‹ Conservation des grains par l'ensilage. Recherches et applications expérimentales faites depuis 1850 pour démontrer la conservation des grains par l'ensilage souterrain hermétiqueChapitre 4 sur 67 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

« Nous nous résumons en nous plaçant au point de vue « indiqué par le ministre.

« Les avantages du mode d'emmagasÊnage des blés au ff moyen des silos que nous avons expérimentés sont incon-

« testâbles.

«Ce mode offre un moyen facile de conservation et supprime « les manœuvres habituelles d'entretien de la denrée. « Il est économique sous le rapport de Taugmentation de la

«contenance, des espaces, ainsi que ytjus le rapport delà ré- » duction de la main-d'œuvre, et il olire toute sécurité contre « Fincendie et contre le feu de Tennemi dans les places de « guerre.

« Enfin il est infiniment supérieur sous tous les rapports à

«( tous les moyens d'emmagasinemeut et de conservation em- « pioyés jusqu'à ce jour. »

' Voir les ùocufMnts^ etc.

BXPOSÉ HISTORIQUE. 51

ra

Troiaième série d^expérienees, faite à Alger en i8S6 et 48ti7, puur le destruetioa des eharaDçoDs dens les grains trop secs pour altérer ]*dr des silos.

Nos «i^périenccs particulières d'Asnîères avaient souUn c uije question grave, en prouvant que les blés au delà d'un certain degré de siccité n'altèrent pas Tair enfermé avec eux sons terre, à Tabri de toute humidité. Les blés ensilés dans ces conditions seront-ils à l'abri des charançons et des autres insectes qui détruisent les grains accumulés en grandes masses?

Sous nos climats, ce ne peut être là une objection contre Fensilage; car le blé, dans les silos, à une profondeur de deux mètres^ ou plus bas; est, pendant la presque totalité de l'année, au-dessous de 15 degrés et il est reconnu, d'après les faits observés, que les insectes destructeurs des grains sont, par ces températures, dans un état d'inertie qui ne leur permet ni d'exercer des ravages ni de se multiplier. Leur e»stenc6 dans les silos se ferait donc reconnaître tout au plus dans la partie supérieure, on même seulement dans le blé dont le col est rempli, et ce ne peut être là une cause de perte notable.

Mais il en doit être tout autrement pour des contrées comme l'Algérie et l'Espagne^où la température s'élève à 19 ou 20 degrés jusqu'à 4 ou 5 mètres de prolondeur dans le sol. Les grains qui n'auraient pas assez fermenté pour dépouiller Fair emprisonné avec eux dans les dlos, des dernières traces de son oxygène^, y seraient dévorés par les charançons.

^ iedonnecechiflire d*aprte des ebservatioiis ooDtiouéee depuii'iix ans dans les silos d'AsBières, où des thannoinètres sont en permanenee, dans des tubes fermés inférieurement, et plongeant dans le blé à un mètre et deux mètres de profondeur.

* La quantité d*oxygèiie nécessaire dans l*air pour entretenir la vie et Tactivité des charançons est presque infiniment fiiible. Quant à leur destruction rapide dans les grains qui CanDentent, je Pai constatée par des expériencea directes.

Les expériences entreprises avec Tadininistration de la guerre rendaient donc nécessaire que nos procédés d'ensilage fussent complétés par un moyen de détruire directement ces

insectes.

Les moyens que j'avais proposés en 1852 pour la destruction de Taiucite étaient peu en rapport avec de très-grandes masses de grains, et^ d un autre côté, nos silos offrent la con-* dition dont l'absence m*ayaît fait négliger, huit ans anpara< vant, l'étude des agents asphyxiauts, celle .de contenir les grains dans des capacités imperméables et parfaitement fermées. C'est en prenant cette voie de recherches, que j'arrivai à reconnaître dans un des plus volatils parmi ces agents, et coiui dont l'odeur se dissipe le plus rapidciiieuL dausle sulfure de carbone, un insecticide dont Ténergie et les avantages satisfont, pour l'application spéciale qui nous occupe^ à tout ce que la pratique peut exiger S Je me rendis à Âlger au mois de septembre 1857, pour y appliquer le sulfure de car-»

« Cette découverte ayant été revendiquée très-vivemeot, et même avec l'imputalioa d^un piogîat pour lequel aucune condamnation de la part de Popinion publique ne pourrait être trop sévère, je crois devoir ajouter ici quelques détails propres à bien fixer les situations, et qui ne seront pas démentis.

En fnit, j'ignorais absolument que M. Carreau se fût occupé de la dcstniclion des ÏDseclcs et du sulfure de carbone. La note invoquée, .ivec raison, d'ailleurs, par M. Carreau, avait été consignée dans un des recueils agricoles les moins répandus qui existent; et il ne paraît pas qu'elle ait élé relevée dans aucinic des publications sérieuses où nous allons cbercber l'indication de ce qui se produit de véri!a!)lcnienl iiii,'nc de bxer Tattention, dans les sciences on dans l'agriculture. Sans doute, c'est une obligation étroite que de reconnaître les droits aalcneurs aux nôtres; mais va-t-elle jusqu'à imposera ceux qui se livrent à des rccberchcs, d'avoir tout lu, jusques et y compris des bulletins de comices agricoles qui ne se fronveot dans aucune bibliothèque publique à Paris ; ni dans cdie «fo nn-> stitut, ni dans celle du Muséum d'histoire naturelle, ni dans celle de la Société centrale d'agriculture?

J*ai pu, pendant plus d'un an, continuer mes recherches, faire les expériences qu'on va lire, et en publier les résultats qui. ont été reproduits en quelque sorte dans tous les journaux, sans que rien m'ait indiqué qu'on avait déjà publié quelque choie sur ce sujet Lorsque M. Garreau s'est décidé A réclamer, la Com-

BXPOSJÉ USTORIQUE. 53

bone à i'ensilage des grains menacés ou même déjà en pai iie

détruits [ku les charançons. Une Commission spéciale avait été formée par S. Ëxc. M, le gouverneur général de l'Algérie. La Société pour la consenration des grains faisait les frais de cette grande expérience; Fadministration de la guerre fournissait les locaux et les grains charançonnés.

La Goiiiaiissioii d'Alger* n'a pas consacre, du 25 octobre

mission d'Alger avait prociamé qu'il ne restait plus rieu à faire pour dcmontrcr l'effîcacilé du sulfure de carbone couiuie iiiscclicidc, et le rôle important qu'il est peut-être appelé ù jouer dans la pralii]uc.

J'ajoute que la priorité réclamée par M. Carreau n'a peut-être pas 1 Hiuntrlance qu'il lui a attribuée. 11 a vu des ohaïaut^uiis périr par le sulfure de caibouc; il a signalé cet agent comme pouvant offrir le principe d applications utiles pour ragriculture ; il a décrit une expérience et propose un procédé. Hais H. Tli. Nunoeley^ professeur de physiologie à Leeds» avait déjà fait connaître cinq ans auparavant raetion insecticide si énergique du sulfure de carttone , dans le travail le plus considérable qui existe sur les agents anéslbésiques (On ùnœtfhe9w anâ anmUtesie substance gweraUy, etc. 1849). Voilà pour la priorité proprement dite et toile que H. Garreau parait Tavoir comprise, pour la priorité du principe, pour la priorité de la découverte. Son expérience^ il Ta faîte, sans nul doute ; seulement il y a commis une erreur inconcevable, La dose de sulfura de carbone qu'il indique est au moins dix fois trop faible. Quant i son procédé pratique, tpii consiste à répandre dans un grenier ordinairo 5 kilogrammes de sulfure de carbone par 1,000 mètres cubes de capacité, après avoir calfeutré les portes et les fenêtres avec du papier, il ne l'a indiqué luL'méme que comme une déduction purement théorique, et ne l'a jamais essayé, «ans quoi il eût reconnu nécessairement qu'il ne peut donner aucun résultat utile.

M. Carreau ne me semble donc pouvoir réclamer avec justice ni la priorité du principe, ni celle du procédé, ni celle de l'application, et l'oubli dans lequel il a laissé sa découverte donne la Juste mesure de l'importance qu'elle avait k ses propres yeux.

* Elle était composée de :

MM. Douop, intendaniiiiilitaire de la division d'AL'cr, président;

De Guiroye, ancien mtendant militaire, maire de la ville d'Alger -,

Hallouin, sous-inleudant militaire pour les subsistances;

Vallier, membre de la chambre consultative d'agriculturo;

Renoux, lieulenant-colonel, directeur de rarsenat du génie;

Fare, capitaine du génie;

Millon, pharmacien principal ;

Eyroux, otiicicr d'administration principal des subsistances militairej», secrétaire de la Qoinmissioa.

INTAOOUCTlOlf.

185G au 2(i sci»tcmbro 1857, moins de quatorze séances générales à Texainen dos questions qui lui étaient soumises, indépendamment des travaux qui se sont Êiits sous le contrôle de Sous-Gommissions déléguées spécialement pour chacun d'eux. Voici, brièvement exposés» les faits qu'elle a constatés et dont on trouvera les détails circonstanciés dans ses procèsverbaux

Le sulfure de carbone, à une dose qui n'excède pas, pour la dépense, un à deux centimes par quintal métrique de blé,

fait périr culicrcment, dans les silos, les charançons et leurs vers. On les retrouve morts, desséchés, fragiles et comme carbonisés ; les œufs sont anéantis comme les insectes euxmêmes.

Cette action n'a pas de limites dans la grandeur des masses h traiter. Une des expériences faites devant la Commission a porté sur 11 500 hectolitres d'orge remplissant un seul silo. Le traitement, par lui-même, a duré vingt minutes ; le surplus du temps qu'a duré Texpérience comprend celui qu'a exigé Topération de l'ensilage, et le nombre de jours qu'il a fallu alteudrc ensuite pour que Taclion insecticide fût produite.

Ce dernier résultat peut être obtenu complètement en vingtquatre heures, en employant 15 grammes de sulfore de carbone par hectolitre de blé*. Sons l'influence de doses moins élevées, les insectes cessent immédiatement leurs ravages, jusqu'à ce qu'ils tombent dans rimmobiiité complète et dans la mort.

Le sulfure de carbone disparait rapidement des grains qui ont été traités, et on peut, sans aucun inconvénient, les donner aux animaux, imnic diatement après qu on les a extraits des silos. 11 est absolument sans action sur le froment, qui

i Documeots, etc., IV.

' Des expériences ultérieures m*ont prouvé que la dose de sulfure de carbone pour tuer les cbarançons dans un tempa délermioé est d'autant plus élevée que la température est plus basse.

BXFùsà Himiti^. 55

conserve ioaitérées toutes ses propriétés pour la panifica* tîod, ainsi que aa faculté de germer.

Faute d'un autre emplacement favorable, et aussi à cause delà saison, qui ftit un 1ii?er pluvieux, comme personne ne

se rappelait en avoir vu à Alger, deux silos à revêtement métallique avaient été construits dans l'une des vastes casemates de l'ouvrage turc, connu sous le nom de Fort-Neuf. Mais^ parles dispositions adoptées, et pnr leur situation en contrebas du sol, ils soQt dans des conditions très- rapprochées de celles des silq^ souterrains. Leur capacité géométrique est, pour chacun^ de SO'^^IO^ et leur contenance réelie, de $60 hectolitres de blé.

Le 7 février 1857, le silo Est, ou silo n* 1 , reçut 65 404^400 d'un blé dévoré par les charançons*. Sa perte, dans le magasin de la Salpctrière, où il était en couches depuis le 20 novembre précédent, avait été de par hectolitre, et satempérature s'était maintenue entre 32 et 40 degrés, mal* gré des pcllctLi^iOs répétés jusqu'à deux fois par jour. Les cliarani^ous vivants y iburmiiiaieni de manière à l'aire dis[)arailre la surface des couches sous une enveloppe noire et vivante K

Le 11 février, les charançons étaient déjà morts ou privés de mouvement. Le silo Ouest, ou silo ^ 2, fat rempli d'un blé sain, mais cependant déjà envahi par les charançons, ainsi que Tannonçaient la présence de quelques-uns de ces insectes vivants, et d'un petit nombre de grains piqués ^ Il en fut ensilé 67 026^550.

Des échanlillons des deux blés furent gardés en sacs dans des pièces exemptes de charançons, pour servh' plus tard de termes de comparaison.

Les silos ont été ouverts le 23 septembre suivant, pour procéder à la vérification des résultats de cette double exp^-

* Humidité, 13,40 pour 100 <l*eau.

* Humidité, 12,87 pour 100 d'eau.

INTROOirCTION.

rience, et 1 opératiou a duré jusqu'au 28. La Commission a reconnu que les charançons, dans les deux silos, aind que leurs larves à Tintérieur des grains de blé» étaient moris et desséchés, que leurs ravages 8*étaient arrêtés aussitôt après

l'ensilage ; qu'il n'existait aucune trace qui permît de pcnseï* que la plus iaible quantité de blé eût été perdue depuis. Quant à l'état des blés, il a été trouvé « absolument identique avec ce qu'il était le jour de la mise en silo. » La pesée, qui a été faite avec un soin extrême, comme dans les opérations pre<» mières, n'a accusé qu'un excédant de 6 kiio^raiiiiiics dans le premier silo, et un déficit de 8 kilogrammes dans le second ; ce sont là des concordances comme on pourrait à peine en attendre des balances les plus délicates, dans le pesage des matières qui varient le moins. Aussi la Commission a-t-elle déclaré : — - « Que la quantité (iu blé ensilé s'est retrouvée iu- « tégralemcnt dansledéseosiiage. >»

Le bié du 7 lévrier, conservé en sacs, avait perdu 13,42 pour 100 de son poids, sans avoir été nettoyé. Il était devenu impropre à aucuo usage. Le blc du 11 icviier conservé en sacs avait perdu 4^^,81 de sou poids a rhectolitre.

La Commission d'Alger n'avait pas attendu les résultats qui précèdent pour proclamer le succès complet des expériences dentelle était juge. Dès le 11 juillet précédent, après une visite aux silos, et un examen de leur contenu, elle résumait son jugement sur les faits dont elle avait été témoin depuis huit mois, dans un rapport adressé à S. Ëxc. M. le ministre de la guerre, et d*où j'extrais les passages et la conclusion qui suivent :

« La Commission fait procéder d'abord à l'ouverture

a de l'orifice inlérieur du silo Est, après avoir préalablement (c constaté que les scellés sont parfaitement intacts.

<€ Le blé qui s*échappo de ce âlo donne lieu de remarquer « qu'il ne se révèle qu'une odeur presque insensible de sultt iure de carbone; pour quelques membres de la Commission

EXP08& HISTORIQUE. oT

a même, le blé n'exhale que l'odeur de silo natui'clic à tous « les grains ensilés peudaat un certain temps.

« Ce blé est soumis ensuite au tamisage, et Texameo des « résidus, fait a?ec la pins minutieuse attention, démontre « qu'il n'existe pus la moindre trace (le charançons vivants, a Tous sont morts et réduits en poussière, à l'exception d'un « bien petit nombre ayant encore leur forme première, mais « se pulvérisant sous la mmndre pression du doigt.

« La Commission fait ensuite ouvrir rorifice supérieur du a silo Ouest.

« A I cnicvcmcnt de la plaque de /âne qui bouche i oriiicc « du silo, plusieurs membres de la Commission constatent « une exhalaison trèfr-marquée, mais très-fugitive, de sulfure a de carbone. Après deux on trois minutes, cette odeur n'est a plus sensible.

« Le blé qu'on extrait de ce silo, de même que celui qui € vient d'être examiné, présente les mêmes caractères que « celui du silo Est.

« Quelques mciiibrcs signalent une léirère odeui de sul- « iure, d'autres ne rcconnaissoiiL uu blé que l'odeur natucr relie du blé conservé en silo.

€ Soumis aussi au tamisage, ce blé donne des résultats fv aussi satisfaisants que le premier, les insectes sont tous a morts, réduits en poussière, ou couiplétenient desséchés.

« Procédant ensuite au pesage de la denrée, on obtient, « avec le blé extrait du silo Est, par l'orifice inférieur, le poids « moyen èThectolitre de 75^,4.

a Avec le blé extrait du silo Ouest par rorificc supérieur, ou « obtient le poids moyen de 77^4 à riiectolitrc.

« A l'époque de l'enfouissement de ces blés dans les silos, il « a été constaté les poids suivants :

Pour le premier blé, te poids de . 7 j>> , l Pour le deuxième bïé, le poids de 77J,7

58 INTRODUCTiOM.

« La différence en plus ou en inuiiis constatée cuue les pre- H micres pesées et ces dernières est évidemment insigniOante « et ne peut proyenir que de la difficulté d'obtenir par les pro- « cédés employés un mesurage sans yariation.

« La Commission reconnaît que la concordance dans le « poids de la denrée, comparaison faite à cinq mois d'intera valle, tournit à elle seule la preuve la plus irrécusable de « la destruction totale du charançon et Tindiee certain de Tac* (f tion immédiate du sulfure de carbone contrôle ravage de ces « insectes.

« Sous l'impression des immenses ré-

ff suitats obtenus du procédé Doyère, la Commission en « prodame à l'unanimité le succès le plus complet. »

Quatrième série d'expériences; question de la salubrité ou de Pinsalubrité du sulfure de carbone comme moyen de détruire les insectes des grains.

Les faits obseryés par les deux Commissions de Paris et d* Alger ne laissaient plus subsister aucun doute que le double problème de la conservation dr s L;rains et de la destruction des insectes qui les dévorent ne lût résolu par l'ensilage combiné ayec Temploi ;du sulfure de carbone. Hais [)ouyait-on employer sans danger un agent aussi redoutable dans quelques-uns de ses effets? Une publication récente d'un médecin distingue, professeur agrcsrc de la Faculté de Paris S avait soulevé à cet égard de justes craintes. 11 n'existe, à la yérité, pour ainsi dire, aucun rapport entre les circonstances qui déterminent les phénomènes observés par M. Del-

1 iVêmnire sur les accidents que développe^ chez les ouvriers m caoutchouc^ PinhcUaUon du sulfure de carbone en vapeur^ par M. Delpecb. Paris^ 1856.

BXPOfiB HISIORIQUB. 59

pech, et celles dans lesquelles se fait rapplicatiou du suilure de carbone à la destraction des insectes ; mais il ne s'en agît pas moins d'introduire dans* la pratique on agent suspect et pouvant produire, dans certains cas, des accidents très'-graves.

S. Exc. M. le ministre de la guerre crut devoir charger la Commission supérieure des subsistanees militaires de décider les questions suivantes :

« l*" Le sulfure de carbone esl-il nuisible aux personnes

qui rappliquent?

« 2° Conibiué avec le blé, s'évapore-lril compiétemeut à « Tair libre ?

« 3** Si une partie de son action ])crsiste dans le grain et

« dans la farine qui en provient, est-elle de nature à causer des < ti oLibles dans les organes digestifs de I homme ou d'exercer « un etfet nuisible quelconque?

« 4^ Même question pour l'orge et Tavoine destinées aux « chevaux?

« 5° Existc-t-ii un moyen d annihiler les effets du sulfure

« de carbone ?

« 6° Ëoûo, Iparmi [les agents similaires non encore classés « au nombre des anésthésiques^ en esiril quelqu'un qui ne « présente pas les mêmes inconvénients que le sulfure de « carbone et dont le prix aoii aussi modéré?»

La dépêche de S. Exc* est du 26 septembre 1857 ; la Commission a fait son rapport le 18 février 1858. G*est un travail considérable^. Il comprend deux séries de recherches faites, les unes par une Sous-Commission spéciale, aux silos d'Asnières et à la manutention militaire du quai de BiUy ; les autres par M. le docteur PoggialOt dans son laboratoire du Val-

• Docunifints, n* V. Comossion swtoinniB; Expériences relatives i lAtsEs-

TRUCTION DES cnAnANÇONS PAR LE SDLFUBB ]>B CARBONE; RapfOH de la SOtIf-

Commission chanjée de faire de» expériences sur retnpiot dusulfurede carbone fHMir la destruolion des inseotee f^atUes des grain».

de-Grâce. Ces doriiières méritent d'être parlieulièreinent citées, pour l'emploi qu'y a reçu un procédé nouveau d'analyse qualitative, propre à dénoocer daus le blé et dans ses produits des traces infinitésimales de sulfure de carbone.

r.es conclusions de la Commission, prises à Tunanîmité, sont les suivantes :

« Que le sulfure de carbone« employé en si faible quantité « et dans les circonstances qui ont été définies, ne saurait être « nuisible aux personnes chargées de l'opération.

« Que les expériences de M. le docteur Po^^^^qulc, confirmées « par celles do la Sous-Commission, ne laissent absolument a aucun doute sur la disparition complète du sulfure de car- « bone dans le blé exposé à Tair libre, ainsi que dans la fa- « Hne, dans la pâte et dans le pain.

« yuc le siiltïiri; du €ar]>one, eiiijjloyé pour la destruction « des insectes du blé, ne détermine aucune décomposition a chimique ni aucune altération du grain dans son contact a avec lui.

« Que, dès lors, cet emploi ne peut avoir aucune consctt quence lâcheuse pour les hommes ni pour les animaux.

« Que parmi les substances que la chimie ofire comme « pouvant rendre les mômes services, le sulfure de carbone « est la seule qui réunisse en même temps et au même degré a les coudilious iudispcasahles : énergie d'acliou, voialilité, tt innocuité et modicité du prix de revient. »

Expériences faites «Taprès les ordres de S. Exe* U. le ministre de la marine, dans les trois ports de Cherbourg, de Brest et de Toulon *.

On a vu que la Commission supérieure des subsistances, au

* Doeumenls, etc., n* VI. PnocÈs-TBRBiirt et Ratmats a S. Exc. H. le m-

mSTEE DE LA HAMME SDH LES EXP^IEHCES n*Ell8tUGB FAITES PAR H. DOVjSftB AAHS

BXPOSi HISTORIQUB. 61

ministère de la guerre, complaît parmi ses membres Thonorable M. de Saint-Germain, sous-commissairc au bureau des subsistances de la marine. Sur le rapport que M. de Saint* Germain ût à M. le Ministre de la marine' des expériences dont il vient d'être question, Son Excellence décida que des expériences spéciales auraient lieu dans nos principaux ports, pour décider si l'ensilage pouvait y être appliqué à Temmagasinement des blés.

Il était permis de craindre, en effet, même après les succès obtenus sous les dimate de Paris et d*Âlger, que Tensilage n'échouAt lorsqu'on viendrait à le mettre aux prises avec des conditions comme celles qu'offrent dans nos ports de mer les grains, le terrain et l'atmosphère. Les sollicitudes de Tadministration de la marine, à cet égard, se montrèrent telles que, tout en voulant que l'expérimentation fût laite, en raison des avantages que l'emploi des silos pouvait lui procurer en cas de succès, elle exigea que la Société pour la conservation des grains en prit tous les frais à sa chaire et déposât, de plus, un cautionnement pour les blés qui y seraient exposés, il iiu convenu que les silos seraient ouverts tous les trois mois, en ma présence, pour leur contenu être 1 objet d'une visite et d'un examen contradictoires, et que chaque expérience prendrait fin sitôt que la Commission désignée pour en être juge reconnaîtrait qu'elle ne réussissait pas. La Société devait solder, dans ce cas, toutes les pertes, comme tous les frais; elle s'était réservé, pour le cas contraire, le remboursement de ses dépenses, et le privilège exclusif de construire, si le système deyait être appliqué ultérieurement aux approvisionnciiîcnts de la marine.

Le traité qui renferme ces conditions est du 30 juin 1858.

LI S TROIS PORTS DE Cherbourg, de Brest et de Toulon, pendant les années 1859-1 SGI.

^ M. l'amiral llaiiieliu.

62 INTRODUGTIOIf.

Par suite, trois silos (répreiivcs de GôO hectolitres chacun oui été établis, l'un à Cherbourg, un second à Brest et un troisième à Toulon. Ib ont été construits, remplis, fermés et sceUés du 15 décembre 1858 au 31 mai 1859. Les expériences ont dnré dht-sept à dix-huit mois dans les deux premiers, et deux ans dans le troisième. Elles ont partout réussi. La supériorité de l'ensilage rationnel des grains sur tout autre procédé de construction, au double point de vue de Téconomie et de rinté^té de la denrée, a été reconnue partout comme elle l'avait été par la Commission supérieure des subsistances militaires et parla Commission d'Alger.

Les épreuves de Brest et de Cherbourg méritent une attention particulière entre toutes celles auxquelles Tensilage a jamais été soumis. Ëlles peuvent être considérées, sous deux rapports diflérents, comme des épreuves à outrance.

A Cherbourg, lensilage a eu lieu au cœur de l'hiver, en plein air, et par un temps affreux. La Commission a dû interrompre deux fois ses opérations, pour les reprendre après un ou plusieurs jours d*intervalle. Le blé était apporté d'un magasin éloigné de deux kilomètres.

A Brest, le silo d'essai fut établi non pas seulement dans un terrain humide ou même mouillé, mais sous le terre-plein d'un quai dont le massif en pierraille est noyé par Feau delà marée montante. Lors des hautes mers d'équinoxe, le silo est plonge dans Tcau deux fois par jour, jusqu'à quatre mètres de hauteur.

Enfin, dans ces deux expériences de Brest et de Cherbourg, les blés étaient à la limite extrême d'humidité conciliable ayec

une conservation de longue durcu, et c'est là surtout ce qui leur donne la signification particuUère en vue de laquelle 1 administration de la marine avait voulu qu'elles fussent instituées. Le blé ensilé à Brest renfermait 17,30 pour 100 d'eau; celui ensilé à Cherbourg, 17,50 pour 100. Je ne crois pas que, dans aucune circonstance, avec les conditions qu elles

ËXP04K HISTORIQUE. 63

mettent à leurs réceptions, nos adminîstrstions poissent admettre des blés plus désavantageux pour Tensilage. On peut

donc regardci le (ievelo|i[K ment de l'odeur spéciale signalée dans les rapports des deux Commissions comme constituant le plus grand danger que courent les blés renfermés bumides dans les silos. Cette odeur avait déjà été observée à Âsnières; elle disparaît par Taérage, et le blé peut même être livré à la mouture au soiiir du silo, sans que ses produits en conservent aucune trace. 11 est permis d'attirmcr que les blés, même très-bumides, peuvent être gardés en silos sans aucun dan» ger. Seolement la durée de leur séjour y doit être limitée. L*odeur et le changement qu'elle manifeste s'y 'développeront d'ailleurs d'aulaat moins que Tensilage aura eu lieu par une température plus basse.

Ajoutons que les blés qui courent risque de s'altérer dans les silos ne sont susceptibles de se conserver par aucun autre procédé sans avoir été desséchés, et que, toutes conditions égales, le silo souterrain hermétique ne le cède à aucun autre système de greniers, même pour les biéi| humides. Les opérations d'ensilage faites à Mettray en ont fourni la preuve

Essais pour la.«ùiiB«nrttion des fuioes.

La question de la conservation des farines en silos nous parait décidée sous la plus importante de ses laces, par les essais dont elle a été l'objet à Brest et à Toulon. Les farines que k meunerie livre au commerce et à la consommation ne se conservent pas dans les silos qui donnent pour le blé des résultats si satisfaisants. Il faut donc renoncer à la pensée de constituer des réserves en farines par l'ensilage, au moins jusqu'à ce que Ton ait créé des moyens susceptibles d'entrer dans la pratique en grand, pour donner aux farines un degré de dessiccation très-élcvé. Cette solution n'est peut-être pas irréalisable, mais il est à craindre qu'elle ue rencontre de

> Voir k praots-verbal decM opérations, dans les Davmmtg^ page 399.

64 nfntoDVCTioiv.

graves difficultés dans la facilité avec laquelle les farines s'altèrent par la chaleur. Il n'en fiiut pas moins désirer qu'elle devienne Tobjet d'une étude sérieuse et aidée de moyens en

rapport avec suu importaQce.

vn

Ado(itioo définitive de TeDsilage des grains par les deux déparleoMBls

de la guerre et de la marine.

Les épreuves dont on vient de voir l'exposé dans les chapitres qui précèdent ont reçu leur sanction définitive, celle que pouvait seule leur donner une adoption du système par les deux grandes administrations qui sont comme les tribunaux auxquels, dans l'opinion publique, ressortent toutes les découvertes et tous les |)i ogrès qui intéressent la question des subsistances, m attendant qu'ils aient été consacrés par la pratique générale.

Les procédés d'ensilage expérimentés à Paris, à Alger, à Brest, à Cherbourg et à Toulon sont aujourd'hui adoptés par les deux départements de la guerre et de la marine.

vm

Apiilkitioiis agricoles ; Siloi de M. le comto de INiiirtilèi ; Siloi de It œlonie

deMettny.

Je nie réserve de traiter ailleurs les applications dont le silo est susceptible, soit comme grenier de réserve et d'abondance, par la propriété qu'il a de conserver absolument et indéfiniment les grains secs et de bonne qualité ; soit comme grenier

courant, si je puis m'exprimer ainsi, ayant pour usage de

loger les grains destinés à la consoiianation de tous les jours, OU à un écoulement rapide. Comme moyen d'emmagasinément et de conservation, le silo doit devenir, pour les grains, dans la pratique générale, ce que sont le tonneau et le foudre

pour les liquides.

Biais» de toutes ces applications, la plus intéressante assurément est celle qu'il doit recevoir dans Tagriculture.'

RXTOSB RISTOHfQUB. 65

Toutes les autres lui sont subordonnées. Le jour où ragriculteur logera ses grains daos des silos où il pourra les conserver sans déchet^ sans dépréciation et sans frais, il sera véritablement maître de la sitoation ; la France sera approvisionnée, les réserves réglementaires n'auront plus d'objet , si ce n'est dans des limites étroites ; on peut dire que toutes les autres applications comparées à celles-là n'ont plus qu'un intérêt secondaire.

C'est à M. le comte R. de Pourtalès ([ue revient le mérite <le l'avoir, le premier, assez vivement compris pour vouloir le prouver par son exemple; rinitiative lui en appartient tout entière. Il m'écrivit, il y a trois ans, pour me demander à quoi avaient abouti les idées que j'avais publiées en 1853 sur la conservation des grains. L'état des blés dans les silos d'Asnières, et les succès constatés par les procès-verbaux des deux Commissions de Paris et d'Alger^ le décidèrent à faire installer six silos de 200 hectolitres chacun dans deux fermes dépendant de son château de Bandeville, à Saint-Cyr, près Donrdan.

M. le comte de Pourtalès a fait connaître ' le succès de cette première application agricole de l'ensilage dans une letti'e qui mérite une sérieuse attention de la part de tous ceux qui se préoccupent de la situation de notre agriculture. Il y montre l'agriculteur véritablement possesseur enfin du produit de ses récoltes, et le crédit sur consignation de grains se constiiuaiit sous des formes simples et pratiques. Cette lettre est un des documents les plus intéressants parmi ceux que j'ai cru devoir réunir dans la publication présente

Une seconde application agricole, née en (jiieltjue sorte de la précédente, a eu lieu à Mettray, l'année dernière. L'illustre directeur de la colonie. M. Demetz, toujours à la poursuite du progrès^ surtout quand il peut profiter à sa chère et admirable

• JouTîtal (Vnffricultnre pratique, numéro du "20 octobre 1861. > Documents, etc., VU. Lettre de M. le comte R. de Pourtalès.

cenvrc, voulût être témoin, par ses propres yeux, de !a réussite

(les cnsilîiL^cs de M. le coQilc de Pourtalès C'est après avoir îissislt; à l'extraction des blés et vu vider deux silos au chàleau de Bandeville, qu'il a appliqué lui-même l'ensilage à renf)ma' gasinement du blé pour la consommation de la colonie de Mettray, et à la formation, durant les années d'abondance, d'une rcsei'vc pour los années decherté. Deux silos de 500 hectolitres chacun ont déjà été construits et remplis ; six autres doivent l'être au fur et à mesure que la réserve pourra se faire.

Les silos de Mettray ont été construits sous ma direction parles atcliiMs de la colonie elle-même. Par leur cniplacemeot, par leur disposition, par l'économie avec laquelle ils ont été établis, ils peuvent servir de modèle pour l'applicatioD du système des greniers souterrains dans un grand établissemenl ai^i icole. Ils sont sous un vaste hangar, (pii pt;rmet de les ouvrir et de les remplir, à l'abri des intempéries de Tair, et même d'y faire tomber le blé sortant de la machine à battre. Le hangar n'en reste pas moins propre à tous les usages auxquels il était destiné. L'extraction du blé se fait par des orifices inférieurs donnant dans un tunnel oii l'on descend par un escalier, lieçu dans des sacs, on l'enlève hors du tunnel au moyen d*un treuil, pour le charger dans la voiture qui le porte au moulin immédiatement.

A peine tcrniluéri, ils ont été remplis de froment. Ce premier emmagasinement dans les silos de Mettray mérite d'être connu dans ses détails; il a lait constater, dans la pratique agricole, deux résultats très*importants.

L'ensilage a eu lieu au mois de novembre de Tannée dernière. Les blés de la colonie, rentrés dans les mauvais jours qui ont rempli la période de la récolte de 1860, renfermaient 19 pour 100 d'eau; c'étaient peut-être les blés les plus humides que Ton ait jamais ensilés nulle part.

On a constaté d'abord que le blé, même très-huinide, ne

se perd pas par le seul lail crùti e mis dans des vases hermétiquement fermés, à l'abri de L'air, de l'humidité et des variations de la température, et que toutes les craintes dont Tensilage est l'objet, à eet égard, doivent disparaitre. Voici dans quels termes le fait est olahli dans le rapport rédigé à Mettray, et signé par M. Demetz et par les obéis du service dans lequel les silos se trouvent placés * .

« Le blé, ensilé le 15 novembre, était extrêmement bu- « inicie; inalijçrc les nombreux i»ellclaL:;cs qu'on lui avait fait « subir, il avail pris une odeur de moisi très-prononeée, « et s'agglomérait dans les couches. M. Doyère avait eu « grand soin de nous faire connaître que ce n'était pas là « du blé susceptible d'être conservé indéfiniment, ni même « pendaiiL un temps très-long, à moins (i'en modifier l'état «( d'humidité par un séchage j il ne pouvait qu'être gardé en « silos pour servir à la consommatiou de Tannée courante.

« Les silos ont été visités le 5 janvier et le 15 février, pour « calmer les doutes et les inquiétudes qu'il était permis de « concevoir sur l'état du hlé dans leur intérieur.

<i Ces visites ont £ait connaître que le blé ensilé ne subis- «I sait ni échauffement ni fermentation. La sonde que nous « avons employée n'a rapporté, de toutes les parties, que du « blé sain, sans aucune trace d'altération, et nous avons biena tôt eu la certitude que le blé se conservait parfaitement, « bien que n'étant l'objet d'aucun soin, et ne devait plus « causer aucune préoccupation.

« Le silo n" 1 a été vidé du 26 février au 18 mars pour U a consommation delà colonie... >'uus avons trouvé le blé partt faitement conservé. L'odeur de moisi contractée dans le « grenier où il avait séjourné deux mois en couche n'avait « pas augmenté. Ce qui caractérise nettement le résultat de

* Documcols, etc., w VII. Compto lendu des opérulioas j fusilage (jui oui eu lieu à ia coiaoie péaiteatiaire de Mctiruy du lU uovembre i»<iu au avril I8G1 .

68 IMTRODUCTIOlf.

H cette première opération, c'est que le blé a été retiré du silo « tel qu'il y avait élé mis.

« Nous Tavons envoyé au moulin absolument comme celui « qui était resté dans le grenier. Notre cooviction est qu'il « eût pu rester beaucoup plus longtemps dans le silo sans que « l'on eût à redouter la moindre altération, et nous eussions « voulu continuer l'épi euve, mais les besoins de notre con- « sommation nous ont obligé d'y mettre fin. i»

J'ai parlé d'un second résultat II montre que les blés bumides ne sont pas nécessairement exclus des réserves destinées à avoir une longue durée, et qu ils peuvent être amenés, facilement et à peu de frais, dans les silos même, au degré de siccité convenable.

Le second silo avait reçu, avant d'être rempli, une disposition consistant dans un plancher en voliges clouées sur des traverses, établi à 15 centimètres au-dessus du fond, et dans un conduit par lequel un courant d'air chaud envoyé par un ventilateur pouvait arriver sous ce plancher, et traverser la masse de blé enâlé pour en sortir en entraînant au dehors son excès d'humidité.

On remarquera que ce n'est là qu'au agencement en quelque sorte primitif, et tel qu'il convenait tout au plus pour une vérification expérimentale du principe lui-même. C'est par des dispositions beaucoup plus favorables au meilleur emploi de la foi ce et de la chaleur, et, par suite, à la rapidité des opérations, que la dessiccation artificielle du blé se fera dans les silos, au moyen de la ventilation, si c'est là une opération destinée à prendre place dans la pratique de la conservation des grains.

L'expérience qui nous occupe a- commencé dans le second silo de Mettray le 11 janvier dernier. On y a d'abord introduit un courant d'air chauffé à 70 degrés, et cette première ventilation àTairchaud a été répétée pendant trois jours avec une durée de huit heures par jour. Puis on a fait passer un courant

d'air froid de la même manière et pendant le même temps à travers la masse échauffée. Le ventilatenr était mis en mou^

vement par quatre enfants de quatorze à quinze ans.

Le rapport d*où J'ai extrait le passage qu'on a lu plus haut montre que cette expérience a coûté lâ centimes par hecto-* litre, non compris les frais d'établissement des appareils ; puis il en fkit connaître les résultats dans les termes suivants :

« Le silo n" 2 a été vidé, coainie le premier, pour les be- « soins et les convenances de la colonie. Le vidage s'est fait « successivement et par parties du 1 1 au 26 avril. Dès Tou- « verlure du silo, il a été facile de reconnattre que le blé avait « subi les modifications les plus avantageuses. Nous l'avons « trouvé fraisa la main, et sans trace d'échaurtem eut, comme « celui du silo n^ 1 , mais, de plus, sec, coulant à la main^ € amélioré pour l'œil, et ayant complètement perdu Todeur « de moiffl qu'il avait au moment de l'ensilage. C'était du blé « qui, par l'opération qu'il avait subie, avait manifestement « passé d'une qualité intérieure à une qualité supérienre.

€ Son poids à l'hectolitre, qui était primitivement de li^^bO, « a été trouvé de 74 kilogrammes en sortant du silo, et de « 75 kilogrammes après nn coup de tariire.

« Envoyé à notre moulin, le meunier a déclaré qu'il s'est « mouturé comme du blé récolté parfaitement sec...

a Interrogé à son tour par nous sur les résultats obtenu» « dans la panification, le boulanger de la colonie a déclaré « que la farine de ce blé, amélioré par la ventilation, s'est « parfaitement comportée, et ne lui a laissé rien à désirer. »

Avant cette expérience, il restait cette objection, que tous les blés n'étaient pas propres à toutes les applications de l'ensilage ; que les blés trop humides devraient nécessairement être exclus de quelqnes-unos des plus intéressantes; qu'on ne pourrait constituer des réserves ou des consignations de blés humides qu'après les avoir soumis à des appareils que leur grandeur et leur prix d'établissement excluent de la pratique

agricole. Elle n'existe plus depuis qu'il est prouvé que le blé peut être ameoé au degré de dessiccation convenable dans les silos mémesy par des moyens simples» peu eoùteux et Bosceptibles d'entrer dans toute pratique de quelque importance.

COrsCLUSION.

Cest avee confiance que nous regardons comme terminée

la période de recherches, d'épreuves et de démonstraiions qui, pour un système qu'onpouvait croire condamné à jamais, devait précéder et préparer celle des applications. Il y a cinq ans, après avoir eu connaissance des premiers succès obtenus à Àsnières, et des principes qui y avaient conduit, réconoujisie illustre que j'ai déjà pu l' occasion de citer, devançant les expériences de la guerre, à Paris et à Âlger« les essais de la marine» et les applications qui les ont accompagnés ou suivis, écrivait les lignes suivantes :

« Le problème d'un ensilage éconoîiiique et certain dans « ses etfcts peut être coiisi(]éré comme résolu aujourd'hui, • grâce à M. Doyère; [)ar conséquent, il est possible décrit . mais de former de^ réserves à peu de frais. Cest un grand « encouragement aux opérations commerciales qui auraient « pour objet de conserver l'cxcédaui lU s bonnes années, afin o de subvenir aux besoins qu'entraîne l'appariiion des vaches « maigres. C'en est un pour la création d'établissements de « crédit oii les cultivateurs obtiendraient des avances contre « le dépôt de leurs récoltes en grains; ce serait la fondation « du crédit agricole, qu'il faut bien distinguer du créçli| loQ-

« eîer, et dont la production des céréales a beaucoup à atten- « dre^»

Tout iioti o prop^ramme est dans ces quelques lignes. L'approvisiounement du pays par la mise en réserve, sous une forme «quelconque, de Texcédant des bonnes années ; la suppression des disettes et des ebertés excessives; la viyiiication de l'agriculture par la faculté de garder le premier de ses produits, et de s'en faire une base de crédit, voilà ce que nous avons tu dans Tensilage lorsque nous avons entrepris d'en ilaiire un système de conservation des grains propre à notre pays.

(Aoftt 1S61.}

■ Hichel Chevalier : U Poên^ I«t wbtUUaim (/omumI dei lM6a(c, 30 juillet tm-

POGUMMTS

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