l'on trouve un poids de 78^892.
« On avait déposé dans le silo 22 650^,000 de blé; on y en
retrouve 22 (i 45^400; la diiïérence est insignifiante, et les erreurs inévitables dans le pesage, les enlèvements d'échaolii- Ions, les pertes pendant l'introduction suffiraient pour expliquer des dî0S§rences beaucoup plus considérables.
« Le poids relatif constaté au moment de Tensilage était de 77^,80. — K Les diverses é|)rcuves auxquelles la Commission c s'est livrée pour l econnailro le poids spécifique du blé ont « donné les résultats suivants :
i hectolitre, mesuré au début de Popération, u pesé 78^892^ 1 " \fm à S'OiâS de prorondeur, a pesé. . . 78 ^592^
1 — pris à S*", GO de profondeur, a pesé. . . 78 ^72\393k^gg(^ i — pris il i'",^iO de profondeur, a pesé. . .76,8921
i — pris au foud du silos, a pesé 78 ,892 J
Ces chiflres donnent.une moyenne de 78 ,077
par heetoliire
Le peids conaUté au momenl de FeDailage était de 78 ,080
Différeoee en meios 0^,005
« Cette différence Insignifiante peut tenir à la manière dont
« on a opéré pour la constatation du poids avant l'ensilage. On « sait que ie mesurage sur un plancher donne un poids plus ft élevé que le mesuragesur un sol plein. II n'y a donc pas « lieu de s'arrêter à cette différence, et Ton doit conclure, « suivant nous, que ie poids spécifique du blé n*a subi aucune « varialion. »
« La Commission constate dans le silo n<* % comme elle avait déjà constaté dans le silo n** 1 , qull n'existe aucun signit . d'bumidité, qu'il ne s'est point formé de couche humide contre les parois ni dans les angles, comme on Tobserve constamment dans les silos ordinaires sans maçonnerie ou avec maçonnerie. Quelques grains restés adhérents aux parois sont reconnus aussi secs et aussi sains que la masse entière elle-même; leur adhé-
50 IMHODUCTIOK.
rence est uniquement due à la peinture dont la tôle est reeoa* verte. Ainsi on peut dire rigoureusement que pas un grain n*a été altéré on perdu, si ce n'est en dehors de la bouche du silo et dans les divers mouvemeDts qui ont précédé et suivi l'en* silage. »
La Commission supérieure des subsistances militaires a
terminé ses travaux par un compte rendu général adressé à S. Exe. M. le ministre de la guerre *, dans lequel, après l'exposé et la discussion des faits de détail consignés dans ses procèsverbaux, elle conclut dans les termes suivants :