‹ Conservation des grains par l'ensilage. Recherches et applications expérimentales faites depuis 1850 pour démontrer la conservation des grains par l'ensilage souterrain hermétiqueChapitre 29 sur 67 · V. Première visile (rmesimlle du Hlo, («, 7«tl3jiiimi8B · texte numérisé non relu

V. Première visile (rmesimlle du Hlo, («, 7«tl3jiiimi8B

Journée du 6 jinn. — La Commission* s*est réunie le 6 juin à une heure, aux nouveaux étahlissoments des subsistances, pour procéder à la première des visites trinit strielles prescrites par l'article 6 du marché de M. Doyero.

Quatre mois et demi se sont écoulés depuis la clôture des opérations de l'ensilage du blé, prononcée le 22 janvier 1859. Ce retard de six semaines provient de ce que M. Doyère a été retenu à Brest et à Toulon par l'exécution des silos (^u'il a construits dans ces deux ports, et n'a pu revenir à Cherbourg, avant le 6 juin; ce retard est sans importance.

• Le GoBustnion était eonpoiée de :

HM. JOUBDAN, lieutenant de vaissean.

LE SENS, chef de manutention.

BIMEL, aide- commissaire.

SABLÉ, chirurgien de troiiième dama DATT, garde-nsgtsia.

AUGER, inspecteur adjoint.

BROSSËUM, iagénieur des travmx hjdraaliqass, rs|iportear.

PORT DE CHBRBOUEG.

If . Doy&re a assisté & toutes les opéniions dont il Ta dire rendu compte.

La Gommissionj après aroir constaté l'intégrité des soellés apposés sur les défis, a décidé qu'il serait extrait du silo directement une certaine quantité de bié> tant par l'orifice inférieur que par l'orifice supérieur^ et que rétat * du blé en divers points de la masse serût constaté^ au moyen d'échantillons préleTés h l'aide de la sonde.

BU esUrait par Vonfinx infériettr, — La Ckknuniasion a fait ouvrir, en sa présence, la porte delà galerie d'extraction et a conslaté^ eu pénétrant dans cette galerie^ une certaine humidité répandae sur les parois et autour de Torifice du silo.

Un hectolitre de blé a été extrait du silo ; sa température a été trouvée de 1 2*> 8. L'examen de ce blé a fait reconnaître qu'il avait une odeur de sulfure de carbone et de moisi prononcée. On a trouvé plusieurs grains de blé germés, et même un agrégat de grains fcrmenlés et moisis le long de îa paroi de la tubulure. Le blé paraissait liumidc. Le poids de cet hectolitre de blé^ constaté avûc une trémie placée sur chevalet et sur un soi plain^ a été trouvé de 77'',i60.

Après l'examen Je ce prenxier hectolitre^ il a été décidé que, pour rendre l'ubsorvatiuu plus coucluaute, il convenait d'extraire une quantité plus considérable de blé par l'orifice inférieur. Cette quantité a été fixée à 10 hectolitres sur la proposition de M. Doyère.

La température du blé du quatrième hectolitre extrait^ a été trouvée de lO*» 7.

Et celle du dixième et dernier hectolitre de 1 8.

Blé extrait par l'orifice supérieur. — La Commission a ensuite l'ait ouvrir Torifice supérieur du silo ; la paille placée dans cet orifice a été trouvée très-fralche et en parfait état de conservation.

La température, du blé dans le col a été trouvée de 43* t.

Le blé exhalait une odeur de sulfure de carbone bien caractérisée, il était un peu humide, mais ne présentait pas la moindre odeur de moisi.

Il a été extrait environ cinq hectolitres de blé«

Le poids d'un hectolitre pris au hasard et mesuré avec une trémie phcée sur chevalet et sur un sol plain, a été trouvé de 77^^51 «

Sondages dans CùUérkwr du <î(o. — La Ciommtssion a enfin procédé & trois sondages.

Le premier a été &it dans le milieu du silo^ obliquement vers la paroi du célé de l'eety et à 2",50 de profondeur environ.

Le second a eu lieu au milieu du silo^ verticalement et & 2",80 de profondeur.

Enfin le troisiSme a été opéré verticalemeot, jusqu'au fond du silo.

Les trois échantillons ont donné du blé en parfait état de conservation et présentant seulement une très-légère odeur de sulfure de carbone ; le grain du troisième sondage a paru très-iaiblement humide.

20G ËXFKHlEMGliS DE LA MARINE.

Il résulte de cet examen que des pht■^l)m^nes particuliers paniiseiit s'être produits dans le blé situé près de l'orifice inférieur du silo et que ce blé se* IrouTe en moins bon état que la masse générale. 11 importe, d'ailleurs , de savoir ce que Todeut de sulfure de carbone seule ou mélangée de l'odeur de moisi deviendra par suite de l'exposition à l'air de la masse do blé. Ënlin il y a iutérèt à examiner comparativement le blé qui a été déposé le 21 janvier dernier dans le magasin do la Limerie pour être conservé en couches sur plancher, avec les soins ordinaires, et servir de point de comparaison.

La Connnis<^ioii, en consf'qiuînee, fait transporter dans uu des comblos du pavillon est des nouveaux établissements de*; sulisistanccs ]f blé ({ni a ét^^ extrait 'In silo. — Le blé o.\(mit de l*oriflcc infériour, aiii.->i ((iic i:»;iui qui a été retiré de Porifice supérieur, est J>lacH en cnuplics sur lo plancliei' ot subit deux pelletages successifs. Le silo est refermé, le» scellés apposés sur les clefs, et la Commission déiiJe qu'elle se réunira le lendemain 7 juin, ;i neuf heures, au vieil arsenal, pour examiner le blé déposé dans le magasin de la Limerie.

Journée dtt 1 juin. — La (^oininission, réuni*' au vieil arsenal, procède d^iljord à rexanien des o,lMi i'^,GO de blé mi.s eu réserve.

Ce blé, placé en tas de 0"',50 de hauteur, paraît assez soc et en bon état de conservation, mais il exhale une odeur asses forte que la Commission n'a pas pu bien préciser : elle a été qualifiée d'une manière différente ; l'un a cru reconnaître i'odeur de cbampiguon, un autre celle de renfermé, un troisième celle domine de rat, etc. ^ Selon M. Boyère, oette odeur serait caractéri8tiq[ne et décèlerait le blé est en oommeocemeat de fermè^tation.

La tempéiikture de la niasse de blé a ététrouTée de 15 degrés, celle dé l'air ambiant était de 17* 7.

Le poids de rbectoUtre de blé a été constaté au moyen d'une trémie pla* eée sur efaoTalet et sur un sol plein, par Irois opérations.

La première a donné. . . 76'',58 • La deuxième — ... 76 ,58 La troisième ... 76 ,60

Mofenne. 76it,8866

Le poids spéfifîqne de eo blé avait été trouvé de 7T',87fl, le 21 jaAvier I8a9, au niomeut de la mise en réserve.

Dillén iice eu moins : l'',2894.

La Coiu mission, sur la demande de M. Doyère, a constaté le poids tut&l

de la masse de Ijlé.

La lare dos Cr> sacs destines à le contenir a été trouvée de 67'',07ô. Le poids brut constaté a été de 6^048^200.

TORT DE CHHllMNfBtt.

Resto, pour Ir» poids net, n,9t< 11^,130.

Le jjouis tntal ;ivail élé trouvé, le 21 janvier, de ïi,9y4'',000. U y a donc au dùiicit de :

Ces opéEstions terminée, la Commisaifra a lait ^drter tm des sacs de blé pfis au hasard aux nonrèaux étabUsseUieiits des subsistaneea^ et s'y esl transportée elle-même pour procéder à l'examen comparatif avec lé blé extrait du silo.

Le blé extrait de l'orifice inférieur du silo a été trouvé exhaler toijgours une odeur de sulfura de carbone, mais beaucoup moins prononcée que la Teille. Toute odeur de moisi avait disparu. Le blé avait également perdu de son humidité il était plus coulant à la main, et se trouvait, en somme, en bon état.

il en était d6 même du blé pris dans la partie supérieure du silo, et qui présentait même une odeur de sulfure de carbone moins sensible que le

précédent.

Les trois échantillons prélevés dans la masse intérieure se trouvaient en parfait état âo consenation, et ne présentaient plus la moindre trace de sulfure de carbone.

Quant au M»' jirnveniiut du magasin de la Limerie, il r-xlialait uuh odeur comparât ivonienL plus forte lit plus désagréable que les bits extraits du silo ; il était moin.s cuuiant à ia main, et son état général de conservation était moins satisfaisant.

La Cuivnuissiou a fait constater de nouveau le poids dû l'hectolitre de blé extrait du silu, et a trouvé :

77'',430 pour le blù de la partie inl'érieurc,

77^,48U pour le blé de ia partie supérieure, rbcctolitre reposant, pendant son rempii5:>à^e, sur le plancher des combles du paviUon où le Ué sa trouvait d^osé.

Ces deux poids eont inférieurs de 0>t^030 à ceux «pu avaient été trouvés ia veille.

Sur la proposition de M. Doyère, la Gummission décide qu'il y a lieu d*examiiier Tinfluence q[u*une exposition & l'air plus prolongée pent ex<»?c6r snr le blé extrait dn silo ; que oe blé ceslera, en conséquence^ dépoeé dans le Local oft il ae trouve jusqu'au lundi 13 juin^ et qu'il subira jusqu'à eette date un pelletage par jour^ ainsi ([ue le blé déposé dans le magasin de la Limerie. La Commission s'ajourne, en conséquence, an lundi 13 juin, ft midi, pour clore les opérations de la première visite trimestrielle.

Jmtméc du 18 juin, — La Commission réunie, et après examen comparatif des divers échantîlluus de blé, déclare que toute odeur étrangère a disparu du blé extrait du silo, tant par loriOce supérieur que par Torifiee in^fifiir^ et que oe blé se trouve en très-bon état.

208 EXPÉBfBNCBS DE LA MARINE.

Le blé du magasin Je la Limerie présente toujours une légère odeur^ mais hnauc* up plus faible que celle qui avait été constatée le 7 juin.

Lu Commission a constaté enfin de nouveau le poids de l'hectolitre du blé extrait du silo et a trouvé :

n^ftZS pour le blé de la partie inférieure, 77^415 pour le blé de la partie supérieiire.

L'bectolitre reposant, pendant le remplissage, sur le plancher des combles du paTillon ert des subsistances où se trouvait le blé.

Cette dernière opération termittée^ la Gommisnona proeédé à la réintégration dans le silo du blé extrait. L*oriflce supérieur a été ouvert, après constatation de l'inté^ité des cachets ; — une bougie présentée dans Tori-" fiœ s'est éteinte. L'examen de la couche supérieure du blé resté dans le silo a permis & la Commission de constater ijne ce blé paraissait plus sec> plus coulant k la main^ en un mot, en meilleur état que la couche extraite.

La température de l'air extérieur était de 18° 4, Bt celle du blé dans le silo de 1 3* 5.

La Commission a fait alors reverser dans le silo, en ra prt^sence, le blé t'xlrail. et a fait refermer l'orifice après l'avoir rempli de paille. Les diverses clefs oiit ùté (le nouveau réunies sur une planchette en bois , par un ruban sur lequel ont été apposés le sceau de M. Doyère et le cachet du détail des subsistances : elles ont été déposées au bureau du commissaire des subsistances.

Tels sont les faits observés et constatés par la Commission. Sans rien préjuger sur l'opinion définitive qu'elle aura à émettre lors dn la clôture des expériences, la Commission peut établir que, jusqu'à ce jour, lo Llo renfermé dans le silo s'est mieux comporté que celui qui a été déposé dans le magstôin de la Limerie. — Cependant, la couche supérieure du blé^ près de la voûte du siloi était très-légèrement inférieure & la masse totale^ et enfin près de l'orifice inférieur du silo, il y a eu un conunencement de germination et de moisissure/ et il parait exister autour ào» parois de la tubulure de cet orifice, de 1 & 2 centimèfires d'épaisseur de blé avarié.

M. Do|ère donne de ces &its l'explication suivante : Lors de l'ensilagej dont les conditions ont été e^osées au procès-verbal des opérati^ms^ le silo n'était pas terminé et l'adièvement des travaux extérieurs a duré un mois. 11 en est résulté qpe, dans l'intervalle, l'influence de la température extérieure s'est fàit sentir, d'une part, sur la tubulure débouchant dans la galerie d'extraction, jusqu'ft ce que la porte ait été posée^ et d*autie part, sur la voûte supérieure du silo, jusqu'à ce qu'elle ait été couverte d'un remblai ext^ieur.

Il en est résulté, suivant M. Doyftre^ un abaissement de température en ces deux points, et, par sinte, une concentcation de l'humidité provenant de

la nature partÎGulière du blé^ en xaisoD du climat boub le^el on opère, concentfation qni a déterminé les phénomènes olieervés.

M. Doyère ajoute que, d'après ses observations particulières, il a trouyé qae le blé qui a été ensilé à Cherbourg» est très-notamment plus humide que celui sur lequel il a opéré pour le ministère de la guerre, à Asnières.

Eufiii , M. Doyère estime que, par suite de Tinsufllsauce d'une seule porte dans la galerie d^extraction et de la situation de Torifice inférieur débouchant à Tair dans cette galerie sans aucune protection, la température de cet orifice a dû participer plus ou moins de la température extérieure; que, par conséquent, l'abaissement de température produit pendant les derniers mois fie l'iiiver et la coïicentration d'hnmiditr qui en est résultée, ont dû ôtre plus pcM'sistuuls eu co point qu'aiiprùs de ];i voûte du silo, qui se trouve beaucoup mieux proir^gîe, et qu'il n'est, pas l'touuaut dès lors (pu; le phénomène observé ait été beaucoup plus caractérisé eu ce point qu'à, la partie supérieure du silo.

Clos à Cherbourg, le 13 juin 1859.

Signé : Jourdan, Le Sbks, Boœl, SASii, Davy, ÂuoERy Brosseuh

et DOTÀRB.

Page 1